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Critique d'album

Mad Foxes


Ashamed


(30/04/2021 - El Muchacho Records - Garage - Genre : Rock)
Produit par

1- Ashamed / 2- Gender Eraser / 3- Crystal Glass / 4- Sights / 5- Patience / 6- Propeller / 7- Charlie / 8- The Cheapest Friend / 9- Home / 10- Fear of Love / 11- Dear Mother's Eyes
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un voyage revigorant au beau milieu du paysage rock moderne !"
Mathieu, le 12/08/2021
( mots)

Qu’il est ardu de nos jours pour une formation française, plus particulièrement lorsqu’elle gravite autour de la sphère rock, de se faire une place sur la scène internationale face à une armada britannique et américaine en très grande forme. La nouvelle fut donc d’autant plus saisissante lorsque le 8 mai dernier, nos confrères américains nous reportaient le passage d’un trio nantais en direct à la télévision, personnellement invité (à distance, COVID oblige) par M. Jimmy Fallon pour faire partie intégrante de son célèbre Tonight Show. On aurait certes pu immédiatement croire à la fake new ou au canular, comme l’eût cru les trois français de Mad Foxes, avant de finalement enregistrer une version live inédite de leur titre "Cristal Glass" et de rejoindre le club très fermé des artistes francophones diffusés dans l’émission (pour l’anecdote, aux côtés de Chris et Philippe Katerine).


En surface, il semble légitime de se demander comment notre cher Fallon a pu dénicher une formation hexagonale ne présentant, au moment de la diffusion, que quelques 5000 auditeurs sur Spotify (bien que cet indicateur ne soit pas gage de qualité !). Cependant, en poussant nos recherches, on se rend rapidement compte que la formation, encore inconnue à notre bataillon, pointe déjà le bout de son nez outre-Atlantique depuis un petit moment, soutenue par une diffusion plus ou moins régulière chez KEXP Radio, réputée en partie pour ses sessions live qualitatives (qui ont révélées, entre autres, SLIFT (encore des français !) et Black Midi). On se décide donc de sauter le pas et c’est en se plongeant, dans ce Ashamed, second album des trois français, que l’on comprend rapidement l’intérêt de notre fanfaron américain. Nous voilà finalement pris de court, amers d’avoir été devancés vis-à-vis d’une formation qui mériterait une bien plus grande renommée de notre côté de l’océan.


La réussite de cet album authentique et ambitieux, repose sur une dualité de deux ambiances bien distinctes. En effet, le long de ces 11 titres à la production millimétrée et aux influences multiples, le groupe nous transporte sans relâche d’une rive à l’autre de l’Atlantique, exhibant alternativement des sonorités typiques du post-punk britannique moderne et des éclats de stoner rock largement américanisés, lorgnant fortement vers le néo-psychédélisme.


Impossible de ne pas penser à IDLES dès les premières lignes vocales de l’introductif éponyme qui n’est pas sans rappeler "Colossus", entame du très bon Joy as an Act of Resistance, deuxième album de la bande à Joe Talbot. L’ambiance y est tendue et électrique, et laisse éclater toute sa puissance après un crescendo bien mené. Une parfaite entrée en matière ! Tout comme les anglais, nos trois français ne cachent d’ailleurs pas leur amour pour les riffs saignant et ravageurs. Prenez l’engagé "Gender Eraser",  démolissant le patriarcat à coup de guitares percutantes, ou encore "Propeller" et son refrain explosif à la rythmique entêtante. La rage est palpable, notamment avec "The Cheapest Friend", véritable rouleau compresseur punk avec ses parties vocales criées, sa basse bien lourde et sa guitare râpeuse.


Bien qu’une bonne partie du disque flirte avec la puissance d’un punk rock abrasif (le break de "Cristal Glass" est tout simplement monstrueux !), le collectif sait également lever le pied et proposer des titres plus délicats à la construction musicale plus complexe et intelligente. Ce revers de médaille délaisse le caractère expéditif du punk pour rejoindre l’autre rive de l’Atlantique et un stoner rock aux malignes touches de psychédélisme. Après un début de disque sur les chapeaux de roue, l’enchaînement "Sight" et "Patience" donnent soudain la folle illusion d’être plongé au beau milieu de l’univers mystique des excellents All Them Witches. Le métronome s'apaise, accompagné par une basse plus ronde, des guitares plus tranquilles et un lyrisme plus posé. La tension reste cependant de mise avec quelques coups de distorsion bien placés permettant de dynamiser l’ensemble. On fait ici face à deux pistes de très haute volée, intéressantes par leurs changements d’ambiances et leurs progressions rythmiques. 


Bien que les influences soient palpables tout du long (les Black Angels ne sont non plus pas très loin), les arrangements ne constituent en aucun cas un pâle mimétisme de leurs grands frères. Une patte propre au groupe se manifeste constamment, spécifiquement apportée par des lignes vocales rugueuses et maîtrisées lorsque la puissance sonore s’envole. Et bien que l’on note un certain attrait non dissimulé pour les sonorités typiques d’une scène internationale, les trois français ne renient en rien leurs origines. La preuve avec "Charlie", qui rejoint la cour d’un blues rock obscur (et du break scandé aux paroles douteuses...), où l’on croirait retrouver Last Train ou Dirty Deep de par sa rythmique et ses sonorités.


Ce fou périple nous mène finalement vers une douce conclusion, "Dear Mother Eyes", un guitare-voix léger, constituant un agréable retour au calme, de mise pour se remettre de nos émotions passées. 


Contraste, apparaît finalement comme le maître mot de ce Ashamed, tant l’étendue des contrées musicales balayées impressionne. En 45 minutes les Mad Foxes sont en mesure de proposer un voyage fascinant et non moins stimulant à travers les contrées du rock moderne. Du post-punk anglais à la balade folk, en passant sans complexes par le stoner et le rock alternatif, l’ensemble reste bougrement cohérent et démontre une solide intégrité, justifiée par le respect du classique trio guitare-basse-batterie, non édulcoré et justement exploité. On finira par remercier les américains (encore une fois, honte à nous !), pour cette découverte, nous permettant d’ajouter un nom supplémentaire dans le haut du panier de la scène alternative française, menée par autres Lysistrata, Johnny Mafia ou MNNQNS, et qui n’a finalement pas à pâlir face aux mastodontes internationaux. 

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