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Compte-rendu de concert

Black Mountain


Date : 04/10/2010
Salle : La Maroquinerie (Paris)
Première partie : Tweak Bird
Geoffroy, le 12/10/2010
( mots)

Les portes de la Maroquinerie s'ouvrent sur une salle quasiment vide, ambiancée par les mêmes éléments que sa grande sœur le Trabendo : petite fosse centrale, pas de rambarde et une scène peu surélevée, l'intimisme est de rigueur dans le temple de Ménilmontant. Robert Gil est déjà là, s'occupant des derniers réglages de son appareil et prêt à prendre sur le vif les plus grands moments du show. Car la présence de Robert Gil c'est l'assurance d'une soirée inoubliable et quand les deux membres de Tweak Bird entrent en scène, la soirée s'annonce effectivement mémorable. Les frangins entament leur set avec une tension fiévreuse, explosant littéralement à la face de la Maroquinerie quand Ashton Bird laisse son grain de folie se déverser et déraper sur sa batterie, accordant ses structures barrées et saccadées à ses grimaces et à la guitare grave et over saturée de Cabel, communiquant ensemble dans la gestuelle. Les oreilles sifflent au fil des contretemps, les tempos et nuances tout en mouvance dans des morceaux de huit minutes où un saxophoniste aux traits scandinaves vient parfois offrir des lignes jazzy sur les contrechants aigus des Tweak Bird. A peine quarante minutes de set mais une claque terriblement rock qui éclate les tympans… c’est limite si l’on regrette l’absence des Black Angels en première partie…

 

 

Les techniciens s’affairent et les membres de Black Mountain participent également au labeur sans que la moindre exclamation ne s’échappe de la fosse. Bien placé derrière l’orgue de Jeremy Schmidt, facile de se plaire à observer la superbe Amber Webber patienter sur la gauche, et attendre d’être subjugué par son timbre fébrile et intense. Tout semble prêt, la transe peut commencer…

… et démarre avec un "Wilderness Heart" lourd et puissant faisant montre d’un condensé direct et jouissif de toutes les facettes de Black Mountain : une rythmique sabbathienne au refrain accrocheur teintée d’un mysticisme au mellotron incantatoire et à la voix sublime d’Amber. Le ton est donné et le groupe est bien décidé à défendre son petit dernier malgré la scission des adeptes de la montagne noire. Joshua Wells lance le roulement groove de "Evil Ways" et voit la basse de Matthiew Camirand ronfler sous les mélodies de Stephen McBean avant de lancer à toute allure le tempo sévère de "Let Spirits Ride" qui prend une dimension exceptionnelle en live, perdant son côté kitch déplacé et dévoilant toute sa teneur rock dans une envolée fulgurante. Cette fois c’est sûr, les morceaux de Wilderness Heart se révèlent totalement en live et il est clairement intelligent de les distiller au compte goutte, encadrés par les perles noires de In The Future.

 

 

Joshua Wells

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le psychédélisme entêtant de "Wucan" soulève un soupir d’extase dans la Maroquinerie. Pas un mouvement de foule, le moindre regard se retrouve posé sur Amber et ses chœurs prophétiques. Le clavier prend le dessus sur la guitare, les nappes envahissent l’esprit, les yeux fermés, dans un break à l'atmosphère palpable, relevé par les éruptions de moog et le delay des cordes. L’ensemble prend un ton religieux et spirituel, touchant aux sphères divines en tant que vecteur sonore à la lumière des cierges. Dernier mouvement de saturation et intro titanesque de "Tyrants". Le monument du deuxième album de Black Mountain déchaine les passions et permet aux imbéciles heureux de se rentrer dedans et éructer sauvagement. Les mots de Stephen McBean flottent dans l’air, pesants et chevrotants. Ses arpèges redonnent de l’espoir puis s’effondrent à nouveau dans un couplet plus dur encore, soutenu par le timbre sombre et résonnant d’Amber. Puis c’est l’explosion vocale symbolique et salvatrice menant à un riff dantesque, une montée en grâce qui s’éteint en pleine apogée dans d’ultimes et douces mélodies de guitare, flûtes et chants, en parfaite harmonie. Grandiose.

 

Amber Webber & Stephen Mc Bean

 

 

"Buried By The Blues" semble moins ennuyeuse qu’en studio, certainement un peu plus poussive et plus vivante, mais ne transcende pas les foules pour autant. Black Mountain poursuit sa petite session acoustique par "Stay Free", moment de relâchement pas désagréable mais bien peu captivant suite à la faiblesse du titre de Wilderness Heart. Heureusement, le quintette enchérit avec un envoutant "Angels" et offre à son public un pur instant d’abandon pour relancer la machine avec légèreté, voyant même la précieuse Amber sortir de son cocon et esquisser un joli sourire. "This is "Old Fangs"". Le premier single du dernier album projette de belles visions hallucinées au public et devient la parfaite représentation de la nouvelle direction artistique du groupe, dans l’idée d’un morceau efficace, mais pas superficiel, gardant toute la saveur hallucinée de Black Mountain dans un titre concis.

