↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.

Ozzy Osbourne


Collectif, le 30/11/2016

Bio 1ère partie : Ainsi naquit le Prince des Ténèbres

"Vade Retro Satan". Chaque été, le site de Clisson, sur lequel se déroule le Hellfest, est saccagé par une bande d’intégristes ignorants (pléonasme ?) qui souhaitent éloigner le diable de leur région. La musique metal reste aujourd’hui associée relativement souvent au diable et au satanisme, dans de nombreux cas à tort, dans de rares cas à raison, mais surtout à cause de tout un passif d’images ancrées dans l’imaginaire collectif. Depuis les Rolling Stones, les musiciens du rock et du metal se sont souvent amusés à mettre en scène leur proximité avec les enfers. Et dans ce petit exercice, le moins que l’on puisse dire, c’est que Black Sabbath et Ozzy Osbourne ont joué un grand rôle.

 

Tout au long de sa carrière, Ozzy Osbourne a incarné la scène metal, au point de devenir une personnalité dépassant de loin les frontières du genre musical pour s’exposer au grand public. Si de nombreuses histoires circulent à son sujet, toutes décrivant un personnage à la limite de la folie et d’une noirceur caricaturale, beaucoup découlent de fantasmes auxquels le temps et les ragots ont donné une ampleur croissante. Il fût pourtant un temps où le jeune John Michael Osbourne n’était qu’un gamin ordinaire de Birmingham, au sein d’une famille nombreuse dans une maison modeste où tout le monde se marche un peu dessus. La psychologie de comptoir dont nous sommes tous capables de faire preuve pourrait nous pousser à imaginer à un type aussi détraqué une jeunesse difficile, battu par son père, abandonné très jeune et livré à lui-même. Rien de tout cela. Si très vite il prend le pseudonyme de Ozzy, se plongeant déjà dans la peau de son personnage sans que son rôle ne soit encore écrit, le jeune Osbourne grandit de façon assez simple, foirant certes une bonne partie de son parcours scolaire (entre autres à cause d'une dyslexie) mais restant dans le cadre que ses parents lui fixent pour lui éviter de trop nombreuses dérives.

 

Ce qui ne l’empêche pas de sortir quelques fois du droit chemin. Une fois ses études terminées à 15 ans, Ozzy enchaîne quelques petits boulots. Ouvrier, comme son père, abatteur de vaches, mais aussi cambrioleur. La sévérité de son père va jusqu’à le laisser pourrir en prison pendant plusieurs semaines après qu’il ne se soit fait attraper pour ses activités illégales, histoire de lui faire comprendre la leçon. Une leçon à la dure qui calmera les ambitions criminelles du garçon, qui va par la suite développer sa fibre artistique.

 

Comme l’histoire de son enfance, celle de ses débuts sur scène vient prendre le contre-pied du mythe Ozzy Osbourne. De son propre aveu, le "She Loves You" des Beatles est le premier déclic qui le conduit à la vie de rock star, lui qui s’était déjà essayé au théâtre. Rare Breed est la première formation qui lui donne sa chance alors qu’il n’a que 19 ans. Une belle expérience de deux soirs, avant que le groupe ne se sépare. Coup de bol, l’expérience Rare Breed lui permet de rencontrer Geezer Butler, bassiste qu’il traînera dans son sillage jusqu’à Black Sabbath. Un premier couple donc, qui en rencontre un second. Dans le même temps, le groupe Mythology se sépare lui aussi, laissant également un duo à la dérive : Tony Iommi/Bill Ward.

 

Cette façon dont Butler fait le lien entre Ozzy et le duo Iommi/Ward fait de lui un personnage central de l’histoire pré-Sabbath, mais son influence sur cette machine satanique encore en période d’incubation ne s’arrête pas là. Nous aborderons bien sûr longuement dans ce dossier le sujet du rapport entre Ozzy et l’occulte Aleister Crowley, à travers son premier album en solo et le morceau Mr Crowley. Mais c’est Geezer Butler qui le premier s’intéresse dans son adolescence aux travaux de l’influent mage noir et initie le reste du groupe à des pratiques occultes. Et c’est là qu’intervient une des rumeurs les plus divertissantes entourant la naissance du Sabbath, celle qui voudrait que ce soit après une prétendue apparition démoniaque au pied de son lit (Sylvain Durif n’a rien inventé) que le nom de Black Sabbath se serait imposé. Ozzy était alors présent, le livre à l'origine de cette apparition étant le sien.

