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The Cure


Collectif, le 09/01/2017

Historique: retour sur l'épopée The Cure

De l'obélisque au remède


L'histoire des Cure commence en 1973 avec la formation d'un groupe de lycée baptisé The Obelisk à la Notre Dame Middle School de Crawley, dans le Sussex. Emmené par Marc Ceccagno à la guitare lead, l'Obélisque embarque également Michael Dempsey à la guitare rythmique, Alan Hill à la basse, Lol Tolhurst à la batterie et Robert Smith au piano. À cette époque première, Smith est loin d'être un moteur de son groupe. Guitariste de formation, ayant étudié auprès d'un professeur classique, il préfère continuer tout seul en apprenant d'oreille les pop songs des Beatles, des Stones, de Jimi Hendrix, de Cream ou de Captain Beefheart. Impressionné par les talents de pianiste de sa jeune sœur Janet, il travaille d'arrache pied durant toute son adolescence afin de prouver aux autres membres de sa famille qu'il est lui aussi capable d'exister musicalement.


Mais The Obelisk fait long feu, et Ceccagno entraîne Smith (qui passe à la guitare) et Dempsey (qui passe à la basse) dans un autre projet, Malice, avant de s'en aller lui-même rejoindre Amulet, une formation s'adonnant à une fusion rock-jazz. Orphelins de leur leader, les deux membres restants, vivement influencés par le punk alors en pleine explosion, convainquent Tolhurst de se rallier à leur cause tout en embauchant Porl Thompson comme lead guitarist. Reste un problème récurent depuis les débuts de The Obelisk : l'absence de chanteur. Les divers essais effectués avec pléthores de vocalistes n'ayant convaincu personne, c'est finalement Smith qui, bien que détestant sa voix, accepte de prendre place derrière le micro. Rebaptisé Easy Cure, le quatuor enregistre quelques démos avec le label Allemand Hansa Records, avant que Thompson ne soit viré du groupe pour désaccord artistique. À effectif réduit, patronyme réduit : Easy Cure devient tout simplement The Cure. Nous sommes en mai 1978.

Trois garçons imaginaires tuant un arabe


Le trio se met au travail et accouche d'une cassette de démos qu'il s'empresse de distribuer à la dizaine de majors ayant pignon sur rue en Angleterre. Et c'est un certain Chris Parry, de chez Polydor, qui finit par mettre le grappin sur les anglais. Sentant qu'il tient avec The Cure un jeune groupe prometteur mais encore malléable, il les fait signer sur Fiction Records, petit label dépendant de Polydor qu'il vient tout juste de créer. C'est le single "Killing An Arab" qui est en charge de tester l'hypothèse Cure auprès de la jeunesse anglaise, essai bien vite concluant malgré une polémique entourant le nom du titre jugé raciste - bien que les paroles soient explicitement inspirées du roman d'Albert Camus, L’Étranger. Parry s'adjoint les services du producteur Mike Hedges (jeune lui aussi) en lui demandant de façonner le son du groupe. En résulte un premier album, Three Imaginary Boys, qui rencontre un franc succès dans les bacs - pour un groupe alternatif -, même si Smith, Dempsey et Tolhurst n'ont absolument aucun contrôle sur le disque en terme de choix de tracklist, d'artwork ou de direction artistique. À ce stade, The Cure prouve néanmoins qu'il est capable de tracer sa propre voie au sein de la mouvance post-punk avec son rock mélodique, mi-indolent mi-râleur et doté de lignes instrumentales sèches et aérées, comme en témoignent notamment deux singles stand alone commercialisés quelques mois après l'album, "Boys Don't Cry" - qui deviendra le plus gros hit radiophonique de Smith & Co -, et "Jumping Someone Else's Train".

Des Buzzcocks aux Banshees


Alors que le groupe assure la première partie de Siouxie and the Banshees, Robert Smith est amené à dépanner ces derniers en remplaçant leur guitariste, John McKay, après que celui-ci ait quitté le groupe. Cette expérience est un électrochoc pour le jeune Smith qui voit dans l'orientation musicale des Banshees une voie à suivre : plutôt que d'être à la tête des "Beatles punk", il souhaite orienter son projet musical vers des tonalités plus sombres et dépressives. S'ensuit une réorganisation au sein du groupe : puisque Dempsey n'apprécie pas ses nouvelles compositions, il se voit remercié manu militari tandis que Simon Gallup (Magspies) le remplace à la basse, suivi par son bandmate Matthieu Hartley aux claviers. L'apport des deux compères devient essentiel au son Cure de l'époque, les lignes de basses du premier se faisant plus rondes et simples tandis que les nappes de claviers du second apportent un côté rêveur à l'ensemble. Smith, quant à lui, assume de plus en plus sa voix cassée et sciemment irritante. Devenu quatuor, le groupe renouvelle sa confiance à Mike Hedges et s'assure d'un contrôle total sur ses futures créations.