 

Stephen Mc Bean

 

 

Le riff de "Rollercoaster" a des relents de souffre et déverse sa lourde puissance mélodieuse dans les synapses de la Maroquinerie avec une version complètement sublimée et une reprise finale à couper le souffle, faisant peut être du morceau le meilleur du dernier opus de par sa profondeur. La voix de l’ange flirte avec les éthers avant de voir la basse plomber les cieux et la guitare de Stephen Mc Bean converser avec Tony Iommi pour retomber sur l’intro de "Stormy High"… La force est démentielle et Black Mountain est possédé, jouant merveilleusement avec les nuances pour redoubler de fulgurance à chaque nouvelle envolée et atteindre des sommets incommensurables. La communion prend des allures d’orgie, les illuminés pris d’une transe physique et orgasmique à la hauteur de la litanie opiacée: "A stormy stormy high… A stormy stormy high…". "No Hits" se fait spectrale et entêtante, prend des allures de voyage space rock hypnotique et planant, triturant son break durant de longues minutes dans un question réponse entre les sonorités psychés de Jeremy et les échos fuzz de Stephen avant de retomber sur un couplet monocorde, cette ligne de basse qui tourne en rond, envahissante, et ces accords si chers aux frissons psychotropes. Rappel...

 

 

 

 On est toujours choqué par le manque de présence communicative d’Amber sur scène, ayant l’impression de ne pas savoir ce qu’elle fout ici ou de s’ennuyer profondément, pour finir par comprendre que la musique de Black Mountain est suffisamment évocatrice par elle-même pour ne pas avoir besoin d’une chanteuse aux atours sexy, se trémoussant le long de ce qui est plus une communion spirituelle qu‘un concert de rock'n'roll pur et simple. Elle reste naturelle, sertie dans sa robe noire et son charme de muse troublant et imperturbable, jouant d’inutiles maracas et tambourin pour meubler alors qu’elle devrait cultiver cette stature immobile et fascinante. Point d’orgue du concert "Queens Will Play" la révèle dans toute sa splendeur, véritable joyau de noirceur paranoïaque, les claviers accompagnant superbement la voix à fleur de peau de la belle dans un mouvement tout en lenteur progressive, voyant la guitare finir par se détacher de sa rythmique dans un solo fractal et le tout éclater en chœur dans un ultime et lumineux "Demons may be hiding in your shadow, Let the time shine, Queens will play".

Une nana hurle un truc crade qui ressemble à "Druganaut". "- That’s not your real voice ?" s’enquiert le bassiste. "- French Canadian ?" demande Jeremy, et Matthiew d’enfoncer le clou: "- No, I think it’s a guy !". Black Mountain répond tout de même à l’attente, lançant le groove zeppelinien et insouciant de ce titre du premier album, et l’on sait que le concert touche à sa fin. La tension monte une dernière fois et Joshua Wells bastonne ses cymbales avant de lancer dans l’unisson le riff de "Don’t Run Our Hearts Around". L’ensemble se transforme en chorale de gospel, s’élevant progressivement le long de la voix de Stephen McBean, explosant de part et d’autres des couplets jusqu’au pont surréaliste et la dernière partie soliste d’Amber Webber. Joshua fait monter la sève, laisser durer la chose jusqu’à provoquer la syncope puis matraque ses fûts dans un roulement de tonnerre avant l’orgasme final de la fusion collective, enveloppée dans un tourbillon d’une intensité folle et ces derniers accords au pouvoir ravageur.

 

Amber Webber & Matthiew Camirand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette soirée fut effectivement exceptionnelle. Un live à la puissance et au mysticisme fantastique, reprenant le meilleur du répertoire des Canadiens, esquivant soigneusement les titres insipides de Wilderness Heart pour se concentrer sur le plus exquis, faisant la part belle aux sombres merveilles de In The Future. Si Black Mountain a divisé ses adeptes avec son dernier album, la preuve est faite que leurs concerts continueront à mettre tout le monde d’accord, mais l’on attend du quintette un retour à la profondeur et à la cohérence à laquelle ils nous avaient habitué en studio plutôt qu’une poursuite du rock psychédélique concis, pas si mauvais que ça, mais malheureusement souvent cliché et trop faiblard. En tout cas, la prochaine fois que le groupe organise une cérémonie en France, vous saurez où passer la nuit.

 

 

Black Mountain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand merci à Robert Gil pour ses photos du show ! Allez voir son impressionnante collection à cette page ==> http://www.photosconcerts.com/.

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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