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Critique d'album

Wolf Alice


Blue Weekend


(04/06/2021 - Dirty Hit - Alternative / Indie - Genre : Pop Rock)
Produit par Markus Dravs

1- The Beach / 2- Delicious Things / 3- Lipstick On The Glass / 4- Smile / 5- Safe From Heartbreak (if you never fall in love) / 6- How can I Make It Ok ? / 7- Play The Greatest Hits / 8- Feeling Myself / 9- The Last man On Earth / 10- No Hard Feelings / 11- The Beach II
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le cap du troisième album relevé avec brio et qui place Wolf Alice sur le devant de la scène Indie-Rock. Lumineux et habité."
Maxime L, le 02/08/2021
( mots)

C'est toujours drôle la différence de perception que plusieurs personnes peuvent avoir d’un même album, en fonction de sa place chronologique dans la discographie d'un groupe, mais surtout par rapport à la date à laquelle on le découvre. Faites écouter Room on Fire des Strokes à un profane, et il adhérera instantanément, là où les fidèles de la bande de Casablancas continueront de ne jurer (à tort ou à raison peu importe) que par Is The It ? (qui fête d'ailleurs ses... 20 ans ces jours-ci). L'exemple fonctionne immanquablement avec beaucoup d'artistes et toute une tripotée d'oeuvres.


Et pour ce qui est de Wolf Alice, étant donné la côte d'amour que le public aguerri porte à Visions Of A Life et à son rock racé et moderne, y compris d'ailleurs pour une partie de la rédaction, le défi de faire mieux est de taille, avec par dessus le marché, la "place" importante du fameux sacro-saint "troisième" album. Incontestablement, les Anglais ont un peu adouci leur musique sur cet opus, et c'est peut-être le plus difficile à accepter pour les habitués du groupe, dévoués à l’énergie contenue de Visions Of A Life. Mais cette évolution est d'un tel raffinement que ce Blue Weekend apparait pour l'auteur de ces lignes, après plusieurs semaines d'intense rotation, comme le meilleur effort de Wolf Alice, rien que ça.


Commençons par "The Beach", piste inaugurale, indolore et anodine au premier abord, mais dont vous ne pourrez littéralement plus vous passer après deux petites écoutes, et dont la gradation se révélera finalement assez représentative de l'album. "Delicious Things", de son côté est un titre assez déconcertant : rythmique rebondissante, chant murmuré sur la première partie, pour mieux déployer ses ailes dans un refrain aussi cotonneux qu'inattendu. Saisissant, grisant, jusqu'aux ultimes notes de piano qui viennent délicatement s'échouer sur nos papilles auditives.


On notera une fois encore le soin colossal apporté sur toutes les parties vocales, comme sur "Feeling Myself" et ses chants "pop" brillamment construites avant de prendre ensuite un virage quasi trip-hop. Comme on pouvait s'y attendre, la voix majestueuse d'Ellie Roswell est le point central de l'album et de la musique du groupe. Rappelons au passage que Wolf Alice est l'œuvre de sa propre création, qu'elle mit sur pied en 2010, après avoir gagné un concours de chant et de composition lors du Holloway Arts Festival.


Mais on ne bâtit pas un disque sur une simple voix, aussi talentueuse soit elle. Le travail sur les atmosphères et les textures est une composante importante dans la musique de Wolf Alice, sans doute encore davantage sur ce Blue Weekend, dont la production, signée Markus Dravbs (Arcade Fire, Björk entre autres) est en tous points excellente et actuelle. On pense évidemment à des formations comme Metric pour la tessiture de voix de Roswell, proche de celle d’Emily Haines, ou à The XX, pour la présence de basses très en avant, sur "No Hard Feelings" et "Feeling Myself" (et qui libèrent comme souvent toutes leurs saveurs au casque). Mais Wolf Alice parvient à s'affranchir de ces influences, en brouillant les pistes, parfois même au sein d'une seule chanson. Prenons le déroutant "Smile", où le chant presque rappé de Roswell précède un refrain aux antipodes, bien plus aérien, et qui déboule sans crier gare sur des chœurs masculins, accentuant l'aspect noisy du morceau ; sans parler du break de basse à se damner, et qui lorgnerait lui, plutôt du côté de Seattle.


Même "Safe From heartbreak" qui possède tous les stigmates du titre entendu mille fois dans une énième compilation "Best of Chill on the Beach", réussit à nous séduire, avec toujours ce soin sur les choeurs (par Joff Oddie et Theo Zllis), respectivement guitariste et bassiste) et qui constituent un formidable écrin pour la voix diaphane d'Ellie Roswell.


Alors non, on ne retrouve pas sur Blue Weekend de titre épique à la "Visions Of A Life" (la chanson) et ses quasi 8 minutes de prog-rock, mais 11 titres parfaitement calibrés (dans le très bon sens du terme) et qui parviennent, chacun à leur façon, à raconter une histoire, avec des structures parfois surprenantes mais toujours cohérentes, très cinématographiques, sans fade-out ni effets de manche surjoués.


Celles et ceux qui avaient aimé les envolées shoegaze des efforts précédents ne seront pas en reste. Que ce soit "Lipstick on the Glass", ses cordes tissées, et ce divin refrain en voix de tête qui monte sur des hauteurs quasi lunaires, ou "The Beach II", qui clot l'album de façon vaporeuse, on retrouve cette couleur qui sied si bien aux Anglais, et qui reprend le flambeau « dream-pop » laissé vacant par des formations comme Warpaint. Mais Blue Weekend ne fait pas que dans la dentelle et les passages éthérés gorgés de reverb. Les amateurs et amatrices de tonalités plus rugueuses en auront pour leurs esgourdes, avec le noisy « Play the Greatest Hits », ses claps, son esprit punk (moins de 3’) plein gaz, démontrant au passage la variété du registre de son exceptionnelle chanteuse.


Et puis il y a ces moments de bravoures auxquels on ne s’attend pas, et qui contribuent à s’amouracher d’un album. A ce délicieux petit jeu, « How Can I make it Ok ?», single estival parfait, sort très grand vainqueur. Morceau feel good sans niaiserie béate, il s’appuie sur une solide ligne de basse mais surtout sur des velléités presque synthwave où la douceur de Fleetwood Mac aurait fricoté avec l’indie-pop acidulé de Tennis.


Et de l’autre côté du spectre, comment résister à une composition de la trempe de "The Last Man on Earth" ? Derrière le dénuement piano-voix de l’introduction se cache une oeuvre puissante, habitée, ciselée et qui se dévoile lentement, pour en faire sans conteste le point culminant de Blue Weekend, et disons le tout haut, un déjà futur classique du groupe. Je veux bien signer dès aujourd’hui pour la fin du monde si c’est pour être accompagné par une chanson de cette intensité.


Si comme moi, vous avez découvert Wolf Alice avec cet album, alors il y a de fortes chances qu’il trône en première place de la courte mais solide discographie du groupe. Et si vous faisiez déjà partie des convertis et des adorateurs de Visions Of A Life, il n’est pas exclu que vous ayez à revoir votre classement.

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