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R.E.M. : Rapide coup d’œil sur 30 ans de musique.


Collectif, le 03/09/2015

New Adventures in Hi-Fi


10 septembre 1996


Pour trancher avec le triptyque pop (Green – Out Of Time – Automatic), les quatre larrons se forcent à faire un album clairement rock en 94 et mettent en boîte Monster. Si Monster est grosso modo balancé comme un album de rock, il est aussi balancé comme un album assez moyen. Du coup, les gars décident d'arrêter de s'imposer des directives, d'enregistrer sur des 8-pistes en tournée (l'idée viendrait de leur première partie de l'époque : Radiohead) et puis de voir ce qu'il en résulte. Et bingo, voilà le meilleur album rock de leur carrière. Comme son nom l'indique, New Adventures in Hi-Fi est l'album exploratoire de R.E.M. Rock, country, pop, lumineux, sombre, lourd, chaque facette de l'album reflète une facette du groupe, qu'elle soit déjà usée jusqu'à la moelle ou encore en pépinière. Par conséquent, l'album est le plus long de tous, plus d'une heure et quatorze morceaux bien charpentés et fut adulé par les critiques de tout bords à sa sortie qui vantaient sa densité et sa diversité. Il est même encore aujourd'hui considéré comme l'un des tout meilleurs efforts de R.E.M., autant par les membres du groupe que par les suiveurs. Et ce, malgré un succès commercial à des années lumière de ses grands frères et un manque évident de singles qui dégomment.


Sans le savoir, New Adventures marque très clairement la fin d'une ère. C'est en effet un album de dernières. Le dernier avec Bill Berry, batteur original du groupe et le dernier produit par Scott Litt, le bon copain qui régalera sur chaque album depuis Document en 1987 (et sur In Utero de Nirvana, entre autres). Côte son, on retrouve les environnements bourdonnants de Monster sur de nombreux morceaux, notamment sur le très à-plat "Undertow", à la mélodie basique mais aux arrangements foisonnants. Mais ça, c'est avant de basculer sur "E-Bow The Letter", sœur décomplexée du "Low" de Out Of Time, base acoustique, basse bruissante, Patti Smith aux chœurs et une ambiance moite et country. Puis "Leave" et ses 7 minutes et des brouettes relève du mash-up improbable des deux versants, intro d'une minute toute douce à la guitare sèche, notes mineures puis avalanche de sirènes bruitistes d'un coup d'un seul, balayées par un Peter Buck qui veut se faire entendre. C'est ici la sève de cet album pas comme les autres, des tentatives et une envie folle de rocker qui touche autant aux sentiments qu'au taper du pied. "Leave", comme "The Wake-Up Bomb" ou "Departure" (clairement le morceau le plus rentre-dedans de toute leur vie) auraient pu être de petits calvaires tant ils ne semblent plus vouloir cadrer le bruit et jouer sur ce qu'ils savent faire de mieux : la mélodie. Mais les performances de Buck et surtout du bassiste Mike Mills ainsi que le chant de Stipe ramènent le tout dans une zone de confort insoupçonnée, quelque part entre un rock âpre et un shoegaze cotonneux.


Entre guitares abrasives et basses rondelettes, de nombreux morceaux se déhanchent avec une volupté rocailleuse et quelques bonnes idées sur le porte-bagage. Enregistrée à Memphis, "Bittersweet Me" est taillée pour la scène, surtout grâce à son refrain enlevé dans lequel Stipe gueule "I don't know what i'm hungry for". "Low Desert" décape aussi malgré son rythme lent, indolent comme celui qui se meut dans la chaleur. Mais ses salves de guitares émoussées ne laissent planer aucun doute sur son envie d'en découdre. Et n'allez cependant pas croire que la corde pop s'en est rompue. Rien qu'avec le tout dernier morceau de l'album, ils rassurent de la plus belle des façons. "Electrolite", piano qui embaume, voix calmée qui respire la fin de soirée et les yeux ébahis de Michael Stipe qui scrutent depuis son perchoir du haut de Mulholland Dr. C'est au fond une version à peine habillée de gravité du magnifique "Nightswimming" de Automatic. On peut aussi souffler sur l'étonnant et assez adolescent "Be Mine", sa guitare Nada Surf-esque et sa voix naïve qui se répète "You & Me" en attendant que ça éclate.


Même s'il regorge d'idées brillantes, New Adventures n'est pas l'album expérimental du groupe, titre qu'il laisse à son successeur Up. Mais il foisonne tellement, qu'il gagne haut-la-main le titre de l'album le plus dense et le mieux sculpté. New Adventures va partout, partout sur le territoire de R.E.M. Touchant, groovy, massif, peu importe, il y va et il y va bien. Rarement un album d'une heure n'aura aussi bien tenu la route. Autant grâce à la diversité des paysages que la qualité de chaque morceau. Et ils prouvent que le rock ne se décide pas à l'intention, seulement à l'inspiration.  


Kévin

En savoir plus sur R.E.M.
Commentaires
QazorleGrand, le 17/10/2015 à 16:04
Bravo pour le dossier ; vous m'avez donné envie de réécouter leurs albums ! Petit bémol perso : Accelerate exhibe ses biceps rock mais tombe à plat pour moi, Collapse into Now me semblant bien meilleur ! Document est un grand disque rock de REM et Up un disque trop sous estimé !
Francois, le 19/09/2015 à 16:01
It's the end of the world...as we (used to) know it...and I feel sad !