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Critique d'album

The Gathering


Home


(15/04/2006 - Noise / Sanctuary - Doom Prog - Genre : Hard / Métal)
Produit par Attie Bauw

Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Le chef d'oeuvre et chant du Cygne de The Gathering"
Maxime L, le 27/05/2019
( mots)

Nous y voilà. Cruellement. Injustement. Le dernier album avec Anneke Van Giersbergen. Même si, soyons honnêtes, lorsque paraît Home en avril 2006, nous sommes bien loin d'imaginer un monde où The Gathering évoluerait sans elle. Son départ interviendra un peu plus d'un an plus tard, le temps pour la belle Anneke de participer à la tournée à laquelle j'ai eu la chance d'assister.

 

Tâchons d'aborder cette chronique dans les conditions de l'époque, en mettant de côté notre déception (notre déchirement ?) à voir une des chanteuses les plus incroyables quitter l'un des groupes les plus brillants (et les plus sous-estimés) des dix dernières années.

 

Home fait suite à Souvenirs (à peine 3 ans plus tard, signe une nouvelle fois d'une créativité et d'une régularité à toute épreuve). Souvenirs avait le bon goût d'effacer la page If_Then_Else et sa fausse tentative de retour aux sources, en proposant le trip-rock aérien et soigné que le groupe a mis en exergue à partir de How to Measure A Planet ?.

The Gathering est en 2006 un groupe ayant acquis énormément d'expérience et ayant assimilé toutes ses influences, aussi variées soient-elles. Des sphères doom-métal des débuts aux expérimentations Radioheadiennes, nos bataves ont beaucoup expérimenté, pas mal bourlingué et nous ont aussi et surtout beaucoup convaincu. Ils nous ont même proposé en guise de prélude à "Home" un album live semi-acoustique Sleepy Buildings , sorti en 2004 (leur permettant au passage de faire une pierre deux coups en soldant leur contrat avec Century Media). 

 

Cet exercice de style prouva (mais était-ce bien nécessaire ?) que la musique du groupe se prêtait autant aux expérimentations électroniques qu'aux ambiances acoustiques apaisées, grâce notamment au diamant qu'est la voix d'Anneke Van Giersbergen.

 

A l'aube d'enregistrer leur huitième album ; le groupe se met à la recherche d'un lieu inédit proposant de nouvelles possibilités en matière de son. Nos hollandais préférés trouveront l'écrin parfait en investissant l'Eglise de Maurik, petit village aux 3000 âmes, perdu au milieu des Pays-Bas.

Est-ce l'architecture et l'acoustique particulières du lieu ? Est ce parce qu'il a été enregistré dans des conditions parfois douloureuses (décès du père de René et Hans Rutten, guitariste et batteur du groupe durant les sessions d'enregistrement, l'album entier lui sera dédié) ? Est ce parce qu'Anneke savait, au plus profond de son être, qu'il s'agissait de ses derniers instants au sein de The Gathering ? 

Il faut savoir parfois ne pas chercher d'explications rationnelles et simplement accepter les choses béatement, en témoin chanceux de ce qui se produit sous nos oreilles. Oui, le son de ce Home est tout bonnement prodigieux, et les 13 morceaux qui le composent le sont tout autant.

 

Les indices laissés ça et là envoyaient déjà des signaux très convaincants. L'expérience semi-acoustique Sleepy Buildings déjà, taillée par et pour la voix d'Anneke notamment. 

Ensuite, le groupe eut la bonne idée de sortir un Dvd "A Sound Relief" retraçant leur prestation au Paradiso d'Amsterdam en 2005 (une ancienne église réaménagée en salle de concert, tiens tiens....) où le charme et la couleur particulière du lieu laissaient entrevoir la magie du groupe, dans toute sa dimension hypnotique, sublimée par des musiciens en parfaite harmonie. 

Dvd que je ne peux que vous conseiller de vous procurer tant c'est un pur moment d'extase, auditive et visuelle. Les DVD musicaux réussis ne sont pas légion, mais je me souviens encore des frissons ressentis, de l'endroit et de l'instant où j'ai lancé le DVD, ainsi que de mon atterrissage 75 minutes plus tard, les yeux écarquillés, le souffle court et les jambes tressaillantes.. 

Si la set-list du concert fait la part belle aux plus belles compositions aériennes de Souvenirs et How to Measure A Planet ?, on y trouve également un titre inédit, "Alone" prémisse parfait au son christique de Home.

