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Critique d'album

Faith No More


The Real Thing


(20/06/1989 - Slash records - Rock expérimental américain - Genre : Rock)
Produit par Matt Wallace & Faith No More

1- From Out of Nowhere / 2- Epic / 3- Falling To Pieces / 4- Surprise ! You're Dead ! / 5- Zombie eaters / 6- The Real Thing / 7- Underwater Love / 8- The Morning After / 9- Woodpecker from Mars / 10- War Pigs / 11- Edge of the World
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"L'album qui annonce une partie des années 90"
Maxime L, le 30/11/2020
( mots)

Si vous lisez ces lignes, c'est que ma chronique a passé le cap de la validation des hautes instances albumrockiennes.


Et si cette question ne se pose jamais habituellement, pour ce qui concerne de près ou de loin Faith No more, c'est une autre histoire.


Pourquoi me direz vous ?


Et bien tout simplement parce qu'au rayon des grandes et intolérables injustices présentes au sein de ce fantastique webzine, outre le 3/5 attribué par vous lecteurs à Ok Computer de Radiohead (dont vous devrez vous justifier tôt ou tard), il y a aussi le fait que Faith No More soit honteusement absent ou presque de ces colonnes.


La faute aux rédacteurs qui dans leur écrasante majorité n'aiment tout bonnement pas Faith No More, ni Mike Patton. D'ailleurs, au passage, message aux nouveaux et brillants chroniqueurs, il faudra à un moment donné choisir votre camp. Je laisserais à chacun le loisir de consulter les savoureux avis sur la petite chronique de Sol Invictus,  dernier album en date de Faith No More, pour avoir une idée de la façon dont on considère Faith No More ici (toussotements de rigueur non contractuels).


C'est donc en chevalier solitaire ou presque, que je viens défendre la bande du Général Patton et ce The Real Thing qui se doit d'être présent, contre vents et marées, sur un webzine de cette qualité (vous noterez l'usage de la brosse à reluire pour échapper à toute censure de la part de la rédaction). Et aussi et surtout car si vous êtes de ma génération (celle d'éventuels boomers nés au début des années 80), et que vous avez écouté du « gros son » durant votre adolescence, Faith No more a forcément une place dans votre panthéon personnel. N'en déplaise à mes collègues, qui doivent être soit trop vieux, soit trop jeunes pour comprendre l'importance capitale des Californiens depuis ce fantastique The Real Thing.


Le groupe se forme dès 1979, sous le nom de "Sharp Young Men", avec Mike Morris au chant, Wade Worthington aux claviers, rapidement rejoints par Mike Bordin à la batterie, Billy Gould à la basse et Jim Martin par la suite aux guitares.


Les Californiens passent d'abord un certain temps au début des années 80 à se forger une identité musicale, change ensuite de nom, pour adopter « Faith No Man » puis Faith No More, mais peine surtout à trouver une vraie stabilité dans son line-up. Le chanteur Mike Morris parti, le groupe auditionnera toute une palanquée de vocalistes, notamment une certaine Courtney Love, pour finalement jeter son dévolu sur Chuck Mosely, qui sera le chanteur officiel des deux premiers albums de Faith No More, We care a lot et Introduce Yourself, respectivement sortis en 1985 et 1987.


Problème : si beaucoup de compos sont bonnes (les albums en question ne sont absolument pas à négliger), Chuck Mosely est un interprète pour le moins médiocre. Sans même rentrer dans les comparaisons avec son illustre successeur, il suffit d'écouter ces deux premiers albums de Faith No More pour s'en convaincre. D'ailleurs, au contraire des Pink Floyd, Iron Maiden, Ac/Dc, et de pas mal d'autres formations importantes, on trouve relativement peu de fans "nostalgiques" de cette première période.


Second problème pour Mosely : sous l'impulsion des drogues qu'il ingère dans des doses industrielles, son comportement devient imprévisible et erratique avec son propre groupe, allant même jusqu'à ....s'endormir sur scène. C'est donc assez logiquement que Faith No More va se tourner vers un autre chanteur : Michael Allan Patton, qui arrive sur les recommandations du guitariste Jim Martin, qui l’a découvert au sein de son groupe aussi inclassable que déjanté, Mr Bungle.


Patton débarque, et en à peine 15 jours, il va écrire tous les textes de ce qui constituera The Real Thing,  galette qui verra le jour à l’été 89. Et ce disque, qu'on le veuille ou non, marque un jalon très important dans la culture rock/métal, le groupe et l'album étant cités en référence par une liste d'artistes longue comme la discographie de Mike Patton : des Deftones à System of a Down, en passant par Krist Novoselic, Tobias Forge et bien évidemment toute la clique néo-métal des années 90.


Si « From Out of Nowhere » est une excellente entrée en matière très représentative du son de Faith No More en 1989 (rythmique heavy, basse chaloupée très en avant, nappes de claviers, batterie martiale et gros refrain ), c’est le second titre qui va propulser les américains sur le devant de la scène métal de l’époque, bien aidés en cela par MTV qui matraque le clip jusqu’à l’épuisement.


