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De 2010 à 2020 : les dix albums préférés de Maxime L


Maxime L, le 09/11/2020

À mon tour de me coller au très difficile, mais ludique, exercice du Top 10 de la décennie écoulée.

Ce top est le reflet d'un choix à l'instant T et s'il avait dû être fait il y a 6 mois ou dans 3 semaines, le résultat aurait sans doute été bien différent. Connaissant en partie les choix de mes collègues, l'idée est aussi de ne pas toutes et tous citer les mêmes groupes, auquel cas, j'aurai évidemment rajouté un album des Rival Sons, dont la discographie sur la décennie est on ne peut plus solide. J'ai fait le choix également de n'inclure aucun album sorti dans les derniers mois, estimant qu'il fallait plus de temps, de maturation pour décider si un disque récent passait avec succès l'épreuve du temps (sans cette règle, "The Universal Want" de Doves aurait eu une place de choix).

 

Ces disques sont listés de manière chronologique, c'est déjà suffisamment un crève-coeur de n'en choisir que 10, pour ne pas rajouter une difficulté supplémentaire. J'ai rajouté également pour chaque album un ou deux titres à écouter, même si aucun de ces disques ne comporte de temps faible.

 

A vos marques, prêts, écoutez !

The National - High Violet (4AD) - 2010


Groupe découvert sur le tard (pour la sortie de "Sleep Well Beast" en 2017), j'ai pris une claque gigantesque avec High Violet. Mais une claque subtile, endurante et progressive. The National est un groupe complexe, avec des mélodies, des arrangements qui nécessitent pas mal de temps pour être pleinement apprivoisés.


Si aucun de leur albums n'est à écarter (qui aujourd'hui a une discographie aussi parfaite dans le paysage rock?), "High Violet" est pour moi la quintessence de l'indie-rock des américains.


Entre clair-obscurs et mélancolie chaloupée, le quintet délivre un album automnal comme on en fait très peu. Un bijou à écouter au casque pour se délecter de la voix de baryton imparable de Matt Berninger.


A écouter : "Sorrow", "Afraid of Everyone", "BloodBuzz Ohio"

Half Moon Run - Dark Eyes (Indica Records) - 2012


Premier album (et leur meilleur à ce jour) des Québécois, qui nous proposent un folk habité quelque part entre la douceur de Fink et la misanthropie de Thom Yorke.


Des mélodies ciselées à la perfection, beaucoup de très belles lignes de guitares sèches et d'harmonies vocales tout au long des 12 titres du disque. Si la suite de leur discographie est à mon sens beaucoup moins intéressante, ce premier effort sort clairement du lot parmi toute la scène folk très foisonnante. Un album qui a en plus une qualité non négligeable, celle de se bonifier écoute après écoute


A écouter : "Need it", "Nerve", "Give up".

David Bowie - The Next Day (Columbia) - 2013


Si beaucoup lui préféreront "Black Star", qui revêt un caractère historique et humain importantissime (paru le jour de son 69ème anniversaire et 2 jours avant sa mort), "The Next Day" me parait plus important sur le strict plan musical.


Disque intelligent, enjoué, et bien plus accessible que beaucoup d'autres albums du génie Anglais, "The Next Day" peut être une excellente porte d'entrée pour toutes les brebis égarées souhaitant se familiariser avec la discographie du bonhomme. Un album qui multiplie en plus très intelligemment les références au glorieux passé de l'artiste, de la pochette revisitant celle de "Heroes" au saxophone de "Dirty Boys" typiquement Bowiesque. Un album original en forme de rétrospective avec des compositions fabuleuses.


A écouter en plus des morceaux pré-cités : "Stars", "Where are we now ?", "I'd rather be high"

Queens of the Stone Age - Like Clockwork (Matador) - 2013


Dernier disque d'une discographie en tous points remarquable, "Like Clock Work" est un disque quasi miraculeux, tant il a été conçu dans la douleur : Josh Homme ayant souffert de dépression et frôlé la mort dans une opération du genou qui a bien failli mal tourner.


