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Critique d'album

The Gathering


Souvenirs


(24/02/2003 - Psychonaut - Doom Prog - Genre : Hard / Métal)
Produit par Zlaya Hadzich

Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Nouveau Coup de Maître des Hollandais"
Maxime L, le 11/05/2019
( mots)

"Musique fortement ramollie", "Souvenirs manque de somptueuses mélodies", "ceux qui croient que The Gathering est encore un groupe de rock font fausse route". Voici ce qu'on pouvait lire à propos de Souvenirs dans la presse de l'époque (source : Hard Rock Magazine Février 2003). 


S'il ne faut pas toujours s'y fier, c'est toujours intéressant de (re)lire les papiers de l'époque pour remettre en perspective le contexte de sortie d'une oeuvre. Bien sûr, avec 15 ans de recul supplémentaire, il est plus facile d'être objectif, quand bien même le propos initial est un peu sévère à mon goût.


Fort heureusement, je ne m'arrêtais pas à l'époque sur ces mots un peu durs, et plongeais littéralement la tête la première dans ces 10 chansons qui composent ce Souvenirs.


Le contexte de l'époque alors ; quel est il ? 


Élément important pour comprendre la dynamique du groupe : The Gathering vient de créer son propre label Psychonaut Records, et Souvenirs en est la première parution officielle. De là à penser que cette liberté nouvelle et quasi totale est responsable du nouveau son du groupe, il n'y a qu'un pas que je m'empresse de franchir. Non, l'album précédent, If_Then_Else n'était pas une totale réussite. Le disque n'est surtout pas à négliger, mais il peinait à rivaliser avec les hauteurs vertigineuses de How to Measure A Planet ? (HTMAP ?), désormais désigné comme mètre étalon de la discographie du groupe. Nos hollandais préférés font donc machine arrière : exit la police rétro-futuriste de If_Then_Else et retour à davantage de mysticisme, pour une imagerie plus proche de HTMAP ?.


Le groupe a toujours su (du moins depuis l'arrivée d'Anneke Van Giersbergen) construire des ambiances sonores très marquées et très réussies : l'aridité étouffante de Mandylion, le froid polaire de Nighttime Birds ?, le voyage intergalactique de HTMAP ?. Même If_Then_Else, dans un genre "rock électronique" parvenait à cocher cette case. Souvenirs ne déroge pas à la règle, en proposant tout au long du disque une ambiance totalement incroyable, glaciale, lunaire, et pouvant tout à fait faire office de versant sombre de HTMAP ?. Ce dernier était aérien, cotonneux et porteur d'espoir ;  Souvenirs sera mélancolique, noir et presque sépulcral par moments.


Le contexte étant dépeint, voyons ce que ce septième album a dans le ventre. La première chose à noter est que les guitares sont de nouveau mises en retrait, à l'instar de HTMAP ?. Mais nous verrons au fil des titres qu'en retrait ne signifie pas absentes, et que le guitariste René Rutten est loin de faire de la figuration sur cet album. Le son est de nouveau plus atmosphérique, et nous voici de retour en terrain connu (et conquis) : celui du trip-rock. 


Le titre inaugural décrit parfaitement ce retour à l'expérimentation : intro truffée d'effets, nappes de claviers, quelques notes de piano discrètes, et la voix céleste d'Anneke. Si le titre n'est pas le meilleur de l'album (la faute à un refrain qui tape un peu à côté), il a au moins le mérite d'être une parfaite mise en bouche pour apprivoiser l'aspect mystique et mélancolique de l'ensemble.


Si le groupe voyageait en orbite autour de la Terre sur HTMAP ?, il est passé de l'autre côté cette fois ci, et tutoie le surnaturel entre les esprits effrayés du second titre "Even the spirits are afraid" et la voix toujours angélique d'une Anneke Van Giersbergen qui incarne ses textes de façon quasi christique. Ce second titre fait définitivement décoller l'album, l'ambiance y est pesante, entre la boucle de batterie sautillante (une nouvelle fois un disque à écouter au casque), le petit riff en palm-mute tranchant en arrière-plan, la tension qui s'installe est palpable. Les petits bidouillages et sons électroniques servent parfaitement la composition, et le mur de guitare à mi-parcours participe complètement à l'ambiance frissonnante de l'ensemble. Souvenirs est enfin lancé et tous les doutes dissipés quant à la possibilité de renouveler l'exploit de HTMAP ?.


