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Eurockéennes de Belfort 2015


Etienne, le 16/07/2015

Quand la sagesse impose le respect

Il y aura toujours quelqu'un pour prétendre que le rock est une musique de vieux, pour vieux. Quand Sting a été annoncé en clôture de cette édition des Eurocks, on aurait pu lui donner raison : que vient faire l'ex-leader de Police, 64 ans au compteur, en conclusion de 3 jours de festivités placées sous le signe de l'éclectisme et du renouveau d'une scène musicale en perpétuelle évolution ? Qu'est-ce qu'un Daho, dont les tubes restent à priori inconnus de toute une génération représentée en force au sein du festival, peut attendre de ce festival si jeune dans l'esprit ? Comment espérer attirer du monde autour de la Grande Scène lorsque se présentera Seasick Steve, septagénaire aux mille et vies, de roadie de Janis Joplin à fabricant de guitare monocorde ? Pourtant, on ne peut que reconnaitre le talent unique de ces personnages inébranlables de la scène, plus que rock, musicale.

Monsieur Daho


Revenu sur le devant de la scène avec l'excellent Les Chansons de l'Innocence retrouvée, le pape de la new wave française, adulé par toute une génération de jeunes formations en devenir, avait dû retarder sa tournée dans l'Hexagone pour raisons de santé. C'est aux Eurocks que le grand Etienne orchestrait son retour en grandes pompes à grands coups de morceaux emblématiques, de nouveaux titres entêtants et de réinterprétations modernes, qui malheureusement, manqueront leurs cibles et ne trouveront pas grâce aux oreilles de festivaliers ahuris, passés à côté d'un monument de la chanson.
"Satori Pop Century" ouvre un concert aux allures de cure de jouvence pour cette renaissance sonore à la fois pop et disco, actuelle et décalée, joyeuse et magnétique. C'est tout de noir vêtu que l'angélique Daho assume 30 ans d'une carrière aussi variée que prolifique, où le culte "Tombé pour la France" côtoie les textes poignants de "La Peau Dure", le tout interprêté avec une envie flagrante se fracassant sur les mines moribondes d'un auditoire désappointé, décidémment pas au rendez-vous. La gêne sera d'autant plus grande lors des reprises acoustiques de "Week-end à Rome" et "Duel au Soleil" exécutées à toute allure afin d'abréger le supplice. Cruel pour un artiste qui se donnera jusqu'au dernières notes de "Bleu comme Toi", feignant ne pas sentir un malaise pourtant bien palpable et n'hésitant pas à honorer son groupe de musiciens comme ses prestigieux comparses, Gainsbourg et Dani, sur "Comme un Boomerang".
Etienne Daho était bien de retour en ce 4 juillet 2015. Son public, lui, devait être ailleurs...

Summer Fest, Sumner King


Il fut un temps, pas si lointain, où Gordon Sumner éclusait les stades du monde entier aux sons des hits de son groupe, Police, dont il était le maître incontesté. Compositeur de génie mais tyran despotique, Sting décide de poursuivre son oeuvre en solo, guidé par un talent certain et un ego un poil mégalo. Maintenant assagi, voilà trois années que Sting enchainent les tournées (Symphonycities Tour 2011, Back to Bass Tour en 2012, Sting & Paul Simon Tour 2015) et décide enfin de poser ses valises sur la presqu'île de Malsaucy pour conclure trois jours d'un festival en dents de scie. Lourde tâche qui incombe donc au britannique de clôturer les Eurockéennes 2015 avec une formation très proche de celle déjà observée sur la Back to Bass Tour (Le fidèle Dominic Miller à la guitare, batterie, violon, choriste et piano).
C'est avec une barbe bien fournie que le légendaire bassiste s'avance sur la Grande Scène et entonne son hit "If I Ever Lose My Faith In You", laissant imaginer que le répertoire ne sera pas trop emprunté à son glorieux groupe passé. Mais face à un parterre intergénérationnel, le bassiste offre une dizaine de classiques du catalogue Police, éclusant toute la carrière du groupe, du presque punk "Next To You" au lancinant "Every Breath You Take", rallongé à outrances pour prolonger le plaisir d'une foule braillant ce refrain culte sans retenue. Ces interprétations des anciens tubes du groupe londonien sont par ailleurs très contrastées, certaines donnant lieu à des rythmiques endiablées et syncopées magnifiées ("So Lonely", "Every Little Thing She Does is Magic"), d'autres à de lisses orchestrations dont les refrains repris en choeur manquent cruellement de leur fougue originelle ("Roxanne"). "When The World Is Running Down" et ses mélodies obsédantes marquent un moment fort dans ce concert teinté d'une nostalgie mélancolique, où les titres solos de l'Englishman in New York se démarque par leurs influences variées ("Desert Rose") autant qu'ils pêchent par un usage abusif d'imporvisations jazzy peu pertinentes et plutôt ennuyeuses ("The Hounds Of Winter"). Même si son jeune violoniste explose son archet après un solo cacophonique sous les yeux ébahis d'auditeurs peu enclins à ce genre de performances, l'intention de mettre en avant ses musiciens, aussi louable soit elle, s'avère peu convaincante et on perd vite le fil d'un concert moins explosif que ce qu'il ne laissait présager.
On retiendra pourtant l'extraordinaire aura d'un Sting, heureux, professionnel, mystique qui tel un prophète aura même fait cesser les trombes d'eau s'abbatant sur Malsaucy au son d'"Heavy Cloud, No Rain". Tout un symbole.

