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Critique d'album

PARK


PARK


(25/03/2022 - Vicious Circle - Indie pop saturée - Genre : Autres)
Produit par

1- A day older / 2- Parksponge / 3- Réveil heureux / 4- Ghost / 5- Upon a Rose / 6- Parksounds / 7- Tall Grass / 8- Shannon / 9- Easy Living / 10- Endabsorption
Note de 4.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Besoin d’un bon bol d’air frais ? Viens donc faire un tour au PARK !"
Mathieu, le 21/04/2022
( mots)

La musique constitue un magnifique terrain jeu, un lieu de tous les possibles où il est aisé d’outrepasser toute notion d’appartenance ou de rattachement à une quelconque origine stylistique. En faisant abstraction du déni apparent de certains fans mécontents, ancrés dans leurs traditions et bien que, avouons-le-nous, le résultat ne soit pas forcément toujours de taille (allez jeter une oreille curieuse à Lulu, collaboration - foireuse ? - entre Metallica et Lou Reed), le monde du rock a connu son nombre de pionniers, d’aventuriers intrépides aussi, désireux d’élargir les frontières de leur genre de prédilection en faisant sauter certaines barrières conservatrices.


C’est ainsi que l'indie par exemple, s’est vu plus d’une fois allé fouiller du côté de l’électro avec, en tête de gondole, la parfaite association de James Mercer, chanteur des Shins et Danger Mouse (on parle ici de Broken Bells) ou la collaboration éphémère entre le producteur de musique électronique Jimmy Tamborello, et du frontman de Death Cab for Cutie, Benjamin Gibbard pour former The Postal Service. Comme l’ont prouvé ces deux collectifs, il résulte bien souvent de ces rencontres originales des projets ambitieux, réunissant avec panache les opposés. De Spooky Tooth et son album composé en la compagnie de Pierre Henry (père de la musique concrète) en 1969, au duo Zaz/Till Lindemann l’an dernier, en passant par l’association Korn/Skrillex, qui a fait fureur (ou pas ?) dans les années 2010, les exemples de métissages ne se comptent plus et, après avoir traversé les âges, agrémentent toujours régulièrement le paysage rock moderne.


La surprise fut tout de même de taille lorsque Lysistrata, notre explosif trio de math-rock/post-hardcore national, nous annonçait l’été dernier sa collaboration avec Frànçois Marry, leader du groupe pop Frànçois and The Atlas Mountains. Ce rapprochement, permis entre autres par la proximité géographique de nos musiciens, tous quatre originaires de Saintes, avait raison de questionner. Et pour cause, bien que s’étant liés d’amitié sur un festival régional (le coconut festival de Saintes justement), il semblait bien difficile, sur le papier du moins, de tracer un quelconque trait d’union entre les deux formations.


La genèse de cette association remonte à 2020 avec quelques demos enregistrées en total DIY, bien vites mises de côté, dépassées par le train train quotidiens mouvementé de nos 4 compères (pas facile de tenir la barre d’une formation indépendante de nos jours...). C’est l’instauration d’un premier confinement national qui aura finalement permis de faire sérieusement germer l'idée de mener le projet un cran plus haut. Avec une société à l’arrêt, et une envie irrésistible de changer d’air, PARK semblait être la bouée de sauvetage idéale pour s’évader et permettre de retrouver une certaine liberté, artistique du moins, en se laissant divaguer, hors du temps, vers de nouveaux paysages sonores. L’enregistrement de ce premier disque dans un petit studio des Landes (le Shorebreaker Studio), viendra définitivement retranscrire cette volonté de façonner une véritable bulle de fraicheur et d’évasion, avide de grands espaces, bien agréable en ces périodes de privation.


