↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.

Bombay Bicycle Club


Clément, le 14/02/2020

Si vous vous intéressez à la Pop britannique, il y a de fortes chances que le nom Bombay Bicycle Club ne vous soit pas étranger. Les 4 anglais ont fondé leur groupe en 2005 et ont  pondu 4 excellents albums de 2009 à 2014, dont un dernier So Long See You Tomorrow ayant atteint la plus haute place du podium dans les charts britanniques. Après 5 ans de pause, le groupe est revenu récemment avec Everything Else Has Gone Wrong. Un disque bourré de fraîcheur déjà bien apprécié de Mathilde à la rédaction. Rencontre avec Suren (Batterie) et Ed (Basse) dans les locaux de Deezer.


AlbumRock : Pourquoi tant de temps? C’est la première fois que vous faites une telle pause entre deux albums si je ne me trompe pas.


Suren: Oui c’est vrai qu’en particulier entre notre 2nd et notre 3ème album il y a eu très peu de temps, comparé aux délais habituels de notre génération. Et nous avions pris un peu plus de temps entre le 3ème et le 4ème. Nous avons commencé le groupe lorsque nous avions 15 ans et nous fêtions nos 10 ans ensemble lorsque nous avons sorti notre dernier album. Ca nous a paru être le moment parfait pour faire un break. Découvrir la vie en dehors du groupe, rencontrer de nouvelles personnes… C’est un peu comme une relation amoureuse.


Ed: Exactement. Allez voir ailleurs quelque temps avant de revenir (rires). Il y a eu un break de 4 ans en tout. Hors du groupe je veux dire. Ca a été un peu plus court dans les coulisses car nous avons  pris le temps de travailler sur ce  nouvel album l’année dernière. Donc nous avons pris 3 ans en fait. Nous avons tous pris ce temps pour faire des choses que nous voulions tous faire, mais n’avions pas le temps de faire. J’ai sorti un album de mon côté, Jack a sorti un album de son côté, Suren est parti jouer en session pour d’autres personnes et Jamie est allé à l’université. Nous avions besoin de faire toutes ces chose pour nous. Pour réaliser que ce que l’on avait avant était spécial et que nous voulions le faire à nouveau. Je pense qu’à la fin de l’année 2014 nous étions fatigués et nous avions vraiment besoin de ce temps là.


AR : Comment vous sentez-vous en ce qui concerne les attentes de cet album? (ndlr: l’interview avait lieu avant la sortie)


S: C’est assez impossible à prévoir, vraiment. La seule chose sur laquelle tu peux te concentrer c’est de  faire quelque chose dont nous sommes fiers. Et je pense que nous avons fait quelque chose dont nous sommes fiers.


E: J’adore cet album! Bien sûr que tu t’attends à ce que je te dise ça, c’est le notre. Mais honnêtement, j’ai le sentiment que nous avons fait le disque que j’écouterais le plus aujourd'hui si un autre groupe le sortait. Particulièrement avec les 3 premiers albums… puis le 4ème… nous avons fait des choses très différentes donc je pense que nous nous sommes un peu débarrassés de toute sorte d’attente. Je ne pense pas que les gens s’attendent particulièrement à quoique ce soit. Le dernier était un album plus électroniques là où les 3 premiers étaient clairement centrés sur la guitare. Je pense que les gens attendent l’album mais ne savent pas à quoi s’attendre et je pense que c’est une situation assez confortable pour nous. Parce que si t’es genre… les Arctic Monkeys, qui est un groupe que j’adore au passage, tout le monde sait que ton album sera centré sur la guitare puisque tous leurs albums sont centrés sur la guitare. Donc ils se sont créés ce genre d’attentes.


AR: Oui. Sauf pour le dernier… (rires)


E: Oui c’est sûr pour le coup ils l’ont vraiment sorti de nulle part. Tout le monde était genre « Mais c’est quoi ça p*****? »


AR: Le 1er single « Eat, Sleep, Wake (Nothing But You) » est clairement dans la veine du dernier album. Mais le reste est très différent. Vous avez toujours une certaine signature du groupe qui est présente mais le ressenti global est très différent. Est-ce que c’était prémédité? Une intention particulière?


