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Critique d'album

The Dear Hunter


Act V: Hymns with the Devil in Confessional


(09/09/2016 - Equal Vision Records - Rock progressif US - Genre : Rock)
Produit par Casey Crescenzo

1- Regress / 2- The Moon / Awake / 3- Cascade / 4- The Most Cursed of Hands / Who Am I / 5- The Revival / 6- Melpomene / 7- Mr. Usher (On His Way to Town) / 8- The Haves Have Naught / 9- Light / 10- Gloria / 11- The Flame (Is Gone) / 12- The Fire (Remains) / 13- The March / 14- Blood / 15- A Beginning
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Avant-dernier volet d'une hexalogie indie rock progressive ricaine tout à fait captivante"
Nicolas, le 31/01/2017
( mots)

Qui songerait à étendre les frontières du rock progressif par-delà la vieille Europe ? Pourtant, même si cette tendance musicale reste marginale de l’autre côté de l’Atlantique, on constate que la scène prog reste vivace chez l’Oncle Sam, quoique sensiblement différente de sa grande sœur anglaise. On avait eu l’occasion de vous parler de dredg, mais vu que ces derniers se sont mis en hiatus après le fiasco Chuckles and Mr Squeezy, il n’est pas interdit de se rabattre sur ceux qui, à n’en pas douter, ont pris leur relève de porte-étendard.


Ceux, ou plutôt celui tant il est vrai que The Dear Hunter est le bébé d’un seul homme, Casey Crescenzo. Petit aparté à toutes fins utiles : ne pas confondre The Dear Hunter avec Deerhunter, le cher chasseur n’ayant, musicalement parlant, pas grand chose à voir avec le chasseur de cerf (apprécions le jeu de mot au passage). Crescenzo donc qui, en 2006, après avoir pris congé de The Receiving End of Sirens, s’attelle à un projet fou : écrire un opéra rock en six actes qui narrerait la naissance, la vie et la mort tragique d’une seule et même personne, le fameux Dear Hunter, dans l’Amérique du début du vingtième siècle. Dès lors, il ébauche la trame scénaristique complète des six albums et embraye sur l’Act I qu’il met en boîte seul, avec l’aide de son frère Nick et de sa mère (!) dans les chœurs (véridique). Et contre toute attente, le succès qu’il rencontre est réel : The Dear Hunter se fait remarquer par la presse alternative, Crescenzo vend des disques, et dès lors il peut monter un groupe, peaufiner ses instrumentations et emmener son projet en tournée. Dix ans et quatre actes plus tard, avec une petite pause entre 2010 et 2015, impromptu mis à profit pour sortir The Colour Spectrum, concept album basé sur les couleurs de l’arc-en-ciel réunissant le meilleur de onze EP 4 titres - Weezer est battu -, Migrant, un disque stand alone, ainsi qu’une symphonie orchestrale classique financée via la plate-forme de crowdfunding de PledgeMusic.com, le Cher Chasseur est devenu l’un des acteurs les plus incontournables du milieu progressif américain. Et c’est donc l’Act V qui nous est parvenu l’an dernier, Crescenzo ayant annoncé que la conclusion de sa saga discographique était d’ores et déjà enregistrée et prête à paraître.


Ceux qui ont écouté dredg le savent : le progressif ricain est aux antipodes ou presque du prog anglais. Dans les faits, si Casey Crescenzo s’est fendu à l’évidence de concepts albums - voire là d’une suite de 6 concepts albums liés les uns aux autres -, s’il est vrai qu’il affectionne parfois - parfois seulement - les construction complexes et les titres à rallonge, s’il est vrai qu’il ne rechigne pas à employer divers instruments éloignés de ceux qu’on rencontre dans le milieu rock - instruments classiques pour la plupart, cordes, bois et cuivres -, l’influence majeure de The Dear Hunter reste avant tout le rock alternatif US. S’il fallait choisir de rattacher le groupe à d’autres confrères, ce serait plutôt vers The Decemberists, voire My Morning Jacket que l’on se tournerait. La structure pop reste à la base de chaque chanson, et le trio guitare-basse-batterie est constamment de rigueur, mis au services de chansons d’apparence simple, quoique balayant un large spectre de couleurs musicales. Ainsi, The Dear Hunter voyage entre rock, ballades folk, musique classique, jazz voire music hall, instillant des ambiances différentes dans chacune de ses réalisations. Mais ce qui étonne par-dessus-tout à l’écoute de cette singulière discographie, c’est le côté finalement très british, très classe de la musique en question. Il n’est pas rare, en entendant Crescenzo chanter, en se plongeant dans les méandres de son œuvre, de penser irrésistiblement à des groupes anglais comme The Coral mais aussi The Last Shadow Puppets et, par extension, les Arctic Monkeys dans leurs atours les plus softs.