 

Lui aussi issu du milieu ouvrier de Birmingham, Iommi aurait pu ne jamais devenir musicien. Sa jeunesse à l’usine lui coûte deux phalanges de la main droite et l’éloigne des cordes, la pratique de la guitare étant devenue trop douloureuse. C’est l’exemple célèbre de Django Reinhardt qui le pousse à persévérer. Mais la gêne est trop grande. Tony Iommi prend alors l’initiative de se forger lui-même des prothèses qu’il s’enfile au bout des doigts, initiative parfaitement badass qui ne fait qu’étoffer la légende. Si le dispositif fonctionne, et a même évolué pour être aujourd’hui assez confortable, on ne peut nier l’impact que cet incident a eu sur la façon dont Black Sabbath a composé sa musique.

 

Quant à Bill Ward, son histoire personnelle n’a probablement d’intérêt que pour deux raisons : il est, comme tous les autres membres du groupe à l’époque, fan des Beatles, ce qui lui fait également un point commun avec une bonne moitié du globe. Et sa barbe sera l’une des plus grandes distractions de Iommi, qui s’amusera plusieurs fois à y mettre le feu. Point final.

 

Les quatre compères sympathisent donc assez vite, mais ne se tournent pas naturellement vers une musique vraiment heavy. Peut-être parce qu’ils en sont l’alpha et l’oméga du heavy, a posteriori, et qu’il leur est donc difficile de s’appuyer sur des influences à l’époque. La fibre blues rock de Iommi/Ward s’impose quand le quatuor met sur pied le Polka Tulk Blues Band, raccourci en Polka Tulk une fois débarrassé de ses deux membres supplémentaires qu’étaient Jimmy Phillips, ami d’enfance d’Ozzy et guitariste, et Alan Clarke, saxophoniste. La simple idée qu’un saxophoniste aurait pu participer à l’aventure Black Sabbath, ajoutant une douce touche de cuivre sur un titre comme Iron Man, peut prêter à rire ou à rêver.

 

Polka Tulk devient vite Earth, nom qu’Ozzy n’apprécie pas mais qui aura le mérite d’être le premier sous lequel le groupe va réellement fonctionner. Notamment grâce à l’appui de Jim Simpson, premier manager du groupe qui ouvre ses portes à Earth et constate leur succès auprès du public au sein de son pub, le Henry's Blues House. Deux derniers rebondissements viennent troubler la mise en route de Black Sabbath, le vrai-faux départ de Tony Iommi pour Jethro Tull entre décembre 68 et janvier 69, et l’ultime changement de nom, après avoir constaté qu’un groupe nommé Earth sévissait déjà en Grande-Bretagne. Avachi devant le film d’horreur Black Sabbath de 1963, Geezer Butler (encore lui le bougre) se fait la très importante réflexion suivante : "C’est étrange que les gens soient capables de dépenser autant d’argent pour voir des films qui font peur". Réflexion qui entraîne l’écriture de la chanson "Black Sabbath", et le changement de nom définitif du premier grand groupe de metal de tous les temps, théâtre de l’épanouissement de la personnalité pleine d’excès et de légendes d’Ozzy Osbourne alors âgé de 21 ans. Black Sabbath, nom qui s’appuie uniquement à l’époque sur cette idée du plaisir dans la peur, du côté sombre de tout à chacun finalement, tenté par les ténèbres. Capable de dépenser une dizaine d’euros pour sursauter pendant deux heures devant un amoncellement de jumpscares putassiers dans une salle de cinéma inconfortable, comme attiré par ces histoires maintes fois réchauffées d’exorcisme et de revenants. Capable de faire des centaines de kilomètres chaque année pour se rendre à l’ultime messe noire contemporaine de Clisson, où Satan, bien que marqueté comme jamais, est toujours un peu présent.

Erwan

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Album de la semaine

Pure Reason Revolution


Above Cirrus


"

La résurrection inespérée de Pure Reason Revolution, survenue en plein premier confinement, a maintenant laissé place à la perspective d’un groupe de nouveau pérenne, en témoigne cet Above Cirrus paru moins de deux ans après son grand frère - autant dire qu’on n’en espérait pas tant, et surtout pas aussi vite.

"
À lire également