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Compte-rendu de concert

Placebo


Date : 29/11/2016
Salle : Bercy (POPB) (Paris)
Première partie :

Placebo fête ses vingt années de carrière par une tournée dans toute l'Europe, avec évidemment une date à Paris. Même si le groupe n'a pas pour habitude de livrer des prestations inoubliables, cette fois-ci a fait exception. En deux heures et demie d'un concert chargé d'émotion, Placebo a mis tout le monde d'accord.

Raphaëlle, le 02/12/2016
( mots)

Il y a treize ans sortait Sleeping with ghosts, l'album de Placebo qui allait diviser les fans de la première heure avec son tournant nettement électronique. Indifférente à ces querelles de clocher, l'adolescente que j'étais plongea dans leur univers tortueux la tête la première. Leur tournée "Placebo 20 Years" semblait donc être une évidence, tant il m'importait de voir ces chansons sur scène.

Pourtant, j'ai toujours été amèrement déçue par les prestations scéniques du groupe. Entre les festivals où ils jouent sans décrocher un mot et un concert en 2012 à Bercy où la foule avait entamé un "joyeux anniversaire Brian" pour se heurter à l'indifférence du principal intéressé, j'avais juré qu'on ne m'y reprendrait plus. Mais les annonces de Brian assurant que de vieux titres seraient repris sur scène ont eu raison de mes réticences et j'ai fini par prendre une place. Bien m'en a pris…

Le groupe commence par rendre hommage à Leonard Cohen en affichant sa photo tandis que résonne "Who by fire". Ils diffusent ensuite le clip de "Every me every you" puis un rapide film retrace les vingt années de carrière du groupe. Ça et là on distingue les deux batteurs qui ont occupé le poste, avant que le trio ne soit définitivement un duo. L'équipe fait enfin son entrée sur scène: une violoniste, un guitariste, un claviériste et un batteur viennent appuyer Stefan Olsdal, bassiste, et Brian Molko, frontman. Ces derniers sont acclamés comme des héros pendant qu'ils font leur entrée sur les rifs de "Pure Morning". Quelle meilleure façon de lancer le concert? Ce soir, il y a dans l'air une excitation particulière aux fêtes d'anniversaire.

En fait de set list souvenir, le groupe prend soin de reprendre les tubes les plus récents, comme si la foule n'était constituée que de fans récents. La veine power pop dans laquelle ils se sont engagés depuis Battle for the Sun fait preuve d'efficacité: Loud like love, Jesus' Son, Too many friends... Autant de titres qui ne sont pas totalement convaincants sur piste mais que le groupe arrive à transcender sur scène. Cela tient aussi à l'interprétation de Brian Molko qui se donne tout entier ce soir. Au regard de mes précédentes expériences, c'est une petite révolution!

Cependant le véritable intérêt réside dans les interprétations de titres plus anciens. Ils rendent hommage au fameux Sleeping with ghosts en jouant coup sur coup "Soulmates", arrangement rock du titre éponyme plutôt électro, puis "Special Needs". Dans les deux cas, l'émotion est saisissante: Brian porte les titres de sa voix si particulière et son compère tient la basse à ses côtés. Plus tard dans le concert, ils joueront aussi "Protège-moi", traduction par Virigne Despentes de "Protect me from what I want" et "Bitter end" dans une dernière ligne droite grandiose.

En attendant, le groupe navigue habilement entre les anciens titres et les productions plus modernes. Ils dessinent l'identité sonore de musiciens ayant progressivement développé un goût pour les mélodies recherchées. Ainsi, à "Too Many Friends" et ses refrains gonflés de guitares légères, succède la superbe "Twenty Years". Long crescendo depuis les accords repris au piano par Stefan, montée en puissance parfaitement maîtrisée, la chanson convient parfaitement aux circonstances et l'émotion de Brian donne la chair de poule. L'air semble nous manquer lorsque Brian débite "Space Monkey" et que le ton devient anxiogène. On est aussi saisi devant "Without you I'm nothing", initialement parue sur l'album du même nom, puis reprise en duo avec l'icône absolue, David Bowie. Des vidéos défilent derrière eux tandis que Brian et Stefan reprennent le duo. Pour réchauffer l'atmosphère, ils entament "36 Degrees", issue de Placebo, dans une version ralentie. Après "Lady of the flowers", du même album, le groupe rallume les lumières et contemple Bercy (pardon, l'accor arena hotel, je ne m'y fais pas!).