" The next soooong, is a soooong that has four letters in the title, and it starts with an E ".


" La prochaine chanson est une chanson qui comporte 4 lettres dans son titre, et qui commence par un E ".


 Ceux qui ont comme moi usé jusqu'à la corde le Live at Brixton Academy auront deviné qu’on parle d'"Epic", LE morceau culte des Américains, précurseur d’une fusion rap-métal en tous points réjouissante. Pour rappel, nous sommes en 1989, et il y a fort à parier que sans "Epic", pas de vague néo-métal (certains diront sans doute qu’on s'en serait bien passé, mais là n'est pas la question).


Coupons court à toute polémique, oui Mike Patton est un chanteur exceptionnel. Mais pas sur cet album. La faute à une voix encore trop nasillarde, et qui sera littéralement transfigurée sur l’opus suivant. Si Patton n’est pas l’arme secrète du disque (pas encore), il est bien plus talentueux que son prédécesseur et possède surtout un vrai charisme et une personnalité très marquée (avec les avantages et inconvénients que cela implique).


Mais pour cet album, c’est avant tout la force des compositions qui se démarque, rehaussée par une patte musicale très reconnaissable. Si de prime abord "Falling into pieces" peut être rebutant de par la voix canardesque de Patton, comment ne pas se délecter du groove pachydermique de la basse de Billy Gould, et comment ne pas taper du pied sur ce refrain ultra catchy, dont l'efficacité surpasse le petit coup pris dans les carreaux.


Le disque est ultra homogène, tout en proposant des variations complètement folles, preuve en est avec ce "Suprise You’re Dead" d’une violence inouïe, à la lisière du thrash, et qui préfigure de pas mal de choses dans l’évolution future de Faith No More.


D'ailleurs au rang des évolutions du groupe, j'invite les plus jeunes de nos lecteurs qui ne connaitraient que le Faith No More en costard classieux ou en ensemble blanc à fleurs (comme lors de leur passage au Hellfest 2015) de se pencher sur leurs looks de l'époque, qui feraient passer Steel Panther pour des Dandys Londoniens.


Pour en revenir à la musique, les classiques s’enchaînent sans temps mort, ni titre faible, et si Jim Martin est aux premières loges sur le très réussi "Zombie Eaters" et ses arpèges soyeux, c’est l’extraordinaire Mike Bordin et ses indéboulonnables dreadlocks qui signe l’intro la plus marquante de l’album, au travers d’un « The Real Thing », pièce maîtresse du disque (et de leur discographie?) et ses 8 minutes épiques, presque progressives, et dont la construction à tiroirs est absolument imparable, même si oui convenons en, cette voix nasale peut freiner l’auditeur qui découvre Faith No More aujourd'hui.


Il ne faut pas se tromper, The Real Thing,  sous sa pochette totalement ratée (le visuel du vinyle d’époque était bien plus réussi) est un vrai classique "pré-nineties", à posséder et à écouter. La sortie date de 1989, mais l’impact sera indéniable sur toutes les années 90 (et bien davantage par ricochet), grâce à la combinaison de ses inspirations métal, trash, alternatives, funk, rock, (quel régal que cet enchaînement « Underwater Love »/ "The Morning After" et son intro basse-batterie titanesque), mais en s’adossant également à des références (qui pour le coup font l'unanimité dans la rédaction), au travers de leur reprise d’une des pierres angulaires de Black Sabbath, la mythique "War Pigs". Faith No More réussit l’exploit de proposer une relecture fidèle mais boostée aux stéroïdes qui la rend parfaitement addictive, avec là encore un Mike Bordin cognant son kit comme si sa vie en dépendait. Mike Bordin qui par la suite, intégrera temporairement Black Sabbath et qui fera également partie du groupe solo d'Ozzy Osbourne.


Même les plus fervents opposants à Mike Patton seront bien contraints de s’avouer vaincus devant la grâce et la maestria d’un instrumental de la trempe de « Woodpecker from Mars ».


The Real Thing, en dépit de ses défauts (la voix nasillarde, une production et des claviers qui ont un peu vieilli) est un disque culte, à l’importance capitale, pour la suite de la scène métal-rock-fusion. Et s’il est rarement cité comme l’oeuvre favorite des fans de Faith No More, son importance ne peut être remise en question. On peut très légitimement le considérer comme un des disques fondateurs de la fusion, en compagnie entre autre des Vivid de Living Colour ou Truth and Soul de Fishbone, pas toujours reconnus à leur juste valeur.


Vous l'aurez compris, The Real Thing est un disque importantissime, qui marque l'avènement d'un groupe, mais sans être pleinement son point d'orgue. Celui-ci interviendra un peu plus tard, et on en reparlera sans doute très vite dans ces colonnes, n'en déplaise à mes camarades.

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