Seventeen Seconds / Faith / Poronography, le trio gothique


Avec Seventeen Seconds paru en 1980, c'est un tournant qu'entament les Cure : plus pessimiste et aérien, l'album coproduit par Smith et Hedges fait sensation dans la presse, les journalistes ventant la capacité d'un si jeune groupe à changer à ce point de style. Fort de ce succès, le quatuor s'embarque dans une tournée mondiale et notamment américaine, ayant au préalable commercialisé chez l'Oncle Sam l'album Three Imaginary Boys auquel s'ajoutent les deux singles indépendants sous le nom de Boys Don't Cry. Pourtant, à l'issue de cette série de concerts, Hartley jette l'éponge car il sent que la musique du groupe s'engage dans une veine trop dépressive à son goût.


Il ne croit pas si bien dire : réduit à un trio, The Cure signe l'année suivante Faith, deuxième disque dit "gothique" de la formation qui prolonge la veine morose de Seventeen Seconds. En parallèle, le look de Robert Smith entame sa lente transformation, le chanteur-guitariste  laissant pousser ses cheveux en bataille et affinant ses maquillages de scène. Jugé sophistiqué et moins accessible par la presse, Faith se vent bien et confirme l'ascension du groupe dans les charts. C'est surtout avec Pornography, en 1982, que The Cure enfonce le bouchon dans la noirceur tant en terme d'ambiance que de textes qui versent dans l'existentialisme, le nihilisme et la misanthropie, et cette fois-ci, une partie des journalistes musicaux sont laissés sur le carreau. Délaissant Mike Hedges au profit de Phil Thornalley à la production, beaucoup moins immédiat que ses prédécesseurs, Pornography, de part ses tonalités crépusculaires, gagnera ses lettres de noblesse sur le long terme auprès des fans.

Nécessaire transition vers le succès


Suite à la tournée soutenant ce quatrième album, des tensions éclatent dans le groupe et Simon Gallup claque la porte, excédé par sa relation conflictuelle avec Smith. Les Cure sont mis en standby tandis que le frontman rejoue les seconds couteaux pour Siouxie and the Banshees et enregistre avec eux leur plus gros single ("Dear Prudence") ainsi qu'un album (Nocturne), allant même jusqu'à entamer un side project baptisé The Glove avec le guitariste Steven Severin. C'est également à cette époque qu'il se sensibilise aux pédales d'effet, ce qui aura une conséquence directe sur son écriture et sa façon de travailler. En parallèle, Chris Parry, le patron de Fiction Records, convainc Smith de ne pas saborder les Cure et de réinventer un nouveau style. Tolhurst délaisse la batterie et passe au synthé, et sous cette forme de duo, le groupe sort quelques singles plus légers qui rencontrent un succès d'estime. Cela n'empêche pas Smith de redonner sa chance aux Cure et de s'atteler à l'écriture d'un nouveau disque après avoir pris ses distances avec le groupe de Siouxie Sioux.


Paru en 1984, The Top voit Smith écrire, composer, chanter et interpréter tous les instruments à l'exception de la batterie qui incombe à Andy Anderson, Thornalley étant reconduit à la production et devenant même le nouveau bassiste du groupe en concert. Album de transition, The Top confirme la percée des Cure dans les charts, ce qui n'empêche pas Anderson de se faire virer pour destruction de chambre d'hôtel - il est immédiatement remplacé par Boris Williams - et Phil Thornalley d'abandonner pour cause d'épuisement. Au même moment, miracle : Simon Gallup semble avoir décidé d'enterrer la hache de guerre avec Robert Smith : il est réintégré sur-le-champ comme bassiste. Dans le même temps, Porl Thompson, dégagé du groupe à l'époque Easy Cure, a repris du service en jouant de la trompette sur The Top et se tient prêt à redevenir membre à part entière des Cure. Un nouvel album est donc mis en chantier avec les deux nouvelles recrues, et un an plus tard, The Head On The Door voit le jour. Parvenant à réaliser la synthèse entre le côté sombre et le nouvel idéal pop de Smith, le disque accroche la septième place du top anglais et se hisse dans le Billboard Hot 100.

Désintégration avant mise en orbite


Et les disques s'enchaînent : Kiss Me Kiss Me Kiss Me en 1987 - double album sur vinyle et K7 mais simple album sur CD, le titre "Hey You!!!" manquant à l'appel sur ce dernier support pour cause de durée max de 74 minutes -, et Disintegration en 1989, déjà le huitième album des Cure. Ce dernier est un triomphe : 3ième des charts anglais, 12ième du Billboard, il s'écoulera à près de 3 millions d'exemplaires de par le monde, grâce à des singles comme "Lullaby", "Lovesong" ou "Fascination Street". Un magnum opus dans toute sa puissance qui, cependant, porte bien son nom, car l'ambiance dans le collectif anglais semble se briser sur la digue du succès. Robert Smith, conscient d'avoir changé de statut, regrette de n'être plus qu'à la tête d'un groupe de stadium rock - les Cure vont notamment se produire au Dodger Stadium de Los Angeles devant 50.000 personnes - et de ne plus entretenir des relations aussi saines qu'auparavant avec ses bandmates.


