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Compte-rendu de concert

Coldplay


Date : 28/05/2014
Salle : Nouveau Casino (Paris)
Première partie :
Raphaëlle, le 30/05/2014
( mots)

On ne présente plus Coldplay, quator britannique ayant réussi le tour de force de produire des pétites pop au début des années 2000 avant de tenter une incursion dans des contrées pop-fm. On pensait en effet que le quator avait définitivement tourné le dos à leur sensibilité à fleur de peau, se contentant de remplir les stades avec Rihanna en guest star (non mais sérieusement?). Parfois, il faut savoir reconnaître ses erreurs : Coldplay a opéré un virage à 180 degrés en revenant, avec son dernier album, à une pop intimiste et mélancolique. Et tant qu’ils y étaient, au lieu de remplir le stade de France (81 338 places), ils ont décidé de passer par le Casino de Paris (2 092 places). Inutile de dire que les tickets se jouaient à la roulette.


Par miracle, votre dévouée chroniqueuse en avait récupéré une et a donc pu se tenir dans la fosse ce soir-là. Je pensais que Coldplay était irrémédiablement devenu un groupe de jeunes filles en fleur, mais à regarder la queue (qui fait d’ailleurs le tour du pâté de maison !), ça ne paraît pas du tout être le cas. Le public de Coldplay est avant tout constitué de jeunes adultes, entre 20 et 30 ans, venus pardonner à leur groupe d’adolescence ses errements rihanna-esque. Mention spéciale au couple de londoniens qui a fait l’aller-retour depuis Londres en avion, juste pour venir les applaudir !

A vrai dire, j’ai rarement vu un concert où la foule soit à ce point acquise d’avance au groupe. Dès les premières notes de "Always In My Head", pourtant pas vraiment propice aux déchaînements vocaux, la foule accueille ses héros avec chaleur. Démarrage sur les chapeaux de roues avec "Charlie Brown", toutes guitares dehors. Ce n’est pas la chanson la plus subtile de leur répertoire mais elle a au moins le mérite d’être fédératrice. Quand ensuite ils enchaînent avec "Paradise", on a un peu peur. Mais le refrain est tout simplement imparable, les mains se lèvent et la communion Coldplay opère à grand renforts de "Para-para-PARADISE, Ohohohoh". Même avec tout le recul et le second degré du monde, impossible de résister à cette déferlante.


Chris Martin nous raconte avec humour l’attitude pour le moins circonspecte des français la première fois qu’ils sont venus à Paris, à grand renforts de moues pas très convaincues. Le public est totalement conquis et il conclut que nous sommes "fucking amazing". Oh my god, le très sage Chris Martin vient de dire le f word. Vraiment, c’est officiel, la révolution est en marche !


Pour calmer le jeu, ils entament "Magic", repris en chœur par le public qui visiblement connaît déjà tout Ghost Stories par cœur. Ils enchaînent ensuite avec "Clocks" et une clameur monte de la foule, plus qu’une clameur, un rugissement de bonheur. Douze ans après sa parution, le titre a gardé toute sa pertinence. Sa grâce donne l’impression d’être enfin de retour en terrain connu. On pardonnera tout aux anglais, Rihanna, le titre produit par le DJ Avicii, les disques surproduits et les concerts avec des confettis, tant qu’on aura encore droit à "Clocks" en live. Comme pour enfoncer le clou, ils jouent ensuite "God Put A Smile Upon Your Face" et emportent au passage mon adhésion la plus complète. Probablement une de leurs chansons les plus rock, le titre semble tout simplement taillé pour l’occasion. Il sonne comme je ne l’ai jamais entendu, empreint d’une énergie dont on ne les aurait jamais crus capable. Quoi, Coldplay, faire du rock? Martin conclut même en jetant sa guitare dans les airs. Oulà, doucement Chris, tu vas te faire mal! Le triptyque clin d’œil à A Rush Of Blood To The Head se termine avec l’interprétation de "Green Eyes". Encore un titre qu’ils seraient bien en difficulté de jouer dans une grande salle ! L'auditoire est conquis par la poésie de ce titre, petit bijou de pop taillé pour la voix de Martin. Pour la petite histoire, le titre n’était plus interprété depuis 2003 pour cause de susceptibilités à ménager. Les "green eyes" dont il est question ne font pas référence à Gwyneth Paltrow, épouse de Chris Martin pendant douze ans, mais à sa précédente copine… On n’ira pas jusqu’à dire que son divorce a du bon, mais si ça l’a mené à composer quelque chose d’aussi dépouillé que Ghost Stories et à nous offrir Green Eyes sur scène, à Albumrock, on n’est en tout cas pas contre !


A partir de ce moment, la parenthèse est finie, il faut quand même promouvoir le dernier album. Ils enchaînent donc les titres "Ink" et "True Love". Durant la seconde, le temps semble suspendu aux plages électro qui se marient parfaitement à la voix de Martin. Fini le temps des ohohohoh tous en chœur ? Hélas non, car le groupe nous réveille en fanfare à grands coups de "Viva la Vida" et "Every Teardrop is a Waterfall". Nouveau changement d’atmosphère, ils débutent ensuite le titre le plus planant de tout leur répertoire, "Midnight". Une fois encore, ils arrivent à captiver leur auditoire en utilisant des harpes laser, qui font évidemment penser à Jean-Michel Jarre ("Qui ?" crie ma petite sœur qui était là aussi). Le spectacle est tout simplement hypnotisant et sur ces dernières notes, ils se réfugient en coulisses.


Evidemment la foule les rappelle à leur devoir et ils reviennent pour interpréter un rappel triomphal : "Oceans" et "Sky Full Of Stars", issues du dernier album, et l’inévitable "Fix You". On se serait bien passé de "Sky Full Of Stars" mais "Fix You" réconcilie tout le monde. Le public en extase connaît les paroles par cœur et tout le monde flotte dans une euphorie presque palpable. On y était, on a vu Coldplay tout près de nous, en vrai.


Comme tout le monde, j’ai cru que Coldplay était mort, enterré par Viva la Vida, les couleurs fluo et le besoin irrésistible de viser toujours plus haut. Le concert de ce soir prouve qu’il y a deux discographies chez Coldplay. Il y a les titres des immenses salles de concert, avec confettis, ballons géants, couleurs fluo et milliers de spectateurs en transe ("Viva la Vida", "Every Teardrop is A Waterfall", "Paradise", "Charlie Brown", "Sky Full of Stars"). Mais heureusement, il y a encore les chansons pop parfaites ("Clocks", "God Put A Smile Upon Your Face", "Green Eyes", "True Love", "Midnight", "Fix You"). C’est regrettable qu’il ait fallu subir celles de la première catégorie dans une salle qui s’y prêtait aussi peu. Les brusques changements d’atmosphère, d’une chanson à l’autre, étaient aussi assez désagréables. Mais tout cela est contrebalancé par le plaisir inouï d’entendre les titres de la seconde catégorie dans une aussi petite salle. Coldplay était heureux d’être là, heureux de chanter dans cette salle bien trop petite pour eux, heureux d’être encore ensemble. On sort donc de leur concert en flottant dans une douce sensation de bien-être.


Coldplay est mort, vive Coldplay !

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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