Un sentiment d’évasion donc, qui s'inscrit bien au-delà des accoutumances artistiques de nos quatre musiciens, évoluant à distance de leurs sentiers habituels, un œil tout de même avisé sur leurs boussoles stylistiques respectives. En mettant de côté les 3 interludes expérimentaux pas forcément indispensables à la cohésion de l’ensemble, il résulte de cette démarche aventureuse 7 titres originaux d’indie rock saturé, bourrés de références à nos deux formations d’origine. Ce voyage va permettre plus particulièrement à Frànçois Marry de conserver ses allures de pseudo-crooner, tout en se frottant à une saturation rugueuse bien loin de sa pop solaire. Saturation assurée par les gars de Lysistrata, qui conservent leur technicité musicale, tout en essayant d’adoucir leurs sursauts post-rock. Le pari est osé, mais avouons que ce double jeu fait du bien et captive finalement par ses parti pris et son choc des genres rondement mené.


"A Day Older" vient nous cueillir dès l’ouverture avec son timbre de guitare directement sorti des années 90, en pleine expansion du rock alternatif, Ben Amos Cooper nous faisant l’honneur de poser sa voix sur ce mid-tempos aérien. On le découvre ici avec surprise dans un registre tout autre, dévoilant une facette beaucoup plus sensible qu’à l’accoutumée. À la tâche sur "Ghost" et son arrangement planant mêlant piano et cordes frottées ou sur le rêveur "Tall Grass", il convainc en compagnie d’une harmonie contemplative, aérée et rassurante (la chaleur de la basse de Max Roy en est aussi pour quelque chose).


Le micro passera, tel un témoin, entre les mains de nos deux chanteurs (4 titres sur les 7 seront interprétés par notre chanteur-batteur), imprégnant le disque d’un certain dynamisme des plus appréciables. Frànçois Marry n’est donc jamais très loin, prenant la relève notamment sur les deux titres chantés en français, venant jouer de son timbre criard et épousant délicatement les arpèges habiles de Théo Guéneau ("Réveil heureux"), déjà remarqués sur les enregistrements de son trio de cœur (prenez "Answer Machine" sur The Tread ou "Against the Rain" sur Breathe In/Out). Le guitariste viendra nous surprendre plus d’une fois autour de belles lignes mélodiques (le délicat "Upon a Rose" en est la preuve irréfutable), bien loin des riffs tranchants du Lysistrata originel.


On se surprendra à rapidement s’attacher à cet album, rattrapé par des influences qui nous sont chères. On citera entre autres les saturations à la Pavement lorsque le groupe quitte son mid-tempo ambiant pour faire muer ses compositions vers de véritables sursauts noisy lo-fi (le grandiose final de "Shannon"). Les ambiances mystiques typiques du Radiohead moderne nous prennent aussi plus d'une fois à la gorge et soulignent d'autant plus cette volonté d'expérimenter (prenez le final de "Réveil heureux" et son final électrico-organique à la rythmique dissymétrique ou l'instru de "Ghost"). Un peu à l’image de leurs homonymes de Fantômes et leur premier album It’s OK bien ancré dans les traditions 90s, PARK fait la part belle au rock alternatif et ses saturations caractéristiques. Et ce n’est pas l’électrique "Easy Living" et son riff sautillant qui nous fera dire le contraire ! Ce morceau le plus proche du répertoire Lysistrata par ses cassures rythmiques et ses chœurs caractéristiques, le plus complet aussi, nous transporte avec brio d’une intro "Curesque" vers un véritable point d’orgue noisy. Grisant !


Les trois membres de Lysistrata, tournés vers l’horizon, délaissent finalement avec PARK l’urgence de leur post-hardcore habituel pour accueillir à bras ouverts François Marry et nous proposer cette agréable bouffée d’air frais. Véritable fusion du savoir-faire des deux formations originelles, l’influence du trio de post-rock semble tout de même l’emporter (à 3 contre 4, c'est un peu normal non ?). Entre passages instrumentaux développés, quelques cassures rythmiques et arpèges raffinés, il est pertinent de se demander si les Lysistrata n’ont définitivement pas toujours lorgnés vers cette facette indie. Dans tous les cas, cette collaboration très certainement éphémère aura permis aux quatre musiciens d’assouvir certaines pulsions artistiques et constitue une énième démonstration du succès d'un assemblage astucieusement complémentaire de deux styles musicaux qu'en théorie tout oppose.


 


À écouter en priorité : "Ghost", "Shannon", "Easy Living" 

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