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Chronique DVD

NIN : Beside You In Time


Réalisation : Rob Sheridan Bonus : titres live supplémentaires, répétitions live, clips, discographie Label : Interscope / Universal

"le DVD de NIN"
Maxime, le 10/04/2007
( mots)

Trent Reznor étant un artiste complet, l’œuvre de Nine Inch Nails ne doit pas être prise pas le petit bout de la lorgnette et l’ensemble réduit à la somme de ses parties. La mise en scène d’un spectacle, les clips, le packaging ne viennent pas illustrer servilement la musique mais l’accompagnent d’un même mouvement, fluide et harmonieux. Dans l’édifice NIN, tout se tient, gigantesque hydre déployant ses tentacules en toutes directions, même si dans le cas du plus célèbre des groupes de rock industriel, la métaphore des réseaux semble plus appropriée. D’ailleurs le site Internet illustre bien cette perspective, toile numérique au cœur de laquelle on progresse par arborescence, tout comme le menu de ce nouveau DVD live, Beside You In Time, captant la dernière tournée américaine entamée après la sortie de With Teeth. Petit évènement numérique, la galette est le premier concert filmé à sortir simultanément en DVD, HD DVD et Blue-Ray (mais qui achète ce genre de gadgets ?), petite malice que l’ont goûtera avec plaisir de la part d’un groupe qui a toujours fait de l’aliénation face à une technologie dévorante son thème de prédilection.

Trent Reznor étant un artiste complet, on ne s’étonnera pas que son look soit à l’image du show. Exit donc les cheveux filandreux couleur ébène, le visage blafard et les longs manteaux sombres, l’homme arbore une masse musculaire imposante toute en sueur et biceps saillants ainsi qu’une tignasse rasée de près posée sur un coup de taureau, façon Henry Rollins qui aurait oublié de passer chez le tatoueur. Sans même activer le son, un simple coup d’œil sur son aspect suffit à donner le ton des 90 minutes sans arrêts de jeu qui vont suivre : sèches, raides, martiales. Il suffit de comparer avec le précédent DVD, And All That Could Have Been, où l’on voyait Reznor relié à ses prothèses technologiques comme à un cordon ombilical, faisant corps avec la machine, pour se rendre compte de la progression et de la cohérence d’une œuvre entamée il y a presque vingt ans. En effet, With Teeth, disque nettement plus direct et électrique que les productions antérieures, célébrait le divorce de cette relation symbiotique, Reznor tentant de déchirer ce cocon matriciel pour y faire percer l’humain au moyen de morceaux un peu plus accessibles (ce qui avait provoqué un tollé de la part de certains détracteurs étroits d’esprit). Le mot d’ordre n’est désormais plus rage avec mais contre les machines. NIN s’expose donc comme un groupe de rock’n’roll des plus canoniques : guitares malmenées, instruments pulvérisés, claviers martelés à coup de talon, le tout savamment appuyé par un light show épileptique, un son 5.1 (ou DTS selon les équipements) à décalquer les enceintes et une finesse d’image au moyen de laquelle on pourrait presque compter les veines claquant sur les avant-bras du leader de la pretty hate machine.

Trent Reznor étant un artiste complet, Beside You In Time se charge de scénographier ce que With Teeth illustrait musicalement : l’être humain luttant désespérément contre la technologie devenue une seconde peau dont il n’arrive plus à se défaire. Le spectacle reprend cette dichotomie, avec son rideau opaque derrière lequel on n’aperçoit plus que la silhouette des musiciens. Le dispositif n’est certes pas nouveau mais NIN ne le limite pas à un simple effet gratuit. Vers le milieu du concert des bandes vidéo sont projetées sur cette toile de fortune : bactéries, embryons, animaux (Eraser), American Way of Life raillée et Bush conspué (Right Where It Belongs), pluie torrentielle puis plaque de glace brisée en morceaux (Beside You In Time). Le rideau devient une interface, surface de contact inframince entre le public et le groupe, permettant à la fois de connecter ces deux pôles et de les dissocier violemment. Est-ce l’homme qui arrive à vaincre la machine ou ne fait-il que s’écraser lamentablement sur l’écran technologique ? Astucieusement, la question n’est jamais tranchée, le spectateur étant sans cesse baladé de l’une à l’autre de ces alternatives, les musiciens devenant tour à tour des rockeurs débridés ou des enveloppes de chair semblant se mouvoir automatiquement, comme commandées par une intelligence artificielle. Relation aussi conflictuelle qu’ambiguë, le show rock traditionnel est sans cesse parasité par cette emprise. Son caractère sans cesse mouvant permet de varier les effets de mise en scène, donnant à chaque morceau son identité propre tout en l’inscrivant dans une trame ordonnée, ouvrant par là même une set-list dominée par le dernier album (10 titres sur 19) à des compositions plus anciennes. Les classiques de NIN n’en perdent pas leur force de persuasion et jouissent d’un éclairage renouvelé : machine de guerre implacable (March Of The Pigs), sado-masochisme décadent (Closer), mise à nu vibrante (Hurt qui n’épuise jamais sa capacité à émouvoir).

Trent Reznor étant un artiste complet, les bonus, frugaux (il ne faut pas s’attendre à un faux docu-vérité, le bonhomme d’étant pas Madonna), se font le parfait écho de cette heure et demie de combat sans vainqueur. Sur les quelques dates estivales livrées en supplément, le rideau a laissé place à de gigantesques persiennes, sans que le dispositif perde sa cohérence. Les deux clips prolongent avec bonheur la vision de Beside You In Time, chacun reprenant l’installation écranique à son compte : dans The Hand That Feeds, ce sont les pixels d’une image en basse définition qui écornent la performance livré par les musiciens, dans Only, belle petite vidéo, c’est le visage de Reznor qui tente de percer sur un écran tactile au sein d’un espace high-tech dernier cri, morne et glacial. Réussissant à la fois sur le niveau factuel (très bonne performance parfaitement filmée) et esthétique, Beside You In Time est une expérience riche et aboutie, en attendant l’issue que lui donnera la sortie imminente du nouvel album (Year Zero), prévu pour mi-avril.

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