Répondons maintenant à la question que vous vous posez tous : peut-on aborder la discographie de The Dear Hunter en commençant par l’avant-dernier acte de son opéra à rallonge ? La réponse est oui, sans ambiguïté. Outre le concept en tant que tel, on a affaire à du story-telling imagé qui ne parlera de toute façon qu’aux anglophones confirmés. Pour le reste, ce cinquième volet (et septième album) se montre tout à fait abordable et même parfaitement recommandable. Sans doute y découvrirez-vous un rock léché, classieux et habité par une fibre émotive un rien vibrante, mais vous y trouverez surtout des chansons impeccables en terme de songwriting, mise en musique avec intelligence, finesse et élégance, dotées d’une qualité d’arrangements rare dans le secteur ainsi que d’une production impeccable. Certaines pièces passeront toutes seules (“The Moon/Awake”, “Cascade” ou “Gloria”, trois titres indie rock classiques et redoutables d’efficacité) tandis que d’autres susciteront l’étonnement (“The Revival”, très typé The Coral - Knifeworld, les esthètes d’un rock british farci de cuivres saltimbanques, avec un interlude qu’on jurerait déclamé par la voix suave d’Alex Turner) voire l’incrédulité (“Mr Usher (On His Way To Town)” versant carrément dans le crooning version Sinatra). Parfois, on ne sait même plus où donner de la tête tellement les références et les ambiances s’enchaînent (de festives à feutrées, taquines à recueillies sur le sinueux “The Most Cursed Of Hands/Who Am I”). Et pourtant il y a une logique, un liant musical indéniable avec l’architecture des titres, d’autant qu’ils sont tous enchaînés les uns aux autres par le biais de transitions là encore judicieusement amenées. Si Casey Crescenzo sait garder une voix contenue (“Melpomene”, ballade symphonique que ne renieraient pas Colin Meloy et ses décembriers, ou “Light”, superbe folk acoustique toute simple), il pousse parfois dans l’emphase habitée (“The Haves Have Naught”, tout aussi symphonique mais plus hanté émotionnellement parlant).


Alors certes, le discours se fait parfois alambiqué, cf le diptyque pré-conclusif “The Flame (Is Gone)” - “The Fire (Remains)” qui, lié thématiquement, développe une ambiance plus inquiétante, la force orchestrale de The Dear hunter trouvant là sa pleine puissance de frappe entre deux passages recueillis. Globalement, la fin du disque, moins immédiate (exception faite de “The March” qui effectue de discrets appels du pied à Muse - Queen), gagne à être dégustée avec attention car tout à la fois plus musclée et cérébrale. Plus emphatique aussi, plus généreuse en décibels, en instruments, en cris déchirants et en choeurs grandioses (“A Beginning”). Cet hymne avec le diable au confessionnal est un régal du début à la fin, preuve que The Dear Hunter est un grand acteur du rock progressif contemporain voire du rock dans son ensemble, ayant participé à un cru prog 2016 mémorable. Et en attendant sans doute de pouvoir revenir plus en détail sur les quatre actes précédents, soyez sûrs que le final sera ici guetté avec beaucoup d’attention : il nous tarde de savoir comment finira ce Cher Chasseur. Sachant chasser sans son chien, sans doute...

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