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Ozzy Osbourne


Collectif, le 30/11/2016

Bio 4ième partie : et maintenant...

Début de siècle en roue-libre


Au moment où le millénaire s'éteint, la tirelire d'Osbourne scintille: le Ozzfest est un succès monumental, à tel point qu'Osbourne devient la première star du hard rock et heavy metal à dépasser les $50 millions de dollars de recettes liées au merchandising. Son dernier album studio Ozzmosis est même certifié double disque de platine juste avant le passage à l'an 2000. La consécration alors que toute la critique rock tire à boulets rouges sur l'incarnation désuète qu'est Osbourne à ses yeux. Le prince des ténèbres peut savourer son triomphe et décemment laisser voir venir. Sauf qu'il n'a pas envie.


En dépit de son succès, Osbourne traverse une fin de siècle musical compliquée. Pendant un temps, Zakk Wylde considère une offre des Guns 'N Roses pour remplacer Slash, fraîchement débarqué du groupe californien par le mégalo Axl Rose. Avant même d'avoir pu acter sa décision, Wylde est remercié par Ozzy, lui qui avait pourtant lancé la carrière de ce bûcheron de la six-cordes. S'en suit un jeu de chaises musicales incessant aboutissant à l'arrivée de l'ex-Metallica Jason Newsted au poste de bassiste, ce dernier remplaçant un certain... Robert Trujillo. Le cirque continue.


Un cirque prolifique puisqu'Ozzy publie en 2001 un Down To Earth très attendu - seul album avec Trujillo, sans composition de Wylde - défendu sur scène avec toute la subtilité et la finesse d'un Osbourne jouissant d'une popularité à la croissance sans faille. Il profite même de son passage en Asie, où il est adulé et vénéré comme un prophète en terre sainte, pour capter un live foutraque mais diablement efficace au Budokan, proposant par la même occasion une pochette aussi drôle que gênante...


Afficher l'image d'origine


Mais pour Ozzy, le temps de la rigolade avait assez duré...

Bonne et mauvaise fortune


Le 8 décembre 2003, le prince des ténèbres a frappé à la porte des enfers. Heureusement pour lui, personne n'a ouvert. Il est gravement blessé suite à un accident de quad dans sa campagne anglaise. En arrêt cardio-respiratoire juste après le choc, il est réanimé par son garde du corps avant d’être transporté à l’hôpital. Ne lui seront diagnostiquées que diverses fractures - une clavicule, une vertèbre et huit côtes, quand même - que cloueront au lit pour un bon moment, l'obligeant de ce fait à revoir ses projets avec Jason Newsted. L'ex-Metallica, peu enclin à patienter qu'Ozzy recouvre ses forces, s'en va chez les canadiens de Voivod. Osbourne l'artiste est contraint au repos, Osbourne le businessman - bien aidé par Madame - est pourtant lui au taquet.


Le 5 mars 2002 est lancée sur MTV The Osbournes, une série de télé-réalité dans la vie de la famille Osbourne, alors l'un des familles les plus riches d'Angleterre. Le voyeurisme de la chaîne américaine couplé au côté "thrash" particulièrement assumé de la famille détonne auprès du public et la série est reconduite pour 3 saisons supplémentaires, ce en dépit d'une réception critique particulièrement fraîche - ce dont Ozzy se moque éperdument évidemment. Apparaissant sous un côté déconneur mais aussi intime - sa dyslexie y est particulièrement marquée - et proche de ses enfants, Ozzy Osbourne réussit sa mue et ajoute une nouvelle dimension à son personnage, désormais connu des mélomanes avertis comme du dernier des nigauds américains avachi sur son canapé toute la journée.


Fort d'une popularité sans pareille - il a quand même interprété "Paranoid" à la garden-party du jubilé d'or de la reine Elizabeth II - Ozzy Osbourne est désormais une affaire qui tourne. Ses disques sont des succès publics - moins critiques - incontestables à l'image d'un Down To Earth adoubé disque de platine à peine deux ans après sa sortie. Ozzy se paie le luxe de battre un record assez improbable : pendant sa convalescence, il place pour la première fois l'un de ses singles - "Changes", un titre de Black Sabbath réenregistré avec sa fille Kelly - à la première place des charts britanniques. Une performance intervenue 33 ans après sa première apparition dans le top - à l'époque pour "Paranoid" de Black Sabbath - soit le plus grande période séparant l'arrivée dans les charts et le premier single n°1 pour un même artiste. Ozzy a de la ressource... Même les petits soucis de royalties l'opposant à ses anciens soldats de Blizzard Of Ozz -  Bob Daisley, Lee Kerslake et Phil Soussan -  finissent par se régler - en réenregistrant carrément les parties basse/batterie de l'album. Définitivement, Ozzy a plus d'un tour dans son sac et le prouve en remontant pour la première fois sur scène depuis son accident lors du Ozzfest 2004, au sein du Black Sabbath réuni, ouvrant le nouveau chapitre flamboyant d'une carrière revenue des enfers.