E: Je ne pense pas que c’était particulièrement planifié. On avait cette chanson… et tout ceux à qui on la jouait disait « C’est clairement un morceau typique de BBC ». Et je pense que nous étions enclins à revenir avec un morceau qui amènerait cette sorte de nostalgie vis-à-vis de nos précédents morceaux. Comme tu le dis, les autres chansons sont très différentes et je pense que ça aurait été une erreur de nous annoncer avec celles-ci. Tu dois un peu reprendre le groupe là où tu l’as laissé sinon ça risque d’être bizarre.


S: Oui le single a clairement été choisi pour ça. Même si on avait pris plus de risques avec « Carry Me » sur le dernier album ou encore « Shuffle » sur l’album précédent. L’avantage de « Eat, Sleep, Wake » c’est que le morceau sonne vraiment… « nous », tout en ayant cette aura de fraîcheur et de nouveauté. 


E: Jusqu’à ce qu’on les déçoive tous avec le reste du disque (rires). Moi je l’aime beaucoup cette différence du reste de l’album.


S: Je pense qu’il est plus proche de notre 3ème album. J’ai le sentiment que l’on a re-connecté avec nos racines autour de la guitare. Car le dernier album était très électronique avec beaucoup de samples. Dans celui-ci on garde des composants électroniques mais la guitare est plus présente. Ce que j’aime beaucoup.


AR: Comment compareriez-vous cet album aux précédents au niveau de la section rythmique? En quoi votre travail a été différent ici?


E: Lorsque nous avons enregistré le premier album, nous l’avons fait en live. Nous 4, dans un studio. En allant vers des composantes un peu plus électroniques sur les suivants, on a commencé à enregistrer chaque instrument séparément. Et parfois la basse n’était même pas jouée à la basse mais au synthé. Sur cet album nous sommes vraiment revenus à l’enregistrement live avec un son plus authentique. Et je pense que ça s’entend vraiment. C’est moins rigide.


AR: Oui. J’aime croire qu'avec l’enregistrement live tu ne captes pas seulement le son mais aussi l’émotion dans le jeu.


E: C’est exactement ça. Et tu peux entendre tout ça sur cet album. Ce qui n’était pas arrivé pour nous depuis le premier. Et j’en suis très content. Le côté électronique était un choix artistique qui avait du sens pour nous à ce moment. Mais on a voulu revenir à ce côté plus organique.


AR: Je vous ai vu pour la première fois au Werchter Festival en 2014 et j’ai été obsédé par votre musique depuis. Elle dégage un côté très « feel good » débordant d'authenticité et je me suis même retrouvé à recommander votre musique à mon entourage lorsqu’ils traversent des journées un peu plus difficiles. Est-ce que cette énergie positive vient d’un effort conscient et pré-médité de votre part?

 

E: Je ne pense pas que ce soit intentionnel. Ca vient assez naturellement dans le processus d’écriture de Jack. Je pense que, surtout avec So Long See You Tomorrowon voulait faire une musique débordant d’énergie que l’on pourrait défendre sur scène avec cette même énergie. Ca pour le coup c’était intentionnel. Le reste n’est pas vraiment intentionnel. Ca vient naturellement. 


AR: Votre nouveau-né a toujours cette énergie pour le coup mais il adopte un format moins « radio ». Je trouve que l’ensemble est plus « complexe » et les mélodies sont un peu moins directes et s’apprécient différemment. Qu’en pensez-vous?

 

S: Oui totalement. Sur les 2 albums précédents c’était très clair pour nous lorsque l’on devait définir les singles que l’on sortirait. C’était clairement des chansons plus Pop qui se démarquaient des autres et qui semblaient faites pour ça. La conversation a été moins facile sur cet album car il est plus homogène dans son style. Il n’y a pas d’équivalent de « Luna » ou  de « Shuffle » sur cet album par exemple. Je suis  d’accord avec ce que tu  dis. Je pense effectivement que les mélodies sont moins directes et que le disque s’appréciera différemment avec un peu plus de temps. Personnellement je préfère cette approche un peu plus long terme. 


