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Creedence Clearwater Revival


Collectif, le 18/09/2017

Green River


03 août 1969


Après un Woodstock duquel ils ressortent déçus, la bande aux frangins Fogerty retourne en studio pour préparer le successeur de Bayou Country, forte d’une popularité incroyable aux Etats-Unis. A une époque où les groupes de la région de San Francisco cherchent leur inspiration dans la consommation massive de drogues, Creedence prend la résolution de ne pas sombrer dans ces travers. John Fogerty n’apprécie pas les longues fresques musicales qui naissent de ce genre de jams interminables et déstructurées, et veut prendre un virage plus dynamique après Bayou Country. La rigueur et l’efficacité des morceaux de rockabilly l’inspirent, et Green River va s’inscrire dans cette dynamique.


Green River contient deux des plus fameux titres de toute la discographie de Creedence. Le premier, "Bad Moon Rising", est connu pour être l’une des chansons d’allure joyeuses aux paroles les plus déprimantes, faisant écho à la guerre du Vietnam et inspiré par le film Tous les biens de la terre (The Devil And Daniel Webster en VO). Mais cette chanson a marqué un autre pan de la pop culture complètement différent : celui du football sud-américain. Les Argentins ont en effet repris l’air de "Bad Moon Rising" pour en tirer plusieurs chants, dont un servant à charrier l’équipe du Brésil. Et cette petite incursion footballistique ne serait pas complète sans préciser que l’Olympique Lyonnais a fait la même chose il y a de cela deux ans. Le second, "Green River", qui lance le disque du même nom, fait référence à un lieu de vacances qu’aimait fréquenter John Fogerty, et fait partie comme toutes les bonnes chansons rock américaines de la bande-son de GTA : San Andreas diffusée par la radio rock du jeu.


La section rythmique de Creedence Clifford (batterie)/Cook (basse) a souvent paru limitée et John Fogerty lui-même avait des doutes sur leurs capacités. Et c’est en s’adaptant au jeu de batterie de Doug Clifford, très inspiré par celui de Ringo Starr, que Fogerty va développer son sens de la mélodie à son maximum dans un disque très dense d’à peine une demi-heure. Composé très rapidement avec une ligne directrice forte, Green River est un modèle d’efficacité. Un shot pur de rock n’roll. En studio, chaque membre du groupe est décidé à aller à l’essentiel du blues. Et s’il chante Wrote a Song for Everyone, il est clair que John Fogerty n’est pas du genre à partager les tâches. En témoigne Stu Cook, qui raconte comment la tête pensante du groupe arrivait avec des idées très précises en studio, et ne s’appuyait finalement sur les autres membres du groupe que pour des détails. 


C’est finalement ce qu’il y a de plus fascinant chez Creedence. Cette façon de faire de la musique comme d’autres font du billard, en travaillant la précision de chaque geste, en se préparant minutieusement avant d’entrer en studio. Creedence n’est pas un groupe qui fonctionne à la spontanéité ou à l’instinct. Mais un groupe qui travaille, tout simplement.


De là vient le paradoxe qui entoure un des groupes majeurs dans l’histoire de la musique américaine, qui n’a pourtant rien inventé ni encore moins révolutionné. Au point qu’aujourd’hui, son nom est très loin d’être le premier à venir dans une discussion autour des groupes les plus mythiques. Green River a ce côté trop parfait pour être vrai, trop lisse pour marquer et pourtant impossible à déprécier. L’écouter, c’est le sentir passer dans sa vie comme un courant d’air. Mais ce courant d’air porte en lui l’essence de tout ce que le rock a donné au monde. A défaut de donner quelque chose de soi, Creedence synthétise dans Green River le meilleur de la musique de la fin des années 60.


Erwan

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