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Eurockéennes de Belfort 2015


Etienne, le 16/07/2015

Quand l'éclectisme dessert l'identité

La 27ème édition du festival rock belfortain brille un peu plus chaque année par la diversité de sa programmation, tant dans le style des artistes présentés que par la notoriété de ceux-ci. S'est enchainé sur trois jours tout un florilège de concerts, représentants quasi exhaustifs de toute la panoplie musicale existante sur terre, plus ou moins réussis pour des raisons parfois semblables qui seront détaillées dans ce dossier. Ce qui reste frappant en conclusion de ces Eurocks 2015, c'est l'impression d'avoir assisté à une jolie fanfare bien orchestrée mais trop dispersée, où la volonté de rallier à sa cause le plus grand nombre sonne le glas d'un rock oublié, pourtant bien imprimé dans la dénomination même d'un festival, ne cherchant même plus à feindre son désintérêt pour les décibels rageux au profit des basses suramplifiées d'une électro abrutissante.

Eleuctroéennes


Pourtant, la programmation des Chemical Brothers, habitués du festival puisque c'est leur troisième apparition à Belfort, avait tout pour plaire même aux électrophobes acharnés. Il faut dire que dans le genre, ils sont plutôt précurseurs et particulièrement bons. C'est donc pour conclure le Jour 2, très tardivement car programmés de 1h30 à 3h du matin, que Tom Rowlands et Ed Simmons ont pris possession de la Grande Scène pour un set contrasté. Dès les premières notes "Hey Boy, Hey Girl", la foule se déchaine aux sons des basses dévastatrices du duo, faisant vibrer chaque partie d'un corps entrant en transcendence, soufflé par tant de puissance. Mais si les mécaniques physiques des sons des Chemical Brothers fonctionnent, le manque d'équilibre de la prestation est flagrant. Les aigus sont complètement en retrait, noyés dans ce déferlement électronique à la limite de la décence audible. Les magnifiques jeux de lumière ne sauveront pas ce show du naufrage : impossible de rester plus d'une demie-heure devant la scène, les tympans même protégés rendant l'âme. Décevant que ce show très mal sonorisé et à la performance pudique et clinique d'un groupe pourtant culte.


Beaucoup moins subtil voire comble de l'horreur, Major Lazer s'est produit (encore), un peu plus tôt dans la journée, aux Eurockéennes après une première participation en 2013. Le groupe déchaine les passions des plus jeunes, l'attroupement devant la grande scène laissant penser à une immense soirée post-bac. Autant ne pas s'attarder sur ce divertissement populaire grotesque où les effets de scène, très classiques (fumée, pyrotechnie, confettis), tentent de compenser cet énorme DJ set creux mais coloré. C'était joli et le "chanteur" a fini dans une grosse boule gonflable au milieu de la foule. C'est tout ce qu'on retiendra. Heureusement que la jeune génération relève la niveau sur la Greenroom (scène 2) et sur la Plage (scène 3, montée sur flotteurs) avec entre autres Flume, Rone ou encore l'excellent James Blake, dont les brefs moments aperçus laissaient entrevoir un concert d'une énergie communicative.

Esprit es-tu là ?


La soul était à l'honneur pour cette 27ème édition. En tout cas, elle était particulièrement bien représentée par deux jeunes groupes lancés sur la voie royale du succès avec St. Paul & The Broken Bones et les fameux Alabama Shakes.


Et ce sont les premiers qui ont eu l'honneur d'ouvrir cette année le festival (du moins sur la grande scène). Devant un parterre clairsemé mais connaisseur, le groupe, tous cuivres dehors, s'est adonné à une intro furiesque à base de riffs de guitare tranchants et d'intermèdes plus jazzy. Paul Jenneway fait son entrée sur scène avec de superbes croqs pailletées et envoie son set à merveille, pour le plus grand plaisir d'un public de plus en plus nombreux. Avec cependant un seul album au compteur, le groupe tombe vite dans une certaine rengaine mais n'hésite pas à s'aventurer sur des terrains funky ("Like A Mighty River") pour revigorer le concert. Au final, ce premier concert réussi (plus que l'album) ouvre avec brio ces Eurocks 2015 même si les amateurs de soul devront attendre jusqu'à dimanche pour se rassasier avec la voix chaude de Britanny Howard.


C'est donc sur la Plage, au soleil couchant du jour 3, que le groupe d'Athens (non pas celui-là, l'autre) entre en scène pour faire swinguer les Eurocks. Bénéficiant comme seul concurrent du peu convaincant Die Antwood sur la Grande Scène, le parterre est bondé et il est impossible d'obtenir la moindre vue sur la scène. Il faudra donc se faire son idée par la seule musique proposée. Et comme cela a été le cas durant tout le festival, cette troisième scène délivre des basses bien trop fortes et submerge l'auditoire. Autant dire que sans le visuel, il est difficile de maintenir de l'intérêt pour cette performance souffrant d'une chanteuse en perdition à mesure que le concert continue. Le groupe a beau alterner les chansons issues de Sound & Color ("Don't Wanna Fight", "Future People") et Boys & Girls ("Be Mine", "Hold On"), Britanny semble à la peine et subit les fracassants dégâts de ces basses surpuissantes. Dommage car le potentiel scénique est pourtant bien là.


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Commentaires
nanob, le 16/08/2015 à 18:44
Ben harper, un monument passé...inaperçu. et avec un son pourri. Prévisible ? je ne voyais pas ça comme ça.
Christine, le 09/08/2015 à 22:03
Intéressant votre édito!En tant que pionnière des Eurockéennes, je suis nostalgique de sa perte d'identité..moins de rock!!souvenir d'un show monumental de Page and Plant!On y va toujours pour l'ambiance joviale et la magie de la presqu'île.
Etienne, le 21/07/2015 à 16:59
Effectivement je n'ai entendu que du bien de Sleaford Mods. Pas facile de concilier ce show avec Christine & the Queens, qui fut une vraie révélation scénique. Et j'avais faim en plus... Car mieux que la raison, l'estomac nous dirige .
Fabc, le 21/07/2015 à 16:02
Manque à l'appel un show incroyable des run the jewels (manque de chance chevauchant pas mal les eagles of death metal. et la veille le show de sleaford mods.
Raphaelle, le 16/07/2015 à 11:52
Ça c'est du live report ! Merci pour ce compte-rendu très complet. Royal Blood et Daho et Thiéfaine en guest star... Tu as été gâté !
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