 

C'est d'ailleurs ce "Alone " qui fut choisi comme premier single, même si la musique du groupe se prête finalement très peu aux "singles" tels que l'entend l'industrie musicale. L'oeuvre de The Gathering ne se découpe pas en tranches, ne s'écoute pas par fragments. Ecouter (et non pas entendre) un album de The Gathering, c'est une expérience en soi, et l'ordre des pistes est tout sauf le fruit du hasard. Home ne déroge pas à cette règle, de nombreuses pistes étant même reliées, renforçant cette idée d'unité et de cohérence.

 

Difficile de sortir un ou deux titres phares, mais pour de bonnes raisons : on écoute ça d'une traite, et si c'est sans aucun doute l'album le plus ciselé en terme d'arrangements, c'est peut être paradoxalement le plus accessible et le plus direct depuis How to Measure A Planet ?. Les deux premières pistes y sont certainement pour beaucoup, "Shortest day" et son intro aux guitares javellisées, sa section rythmique bien ronde (avec la nouvelle bassiste Marjolein Kooijman). Un titre très rock, presque sexy, avec un énorme travail sur les lignes de chant notamment. "In between" est du même acabit, sorte de compo miroir qui trouve parfaitement sa place entre la piste inaugurale et le premier single "Alone", absolument délicieux à écouter au casque (une prérogative constante et infinie pour The Gathering). 

 

Après cette première partie très aguicheuse, l'album prend réellement son envol avec "Alone". Ce premier single ralentit le tempo, ainsi que notre fréquence cardiaque et nous propose une ambiance feutrée mais martiale, presque angoissante, s'il n'y avait pas la liquoreuse voix d'Anneke Van Giersbergen. Le single choisi par le groupe fait mouche, entre le charisme des lignes vocales et le mur de guitares placé astucieusement en arrière-plan, l'imagination de l'auditeur commence à fonctionner à plein régime pour le plonger, seul, dans une ambiance intrigante, presque frissonnante. 

A ce titre, l’enchaînement avec "Waking Hour" est parfaitement pensé. Ce son de respirateur artificiel qui se prolonge tout au long du morceau, ces notes de piano simples mais graves nous entraînent dans un coma semi-provoqué, les arabesques d'Anneke nous faisant tantôt émerger, tantôt sombrer dans des abîmes insoupçonnés. Nous assistons ici à une nouvelle démonstration vocale, au delà de toute technique, d'une émotion rarement atteinte. Il fallait voir Anneke sur scène, chanter la section piano-voix de "Waking Hour", emporter toute la foule par sa candeur et sa voix laissant tous les spectateurs, les plus bourrus comme les plus bourrés, littéralement sans voix devant autant de grâce, de beauté et d'élégance.

Waking Hour fait incontestablement partie des réussites les plus lumineuses du groupe, nous qui sommes pourtant habitués au son du groupe, et à sa constante recherche de pureté. Mais Home n'est pas que lumineux, et possède sa part d'ombre. 

Cette ambivalence entre titres lumineux et compositions plus ténébreuses est l'un des nombreux points forts du disque. L'exemple parfait étant "Forgotten", chanson d'un angélisme et d'une pureté rare, "coincée" entre "A Noise Severe", sorte d'éloge funèbre avec ses orgues résonnant encore et sa batterie binaire et "Solace", titre très expérimental, avec son mélange de langues parlées (de l'espagnol, du norvégien mais également du français "Toute une vie de lutte et de travail soutenue sans fléchir"), et surtout sa batterie martiale conférant à l'ensemble une dimension presque militaire. "Solace" est clairement à part dans le déroulé de l'album, mais tout est tellement fait intelligemment que cela ne nuit aucunement à la fluidité du disque. La dernière partie de "Home" est tout aussi captivante, entre un "Your troubles are over" en forme de résurrection et d'espérance, garnie par un travail absolument fantastique sur les voix, et un "Home" aux ambiances doom, digne des plus belles heures de My Dying Bride ou Anathema, sublimées une nouvelle fois par la voix enchanteresse d'Anneke. L'adjectif "angélique" est souvent associé au grain de sa voix, y compris sur les albums précédents, mais il n'a jamais été aussi réel et justifié que sur Home.

 

En conclusion, ce Home fait office de chant du Cygne pour The Gathering (du moins sous cette forme), mais lorsque le talent, la grâce et l'expérience sont alignés aux planètes, cela nous donne un des disques les plus aboutis des années 2000. Un chef d'ouvre incontournable à posséder, qui réussit même à éclipser How to Measure A Planet ?.

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