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L'adieu du Grateful Dead, les 3 concerts historiques de juillet 2015


Steven Jezo-Vannier, le 13/03/2015


Les 3, 4 et 5 juillet prochains, le Grateful Dead va exceptionnellement reprendre vie pour trois concerts qui s'annoncent historiques à plus d'un titre.


D'abord, parce qu'il est l'un des plus grands groupes qu'ait vu naître et grandir l'histoire du rock américain. Trop souvent méconnu ou mésestimé de ce côté-ci de l'Atlantique, il a pourtant été l'une des rares formations de la Côte Ouest – sinon la seule – à survivre aux années soixante et connaître une carrière croissante de trente années, au fil desquelles elle a emporté le record de vente de places de concert aux États-Unis, devant les plus glorieuses tournées des Rolling Stones et autres rockstars des années soixante-dix à quatre-vingt-dix.



Historiques, ces concerts le sont déjà parce que le Grateful Dead s'est dissout à l'été 1995, il y a vingt ans déjà, suite au décès tragique de son leader et guitariste virtuose Jerry Garcia. Historiques, ils le sont aussi parce que le groupe a choisi de jouer à Chicago, au Soldier Field, le stade mythique des Chicago Bears où il avait donné ses dernières prestations, les 8 et 9 juillet 1995 (un mois avant la mort de Garcia). Historiques, parce que les quatre survivants (Bob Weir, Phil Lesh, Bill Kreutzmann et Mickey Hart), qui s'étaient promis de ne plus faire revivre le groupe, n'ont plus partagé une scène depuis – Weir, Lesh et Hart avaient fait une exception pour la campagne présidentielle de Barack Obama en 2008 lors d'un concert de soutien au Warfield Theater, car malgré les décennies et les désillusions, le Dead est toujours resté fidèle au son et aux idéaux des sixties... Plus qu'une occasion de commémorer la perte de Jerry Garcia et la séparation du groupe, ces concerts sont avant tout le moyen de célébrer les cinquante ans de la naissance du Grateful Dead, qui a vu le jour au printemps 1965 dans les rues colorées de Haight-Ashbury, à San Francisco, au milieu des hallucinations lysergiques qui lui ont inspiré la création du son psychédélique. Les quatre musiciens seront accompagnés du guitariste Trey Anastasio (membre de Phish, jam band héritier du Dead) et des claviéristes Jeff Chimenti (proche de longue date du groupe qui a participé à plusieurs projets avec Weir et Lesh après la séparation) et Bruce Hornsby (qui a accompagné le Dead durant une centaine de concerts entre l'automne 1990 et le printemps 1992, sans faire officiellement partie du line-up). On notera l'absence des deux autres survivants des compositions successives : Tom Constanten, claviériste de 1968 à 1970 et Donna Godchaux, choriste de 1972 à 1979.



Historiques, ces concerts de juillet 2015 le seront parce que la communauté des fans, les Deadheads, n'a jamais cessé de croître, ni d'attendre et espérer pouvoir entendre le groupe jouer à nouveau ses titres les plus planants, comme l'incontournable « Dark Star », ou les plus dansants « Shakedown Street » et « Fire On The Mountain ». Ces fans, si (im)patients de (re)découvrir le groupe sur scène, ont fait exploser les prix des places. En effet, les quelque 180 000 tickets délivrés (60 000 par soir) ont été jetés en pâture à plus d'un demi-million de passionnés voraces connectés à l'instant fatidique de la mise en vente, il y a quelques jours, sur le site Ticketmaster (qui a ainsi battu ses records de fréquentation et vu sa plate-forme planter). Un certain nombre avait été réservé, comme le faisait le groupe par le passé, à ses fans inscrits sur sa mailing list historique (toujours ce mot !), lesquels se sont empressés d'envoyer leurs enveloppes décorés avec leurs demandes, comme s'ils étaient revenus quarante ans en arrière.


Vendues au prix raisonnable – en comparaison des prix pratiqués par les autres groupes de cette trempe – de 59,50 $ la soirée et 199,50 $ pour le pass trois jours, les places ont été écoulées en quelques dizaines de secondes seulement. Immédiatement, une partie des tickets est réapparue sur le marché parallèle, fleurissant sur les sites de revente pour faire la fortune de quelques revendeurs mal intentionnés qui auraient mieux fait de passer leur tour au profit des vrais admirateurs. Sans la moindre difficulté, ils ont écoulé des tickets à plusieurs milliers de dollars, certains n'hésitant pas à fixer la barre du pass au-delà des 116 000 $ (sur le site StubHub) ! Outre le scandale que suscite cette attitude (qui rend aussi ces concerts historiques), elle traduit l'engouement intact et la dévotion totale du public américain, prêt à dépenser des sommes irraisonnées pour vivre un concert du Dead. Je dis bien « vivre », car, comme vous le dira tout deadhead qui a eu la chance de voir le groupe en live : « on n'écoute pas un concert du Dead, on le vit, c'est une expérience ». Ce n'est pas pour rien si le groupe a fait ses débuts dans les acid tests déjantés des Merry Pranksters, où le LSD imprégnait la boisson et les esprits. Les fans le répètent depuis près de cinquante ans : « There is nothing like a Grateful Dead concert ». Une raison de plus pour laquelle ces concerts ont une valeur historique. Une pétition commence à circuler, recueillant 6 000 signatures en quelques jours, pour obtenir le droit d'établir un campement de deadhead sur le parking du stade, comme les fans le faisaient dans les années soixante-dix, faisant naître une micro-société éphémère et nomade aux mœurs libertaires.


Devant l'emballement général et la déception de beaucoup, des centaines de milliers de fans espèrent secrètement que le groupe décidera de prolonger l'expérience avec une tournée U.S et peut-être même avec une reformation plus durable. Mais ces rêves tiennent du déni de réalité, car la volonté des musiciens est ailleurs. Âgés de 68 ans (Bob Weir) à 75 ans (Phil Lesh), les musiciens sont fatigués par les années et la maladie, et pensent sérieusement à la retraite. L'heure n'est pas au reniement des promesses faites. Il ne fait aucun doute que la réunion des 3, 4 et 5 juillet 2015 tient plus du concert d'adieu que d'un retour. Les Deadheads refusent d'y croire, mais l'affiche ne trompe pas, le « Mort reconnaissant » revient une dernière fois à la vie pour dire son au-revoir final et remercier d'un coup de chapeau son fidèle public par un simple « fare thee well ».


Quel long et étrange trip ça aura été...


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