Car si HTMAP ? était l'avènement d'un nouveau son et de son évolution significative, Souvenirs en est l'aboutissement, nous avons à faire ici à un second chef d’œuvre d'une profondeur au moins équivalente à son illustre prédécesseur. Libéré des contraintes d'un label extérieur, le groupe continue de tester, d'explorer, d'expérimenter, notamment René Rutten qui continue de coudre des patchworks soniques tout en subtilité, sublimés par les parties de claviers de Frank Boeijen. Chaque musicien délivre une partition impeccable. La basse ronflante et ronronnante d'Hugo Prinsen Geerligs s'entend et s'écoute divinement bien tout au long du disque, secondé par un Hans Rutten dont le jeu de batterie n'a jamais été aussi varié et fouillé.


La production de Souvenirs est sidérante, chaque son se distingue parfaitement, chaque instrument bénéficie d'une limpidité imparable. Le travail sur les arrangements est dingue (difficile à croire qu'à ce jeu là, l'album suivant sera encore un cran au-dessus), avec en plus ce je ne sais quoi de mystique et hanté qui parcourt tout l'album.


Preuve en est avec ce verre qui se brise, telle une malédiction sur "Broken Glass", titre hypnotique s'il en est, murmuré par Anneke et transcendé par le jeu du batteur Hans Rutten. Le titre est tantôt sombre, tantôt gracile, entre le break de basse, les boucles hypnotiques et les paroles d'Anneke, venant comme une sorte d'apaisement aquatique "Breathe the air...through the water". La prestation d'Anneke est une nouvelle fois ahurissante, davantage encore que sur tous les précédents albums. Ses textes sont sublimes, à l'image de sa voix. Ses mots sont rares aussi, ici peu de longues phrases mais elles sont prononcées, chantées, murmurées, susurrées avec tellement de grâce et tellement d'émotion...


Le groupe est en roue libre (comprendre en état de flow artistique complet) et continue de nous hypnotiser jusqu'au morceau titre...où il convient de s'arrêter quelques instants, de respirer profondément avant d’enchaîner sur ce "Souvenirs".


Ce titre justifie à lui seul l'achat de l'album (ou l'ajout dans sa bibliothèque de streaming favori), même si l'album serait tout autant à conseiller sans ce dernier, vous suivez ?


"Souvenirs" (la chanson) fait partie de ces titres phares, intemporels, dont les premières secondes sont immédiatement identifiables et qui s'emparent de l'auditeur avec une force et une émotion comme seule la musique peut en procurer.


Il y a davantage d'idées dans cette chanson que dans toute la discographie de bons nombres d'artistes, à commencer par ces 5 premières notes de guitare, qui semblent résonner tout au long des 6 minutes. Il y a ensuite l'entrée de la batterie, et sa boucle hypnotique qui martèle délicatement la tête de l'auditeur jusqu'aux premiers mots d'Anneke. Une fois de plus, une écoute au casque permettra de découvrir de nouveaux sons, même après des dizaines d'écoutes (l'exemple frappant étant ces douces notes de clavecin, presque cachées volontairement à 1'10). C'est l'apanage des grands groupes et des grands disques : une durée de vie bien au-delà de la moyenne. Et tout cela alors que le refrain n'a même pas débuté.... Souvenirs est assurément la pépite et le climax de l'album, quant à son refrain, il est sans doute l'un des plus brillants du groupe, que ce soit sur la mélodie ou sur les mots d'Anneke, "The gift of your life, All what was concealed, No skin-deep a dive, Your childhood revealed". Pour peu que l'on soit sensible à l'évocation d'une nostalgie un peu enfantine, on comprendra aisément l'émotion apportée par ces quelques minutes. Le titre finira en apothéose, avec des guitares en flamme et une basse ronronnante en contre-point parfait à ce refrain doux-amer.


L'album n'a pas délivré tous ses secrets que nos émotions ont été déjà mises à rude épreuve. L'enchaînement avec 'We just stopped breathing" serait presque trop brusque tant nous sommes encore embués après une telle déflagration sensorielle. Difficile de rivaliser avec "Souvenirs", mais "We just stopped breathing" propose là aussi énormément de choses, avec notamment ces lignes de piano-voix graves et volontairement bancales, donnant une ambiance monacale et lugubre assez inhabituelle chez The Gathering. Le reste de l'album est du même (très haut) niveau, entre un "Monsters" un poil plus rock (sorte de miroir sombre du titre Amity présent sur If_Then_Else) et un "A Life all mine", en duo avec le chanteur d'Ulver, The Gathering continue de nous plonger dans une mélancolie jamais feinte, et toujours en adéquation avec la nouvelle orientation du groupe.


Il n'y a pas de débat possible : c'est un nouveau coup de maître que vient de nous délivrer The Gathering, n'en déplaise aux critiques de l'époque les plus obtuses. Mais bientôt, le groupe et Anneke verront leurs chemins se séparer, non sans nous laisser une dernière œuvre, Home, ultime collaboration du groupe sous cette forme et faisant office de passeport pour l'éternité....

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