On retrouve sur "Like Clockwork" tout ce qui fait le charme de QOTSA : riffs remuant du cul ("Keep your Eyes Peeled"), rythmiques coups de poing dans la tronche ("My God is the Sun"), avec ce qui fait aussi la spécificité du grand rouquin : chant en falsetto, mélodies ultra catchy "I sat by the Ocean", ballades inspirées ("the Vampyre of Time and memory") mais aussi et c'est toujours le bémol avec Homme, des invités de prestiges flirtant parfois avec l'emploi fictif (Elton John notamment ici).


A écouter en plus des morceaux pré-cités : "I appear Missing" - "Fairweather Friends"

Arctic Monkeys - Am (Domino) - 2013


De très loin le meilleur album des anglais de Sheffield, qui s'ils n'ont plus la naiveté touchante des débuts, ne sont pas encore gangrénés par l'aspect poseur mégalo d'Alex Turner (cf sur le très faiblard "Tranquility Base Hotel & Casino"). Si la patte de Josh Homme est toujours là (mais réduite et très bien assimilée), "AM" ratisse large entre rock bouillonnant ("Are you Mine ?"), riffs humides et sexy ( "Do I wanna know ?") et quelques embardées aux allures R&B ("Knee Socks") plutôt très bien senties. Un album maitrisé et assuré, à la durée de vie très conséquente (ce qui n'est pas si fréquent en matière de rock anglais). On espère évidemment voir la bande à Turner de retour à ce niveau là dès que possible.


A écouter en plus des morceaux pré-cités : "Arabella" - "Snap out of It"

Elbow - The Take Off and Landing of Everything (Polydor) - 2014


Et bien en voilà un de groupe qui peut rivaliser avec la dicographie parfaite de The National ! "The Take off and Landing of Everything" est presque mon préféré du groupe ("Seldom Seen Kid" est trop vieux pour être dans ce top), avec cette couleur bleue qui transpire de partout, des arrangements subtils à la voix chaude et réconfortante de Guy Carvey.


Elbow est un peu le pendant lumineux de The National. Là où la musique de The National se prête à la mélancolie d'une froide nuit tombante, les compos d'Elbow, elles, sont douces comme le jour qui se lève : pleines d'incertitudes mais bordées d'espoir. Pas l'album le plus accessible pour découvrir l'oeuvre des Mancuniens, mais le plus léché et le plus aérien.


A écouter : "New York Morning" - "My sad Captains" - "Charge"

Island - Feels like Air (Frenchkiss Records) - 2018


Anomalie proprement scandaleuse que cet album ne soit pas chroniqué encore sur le site. Je vais y remédier rapidement tant j'ai été transporté par cet album, découvert complètement par hasard par je ne sais quel moyen. Island est un groupe de jeunes britanniques jouant une musique polaire.


Ça n'est pas complètement du rock, pas tout à fait de la brit-pop non plus, "Feels like air" c'est un peu entre les deux, sorte de croisement entre des guitares javelisées Foalsiennes gorgées de reverb et une voix éraillée à la Noël Gallagher, mais un Gallagher qui serait empreint d'une vraie émotion et d'une vraie implication. Un des coups de coeur retentissants de ces dernières années, et assurément un groupe à suivre, en espérant le plus vite possible un nouvel album.


A écouter : "The day I die" - "Ride" - "God Forgive"

Courtney Barnett - Tell me how you really feel (Barnett's Milk! Records) - 2018


Encore un album honteusement absent des chroniques du site (si ce n'est un avis de première écoute en tous points conforme aux qualités du disque). L'indie-rock de la jeune Australienne parait tellement simple et désinvolte que ça en est presque insolent.


Ici, point de fioritures ou de détours, guitare-voix-basse-batterie et puis c'est tout. Le reste ? des vraies chansons, des mélodies, des riffs ciselés en veux tu en voilà, et une atmosphère qui brasse large, des Breeders à Pj Harvey en passant par Juliette & The Licks. Si son premier disque était une curiosité intéressante, Courtney Barnett passe un énorme cap avec ce petit bijou. Avec en plus, au delà de ses qualités de musiciennes, une tête bien faite, le look et l'attitude qui vont bien. Le futur de l'Indie-rock passera par Courtney Barnett sans aucun doute.


