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Critique d'album

Black Rebel Motorcycle Club


Specter At The Feast


(18/03/2013 - Vagrant Records - - Genre : Rock)
Produit par

1- Fire Walker / 2- Let The Day Begin / 3- Returning / 4- Lullaby / 5- Hate The Taste / 6- Rival / 7- Teenage Disease / 8- Some Kind of Ghost / 9- Sometimes The Light / 10- Funny Games / 11- Sell It / 12- Lose Yourself
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Encore un disque en demi-teinte pour la bande de Peter Hayes."
Pierre D, le 02/04/2013
( mots)

On n'avait pas eu de nouvelles des Black Rebel Motorcycle Club depuis quelques années déjà. La dernière fois ils nous avaient laissés avec un Beat The Devil's Tattoo en demi-teinte, pas foncièrement désagréable mais qui faisait tout de même office de pot-pourri dans lequel ils avaient jeté les différentes directions musicales suivies jusque là par le groupe. On pouvait alors penser soit que les BRMC cherchaient leur style (inexistant) soit que le groupe était une vraie bande de...rebelles donc, qui n'en faisait qu'à sa tête en dépit de tout bon sens commercial.

Le titre du nouvel album Specter At The Feast fait apparemment référence au décès de Michael Been, père du bassiste des Black Rebel Motorcycle Club et le disque a été précédé par le single "Let The Day Begin" quelques mois auparavant. Que les choses soient bien claires, on n'a rien contre Kasabian et son electro rock de stades à faire reprendre en choeur par des Britons abrutis à la bière tiède. Mais plagier ainsi un groupe déjà plutôt bas-du-front, on n'attendait pas ça de la part du gang de Peter Hayes. Tout y est, la rythmique un peu martiale, les guitares gentiment fédératrices et surtout le chant qui pompe sans vergogne le déjà très limité Tom Meighan. On n'aimait pas particulièrement le BRMC très racoleur de Baby 81 et "Let The Day Begin" ne rassure pas.
Malheureusement il est assez symptomatique du plus gros défaut de Specter At The Feast : le manque de personnalité. Il est bien difficile de prendre plaisir aux premières écoutes de l'album tant la plupart des titres semblent avoir déjà été composés plus tôt par d'autres groupes. On se retrouve à jouer aux charades musicales en essayant de deviner quelle formation les BRMC ont écouté pour pondre tel ou tel titre. Ça tourne vite à l'exercice de name-dropping. On cite pêle-mêle le blues mortuaire et décharné de Mazzy Star ("Some Kind Of Ghost"), le shoegaze éthéré des Jesus And Mary Chain époque "Just Like Honey" ("Sometimes The Light"), les errances indianisantes des Brian Jonestown Massacre ("Lullaby"), le blues-pop des Black Keys ("Hate The Taste").

Comme dit précédemment, on n'a jamais vraiment cru que les Black Rebel Motorcycle Club avaient beaucoup d'individualité. Mais c'est aussi pour ça qu'on les aime, leur capacité à s'imprégner d'un passé vaste (déchirures soniques des Jesus And Mary Chain, blues folk ancestral) pour y injecter une dose de sex-appeal alléchante et accessoirement accoucher d'excellentes chansons. Mais sur Specter At The Feast le songwriting est un peu à la masse et le disque met cinq plombes à réellement débuter avec "Rival", soit le 6e morceau (sur 12). On a déjà entendu les BRMC hésiter entre profondeur historique (Howl) et superficialité efficace (Baby 81) mais ils finissaient toujours par choisir et livrer un tout cohérent. Sur Specter At The Feast le groupe sonne au contraire très timoré. Pas vraiment shoegaze, pas totalement apaisé, un peu accrocheur, pas assez dépressif. Alors la musique flotte, se trompe et ne va pas bien loin.

Sauf que les Black Rebel Motorcycle Club ne sont pas n'importe qui et lorsqu'ils décident de sortir de leur torpeur ils sont encore capables de belles choses. "Rival" débute sur une guitare wah-wah grinçante avant d'imposer une batterie de pachyderme qui emporte jusqu'au refrain tout en saturation sournoise et barrissements de guitares. "Teenage Disease" aurait dû être choisi comme single à la place de "Let The Day Begin". Violent, sexy, le titre réitère les promesses de l'inaugural "Whatever Happened To My Rock 'n Roll" (le premier single du groupe). Si A Place To Bury Strangers a retenu des Jesus And Mary Chain la volonté d'agression pure, les BRMC leur ont aussi pris une certaine moiteur sexuelle. Les types d'APTBS veulent assommer leur auditoire à coups de masse électrique, Peter Hayes et ses potes veulent baiser. La rythmique de "Teenage Disase" sent le sexe et accompagne les nuits à deux (ou plus) pendant que Hayes se déhanche et se déchire les cordes vocales.
Une basse caverneuse introduit les vapeurs chimiques d'un "Funny Games" psychédélique gorgé de voix solaires. La bravoure des BRMC apparaît enfin avec "Sell It", pièce maîtresse de l'album. Les guitares vrombissent, l'orage gronde avant de tout recouvrir pendant que Leah Shapiro et sa batterie monorythmique entraînent vers l'hypnose. "Sell It" ondule lentement et d'un coup de botte Harley le groupe déchaîne la foudre qui déchire le titre de toutes parts. Les guitares hurlent et saturent à l'unisson avec le chant dans un chaos qui ne tombe jamais dans le bruitisme vain. "Lose Yourself", le calme qui suit la tempête, n'est que dépression belle à pleurer, voix tendre et épuisée magnifiée par les guitares glaciales.

À l'évidence les Black Rebel Motorcycle Club ne sortiront pas leur grand œuvre cette fois-ci. Il se pourrait même qu'ils n'y parviennent jamais, tant chaque disque qui a suivi la parution de Howl (2005) a été accueilli tièdement à juste titre. Pour autant, le groupe est à chaque fois capable de fulgurances qui rattrapent la qualité passable des autres titres, et il faut bien dire qu'aucun morceau réellement mauvais n'est à reprocher à la bande de Peter Hayes. On ne peut pas en dire autant d'autres groupes après une quinzaine d'années d'activité. 

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