Retour en grâce


L'ombre du Sab' plane sur Osbourne depuis le début des années 90 et les quelques reformations éphémères organisés ci et là. Tout laisse à penser que Black Sabbath va se reformer et entamer une grande tournée mondiale. Et comme à chaque fois avec Ozzy, l'affaire capote, Iommi se fâche et part reformer le Sabbath MkII - avec Ronnie James Dio - sous le nom de Heaven & Hell, histoire de ne pas passer des mois au tribunal avec un Osbourne déjà passablement échaudé par ses tracas précédents avec Daisley. Pour les fans c'est la douche froide, et pour Ozzy une provocation perverse à laquelle il répondra sobrement mais non sans piquant: "Je souhaite le meilleur à Tony et Ronnie, même s'il n'existe qu'un seul et unique Black Sabbath". Voilà qui est envoyé.


Un peu paumé, Osbourne affiche son envie d’enregistrer à nouveau avec Zakk Wylde, ce que le brave bûcheron ne refuse pas bien que très occupé avec son groupe Black Label Society. La guerre inavouée entre l'ex-frontman de Sabbath et Heaven & Hell commence... Naît alors Black Rain, disque fondamentalement plus sérieux que ses prédécesseurs - c'est qu'Ozzy a entre-temps opéré un changement drastique d'hygiène de vie, rangeant les bouteilles au placard. Pire, la patte sonore du guitariste empreint fortement un album critiqué pour son manque de panache et sa connivence trop marquée avec un Wylde qui impose trop la signature de Black Label Society. Ozzy se résout à se séparer de Wylde et embauche un certain Gus. G - pas mauvais non plus le garçon - afin de redonner un coup de boost à une discographie convenue, sans réel coup d'éclat depuis No More Tears, voilà 15 ans déjà. Jamais avare d'un p'tit coup de com' provocateur, Ozzy annonce dans un premier temps un nouvel album intitulé Soul Sucka. Face aux réactions négatives des fans, il le renomme Scream - ce qui sied parfaitement au personnage - et renoue avec un certain succès critique. Mais en parallèle de son évolution discographique, Osbourne soigne de plus en plus sa légende, peaufine son image de gourou du rock 'n roll, utilise tous les moyens à sa disposition pour glorifier son patronyme.


Catalogue livré à Guitar Hero pour s'assurer la reconnaissance de la jeunesse, une épouse jury dans l'émission X-Factor, impeccable pour faire fructifier son capital sympathie et sa cool-attitude par procuration, autobiographie (I Am Ozzy en 2009) lancée en grandes pompes bourrée d'anecdotes "osbourniennes", réalisation d'un documentaire (God Bless Ozzy Osbourne en 2011) produit par son propre fils Jack - histoire de continuer dans la veine familiale si chère à l'Amérique puritaine, Ozzy - avec Sharon - lance une campagne de com' massive et cultive son image de frontman loufoque et inébranlable, revenu de toutes les addictions possibles pour se tenir droit devant son public encore en 2010 et déverser son hard-rock parfois efficace, souvent foutraque, toujours captivant. Au moment même où Heaven & Hell est orphelin de Dio, Ozzy Osbourne s'est forgé seul la carrure d'un mythe intergénérationnel.


Autant dire que la réunion de Black Sabbath annoncé en 2011 pour un dernier album et une tournée mondiale n'en aura que plus d'ampleur...

God Bless Ozzy


Ozzy Osbourne est un chanteur sans pareil, défiant la chronique, créant des polémiques incessantes - véridiques ou pas, tel est l'apanage des légendes - dont chaque amateur de rock a entendu et entendra parler encore pendant des décennies. Si sa discographie solo n'est charpentée que par un voire deux disques majeurs (Blizzard Of Ozz et No More Tears), il a participé autant à la réussite de Black Sabbath que ses acolytes Iommi, Butler et Ward. Preuve en est le souvenir modéré des efforts sans le prince des ténèbres derrière le micro. Combinant à merveille ses qualités d'orateur et son humour à sa fonction de vocaliste, Osbourne a redéfini les codes du "bon chanteur de rock" s'affranchissant d'une réussite vocale obligatoire au profit d'un style décomplexé et instinctif. Il n'existe aucun chanteur de rock comme Ozzy Osbourne. Il n'en existera jamais d'autres. Et c'est tant mieux.


God Bless Ozzy Osbourne


Etienne

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