Ciel blues


Histoire de pousser encore plus loin la diversité de sa programmation, Seasick Steve, 74 ans au compteur, bluesman inconnu du grand public, arrive sur une Grande Scène surchauffée en ce jour 2, où l'attend bon nombre de curieux. Il faut dire que le bonhomme est aux antipodes des petits rockers formatés en slim et blouson de cuir, préférant un vieux débardeur trop large, un jean de garagiste et une casquette John Deere, affichant ses tatouages autant que sa longue barbe grise se dessinant autour d'un sourire malicieux. Avec un capital sympathie appréciable, le bougre entame un set brut et simpliste, accompagné d'un seul batteur, appuyant une fois de plus la suprématie de la formation duo sur toutes les autres. Pas de révolution mais un style certain et des guitares improbables sorties de l'imagination du vieux briscard, dont une au corps de planche à laver à une seule corde. Du propre aveu de son créateur, "c'est affreux et ça sonne terriblement mal", mais qu'importe, l'ancien roadie de Janis Joplin assure un show fun et loufoque, plaisantant avec un public jovial qui semble plus qu'apprécier les rythmiques binaires et les slides suintants de l'américain. En soi, un moment simple dans l'éxécution et entier dans l'intention, regonflant à bloc les amateurs de distorsion avant d'entamer le reste d'un samedi dépitant d'électro poussive et dénuée de sentiments.


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Commentaires
nanob, le 16/08/2015 à 18:44
Ben harper, un monument passé...inaperçu. et avec un son pourri. Prévisible ? je ne voyais pas ça comme ça.
Christine, le 09/08/2015 à 22:03
Intéressant votre édito!En tant que pionnière des Eurockéennes, je suis nostalgique de sa perte d'identité..moins de rock!!souvenir d'un show monumental de Page and Plant!On y va toujours pour l'ambiance joviale et la magie de la presqu'île.
Etienne, le 21/07/2015 à 16:59
Effectivement je n'ai entendu que du bien de Sleaford Mods. Pas facile de concilier ce show avec Christine & the Queens, qui fut une vraie révélation scénique. Et j'avais faim en plus... Car mieux que la raison, l'estomac nous dirige .
Fabc, le 21/07/2015 à 16:02
Manque à l'appel un show incroyable des run the jewels (manque de chance chevauchant pas mal les eagles of death metal. et la veille le show de sleaford mods.
Raphaelle, le 16/07/2015 à 11:52
Ça c'est du live report ! Merci pour ce compte-rendu très complet. Royal Blood et Daho et Thiéfaine en guest star... Tu as été gâté !
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Album de la semaine

Mark Lanegan


Straight Songs Of Sorrow


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A peine 7 mois après la sortie de l’excellent Somebody's knocking , revoilà déjà un nouvel album de Mark Lanegan, Straight songs of sorrow . Si les fidèles du vieux loup américain sont habitués à la régularité stakhanoviste de ses sorties, ce douzième disque solo (le sixième en 8 ans) revêt un caractère particulier, car il parait conjointement à son autobiographie, sortie aux Etats-Unis sous le nom de "Sing Backwards and Weep".

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