Un instant rare se produit alors, une sorte de miracle comme seul les concerts apportent. Jusqu'ici, le concert se déroulait conformément à une set list, avec une émotion certes généreuse mais sous contrôle. Pendant l'ovation qui suit et qui n'en finit plus, Stefan et Brian semblent sous le choc. Brian met d'ailleurs du temps à reprendre la parole pour nous remercier dans un français parfait. Évidemment, la foule renchérit et le groupe semble dépassé par notre ferveur. Ils décrètent alors qu'on a fini la partie "mélancolique" et qu'après tout, si c'est une fête d'anniversaire, "il faut danser!". Ils enchainent donc avec "For what it's worth", où la foule accepte enfin de lâcher prise, "Slave to the wage", unique clin d'oeil à Black Market Music, "Special K" et son refrain chantonné par toute la fosse, "Song to Say Goodbye" pour introduire le début de la fin et enfin, la toujours aussi efficace "Bitter end". Cette dernière séquence est un vrai plaisir, permettant enfin de se défouler. Après presque deux heures sans interruption, il était temps!

Pendant que les musiciens disparaissent de la scène, les spectateurs sortent leurs téléphones portables et activent l'application torche. Lorsque le groupe revient, la salle brille de milliers de petites lueurs, comme des briquets modernes. Stefan et Brian restent applaudir face au public pendant plusieurs minutes. Le rappel fait la part belle à Placebo puisqu'ils nous proposent "Teenage angst" et surtout l'explosive "Nancy boy". Disons le franchement: je mourrais d'envie de ressentir cette chanson dans une foule, submergée par le flot de guitare. C'est maintenant chose faite, après avoir joué avec mes nerfs pendant tout le concert. Pour enfoncer le clou, ils nous assènent ensuite "Infra-red". Un deuxième rappel pour interpréter "Running that hill", reprise de Kate Bush, et les voilà partis.

Je n'aurais jamais cru écrire ça un jour à propos de Placebo, mais voilà: oui, ils savent assurer sur scène. Brian Molko peut, quand il le veut bien, interpréter ses chansons avec une souffrance venue du plus profond de lui. On est touché en plein coeur par leurs mélodies et leur rage, qui s'est canalisée au cours des années, à défaut de s'apaiser. Quant à Stefan, costume de papillon et banane de rockeur sur la tête (mais comment tient-elle?!), il semble vouloir plus de lumière après des années à faire le grand échalas dans l'ombre. Il lâche même sa basse pour jouer du clavier ou de la guitare et densifier ainsi le jeu de guitare de Placebo. Enfin, saluons la qualité irréprochable du groupe qui oeuvre pour les épauler. Un travail visuel particulièrement soigné nous a permis de visionner quelques uns de leurs meilleurs clips (pour "Bitter end" et "Song to say goodbye" notamment). Tout fan aura des regrets et pourrait citer des pépites injustement laissées de côté ("English summer rain", "Bruise Pristine", "Haemoglobin", etc.). Mais le groupe a réussi à balayer toute sa carrière dans un set maîtrisé, généreux et bien travaillé, en mettant l'accent sur leur premier album. Happy 20, Placebo !

En bonus, une vidéo de "Twenty years" qui a un son pas trop mauvais.

 

Commentaires
Raphaelle, le 05/12/2016 à 15:21
Ils passent à Toulouse... Et au Mexique !!! Oui ce fut vraiment une très bonne surprise, eux qui m'ont plutôt déçue jusqu'ici. Il semblerait que Brian Molko soit désormais sobre, ceci explique peut-être cela..
Clement, le 02/12/2016 à 16:13
Alors là je suis jaloux ! Quelle déception lorsque je les avais vus sur la scène du Werchter. Moi qui attendait ce moment comme un gamin qui allait ouvrir son cadeau de Noël... Je m'étais juré de plus retenter l'expérience.
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