A écouter : "City looks pretty", "Charity", "Help Your self"

Foals - Everything not saved will be lost I (Transgressive) - 2019


J'avais aimé les albums précédents sans forcément m'en relever la nuit, et disons le tout de go, c'est l'enthousiasme de Nicolas dans sa brillante chronique qui me fit m'attarder davantage sur cet album. Il y a des moments marquants dans la vie d'un auditeur, celui ou j'ai entendu "Everything not saved will be lost I" en fera partie.


Un concept intelligible et intelligent, des compositions ni trop simplistes ni trop alambiquées, des rythmiques d'une efficacité déconcertante, et surtout cette voix tellement reconnaissable. Une voix capable de faire un malheur sur un dancefloor "In Degrees" et d'émouvoir un banc de poissons morts, comme sur l'éblouissante "I'm done with the world", est qui signe en plus le single de l'année avec "Exits". Dans mon trio de tête des dix dernières années haut la main.


A écouter en plus des morceaux pré-cités : "White Onions", "On the Luna", "Sunday"

Villagers of Ioannina City - Age of Aquarius (Mantra Records) - 2019


Seul album étiqueté "métal" de ma sélection, mais quel album, qui aurait été dans mon top 2019 si je l'avais écouté à temps ! Véritable coup de foudre pour ce groupe grec (avec un premier album "Riza" déjà très solide) qui parvient à assembler riffs stoner, vélléités prog et instruments traditionnels grecs ; le tout sans le moindre manque de cohérence.


Un album à la densité certaine (6 titres sur 10 dépassent les 8 minutes) mais proposant toujours quelque chose, (un arrangement, un riff, une harmonisation) même après une énième écoute. Seul bémol peut être, l'abandon du chant en grec, qui peut se comprendre, mais qui aurait rajouté une touche supplémentaire d'authenticité.


A écouter : "Age of Aquarius", "Cosmic Soul"

Commentaires
MathildeAR, le 18/11/2020 à 10:07
Bien d'accord avec toi pour le trio de tête des 10 dernières années !
JulienAR, le 14/11/2020 à 19:37
Cet album de Courtney Barnett est fabuleux. Naïvement je m’étais arrêté à “City Looks Pretty” mais l’ensemble musical est splendide. Merci ! Et puis je vais en remettre une couche sur Villagers of Ioaninnina City et son registre tout à la fois singulier et hautement qualitatif , un vrai trésor !
Echobass, le 10/11/2020 à 02:36
voilà mes 10 albums préférés des années 2010 : Primus - Green Naugahyde (2011) C2C - Tetra (2012) Queens of The Stone Age - Like Clockwork (2013) Ez3kiel - Lux (2014) Marilyn Manson - The Pale Emperor (2015) Puscifer - Money Shot (2015) Weezer - The White Album (2016) A perfect Circle - Eat The Elephant (2018) Tool - Fear Inoculum (2019) The Claypool Lennon Delirium - South of Reality (2019)
MaximeL, le 09/11/2020 à 14:46
Merci Franck, merci Mathieu ; ça m'a surtout permis de me rendre compte que je n'avais pas chroniqué "Feels like Air" d' Island, alors que c'est un des disques que j'ai le plus écouté depuis 2 ans. Quant à Half Moon run, en effet, la suite est très en dessous je trouve, malgré quelques bons morceaux ici et là.
Franck, le 09/11/2020 à 10:52
J'aime beaucoup cette sélection ! Ton descriptif m'a bien donné envie de découvrir Half Moon Run et Island !
Mathieu, le 09/11/2020 à 10:10
Une bien belle sélection! :) Exactement du même avis que toi concernant Half Moon Run. Je n'ai jamais retrouvé cette ambiance si particulière de ce premier opus avec les albums qui ont suivi... J'avais été happé par "The Day In Die" des Island (titre que j'aime toujours autant) mais avais moins accroché sur le reste de l'album. Ton enthousiasme pour celui-ci va me pousser à approfondir mon écoute!
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