AR: Quel est votre morceau préféré de l’album et pourquoi?


S:  Hum… ma chanson préférée serait probablement « Worry Bout You ». Oui, les deux que j’aime le plus écouter sont « I Worry Bout You » et « I Can Hardly Speak ». Je suis d’ailleurs peut-être le seul pour celle-là.


E: Personne ne l’aimait celle-là (« I Can Hardly Speak »). On a dû se battre avec Suren pour qu’elle soit sur l’album. C’est drôle parce que ça doit bien faire 4 ou 5 ans que nous avons la démo du morceau. Ils se sont tous lassés mais on n’a pas lâché. Et la voici (rires). Mais elle était vraiment  partie pour ne pas figurer sur l’album et même ne jamais être enregistrée.


S: Une autre différence c’est que nous avons toujours su exactement en avance quels morceaux apparaîtraient sur chaque disque. Et nous avons uniquement enregistrées celles-ci en studio. Pour cet album c’était beaucoup moins évident. On avait créé un « pool » de chansons avec lesquelles on allait expérimenter en studio avant de les sélectionner. Je suis très content de ce qu’on a fait avec « I Can Hardly Speak » et maintenant tout le groupe l’adore. Donc oui, celle-ci et « I Worry About You » parce  que je trouve que c’est la plus  intéressante à la batterie.


E: Suren nous l’a pondu en une seule prise!


S: Oui j’ai un peu tout déchiré sur ce coup-là… (rires)


E: A chaque fois qu’on l’écoute il fait le fier (rires).


AR: Quelle est votre relation avec Paris? Vous venez souvent avec le groupe? Ou même hors du groupe? Des adresses à recommander en particulier?


S: Pas assez souvent à mon goût! De manière générale on n’a pas beaucoup joué en France…


E: Je viens au moins une fois par an en ce qui me concerne, sans le groupe. J’étais ici en Août dernier avec un ami et c’était tellement bien. J’adore le système de trottinettes électriques ici, ça change totalement la façon de profiter de la ville plutôt que de faire 30 minutes de métro à chaque fois! Là ça nous prenait que 10 minutes pour aller d’une galerie à une autre et je crois bien que ça a été mon meilleur voyage à Paris. C’est vraiment proche de Londres et je trouve ça génial de pouvoir venir aussi facilement. Ca fait longtemps qu’on n’a pas joué ici… On n’avait joué… comment s’appelait la salle?


S: Hum… Maroquinerie?


E: Oui celle-là. Il y a 5 ans. Et c’est la dernière fois que nous avons joué ici.


S: A chaque fois que je viens à Paris c’est pour un concert et je me dis toujours que je devrais rester un peu plus pour visiter et profiter de la ville.


E: Je suis un gros fan du Palais de Tokyo. J’adore cet endroit! J’y vais à chaque fois que je passe à Paris avec le centre Pompidou aussi. Je préfère ces endroits aux classiques comme le Louvre. J’aime beaucoup venir dans des clubs de Jazz aussi où les gens dansent sur de la musique Live. Il y avait ce bar… C’était un nom comme « Le Chat Noir ». Mais ce n’était pas « Le Chat Noir » (rires). 


Bombay Bicycle Club jouera pour la première fois en 6 ans à Paris au Trabendo le 22 Mars. Un grand merci à eux ainsi qu’à Ephélide et Deezer pour l’organisation de cet interview.

En savoir plus sur Bombay Bicycle Club

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Album de la semaine

Mark Lanegan


Straight Songs Of Sorrow


"

A peine 7 mois après la sortie de l’excellent Somebody's knocking , revoilà déjà un nouvel album de Mark Lanegan, Straight songs of sorrow . Si les fidèles du vieux loup américain sont habitués à la régularité stakhanoviste de ses sorties, ce douzième disque solo (le sixième en 8 ans) revêt un caractère particulier, car il parait conjointement à son autobiographie, sortie aux Etats-Unis sous le nom de "Sing Backwards and Weep".

"
À lire également