Déjà Lol Tolhurst avait fini par se faire dégager du groupe durant le processus d'enregistrement de Disintegration pour cause d'alcoolisme, et son successeur, Roger O'Donnell, se fait la malle un an plus tard (remplacé aux claviers par Perry Bamonte). Tolhurst assignera The Cure en justice l'année suivante pour spoliation de royalties, mais il n'obtiendra pas gain de cause. Cette même année 1991 voit Robert Smith and co obtenir le British Award du meilleur groupe anglais. Le neuvième LP du groupe, Wish, arrive dans les bacs le 21 avril 1992 et lui permet d'obtenir son premier n°1 dans les charts anglais. À ce stade, et malgré la percée du grunge, on voit mal ce qui pourrait stopper l'irrésistible ascension des Cure.

Décélération et fleurs de sang


Smith sonne le rappel des troupes en 1994. Nouveau changement de line-up : Thompson s'en va jouer avec Robert Plant et Jimmy Page, Bamonte le remplace à la guitare, Roger O'Donnell réintègre l'effectif et remplace Bamonte aux claviers (reprenant ainsi la place qu'il tenait sur Disintegration) et Boris Williams abandonne les fûts à Jason Cooper. Le nouveau quintette, en attendant que Gallup récupère de soucis de santé, met deux ans à accoucher d'un nouveau disque. Problème, Wild Mood Swings est fort mal reçu par la presse et les fans. Le disque se vend nettement plus mal que ses deux prédécesseurs, même s'il flirte tout de même avec la dixième place des charts anglo-saxons.


Sentant que la fin des Cure pourrait être proche et ne souhaitant pas finir sa carrière sur un échec, Robert Smith prend tout son temps pour donner une suite à Wild Mood Swings. Fort d'un effectif inchangé, le frontman entend revenir à une tonalité plus sombre, essayant ainsi de créer une sorte de synthèse entre Pornography et Disintegration et réalisant avec ces deux disques une espèce de trilogie idéale du style Cure. Sorti en 2000 après deux ans de gestation, Bloodflowers, retour aux sources entérinant la mainmise de la personnalité du frontman sur l'effectif (sa tête figure en gros plan sur la couverture), est globalement bien accueilli. Ce disque solde également le deal qui liait The Cure à Fiction Records, mettant fin à une collaboration de plus de vingt ans entre le groupe et le label.

Virage rock, compression d'effectif et rythme de croisière


Il faut attendre 2003 avant d'entendre à nouveau parler des Cure à l'occasion de leur signature chez Geffen. L'année suivante sort un disque éponyme qui affiche une tonalité plus heavy, les claviers d'O'Donnell se voyant réduits à leur portion congrue. Produit par Ross Robinson (Korn, At The Drive-In, Slipknot), The Cure, enregistré dans les conditions du live, séduit le public et redonne un coup de fouet à un effectif qui commence à prendre de l'âge. Dans la foulée de ce succès, Smith lance l'idée d'un festival itinérant à la manière du Ozzfest d'Ozzy Osbourne. Baptisé Curiosa, l'événement permet au groupe de se produire à travers tous les Etats Unis aux côtés de formations revendiquant leur influence Curesque comme Interpol, The Rapture, Mogwai, Muse ou Melissa Auf Der Maur. C'est cette même année 2004 que les Cure reçoivent des mains de Marilyn Manson un MTV Icon Award.


L'expérience The Cure incite Robert Smith à privilégier une approche plus rock de son projet musical, notamment en live. L'année suivante, il renvoie Roger O'Donnell et Perry Bamonte et réengage Porl Thompson. Trois autres années seront nécessaires avant que n'arrive dans les bacs le dernier émolument studio en date des Cure, 4:13 Dream. Initialement envisagé comme un double album, avec trente-trois titres enregistrés en tout, le disque ne contient au final que 13 morceaux considérés par Robert Smith comme étant les plus "enjoués" (avec les guillemets qui vont bien) du lot. Cette couleur musicale n'est pas celle qui plaît le plus chez les anglais, et l'album ne laisse pas un souvenir impérissable dans le cœur des fans. Quant à savoir si les morceaux plus sombres et lourds seront commercialisés, la question reste entière, même si quatre B-Sides ont vu le jour en 2009. Six ans plus tard, en 2014, Smith annoncera la sortie imminente d'un 4:14 Scream puis d'un 4:26 Dream contenant respectivement 14 et 26 morceaux issus de ces fameuses séances d'enregistrement. Aucun de ces deux recueils n'a vu le jour à l'heure où cette biographie a été écrite.


Depuis 2008, les Cure... tournent, encore et encore. Tout comme l'effectif de la formation. Thompson est parti, O'Donnell est revenu, ainsi que Lol Tolhurst avant que ce dernier ne s'en aille et ne soit remplacé par Reeves Gabrels (David Bowie, Tin Machine). Seul demeure depuis les débuts du groupe l'indéboulonnable Robert Smith, celui sans qui Nicola Sirkis n'existerait même pas, icône du goth, du glam et de la new wave post-adolescente qui, à bientôt 60 ans et malgré une substantielle prise de poids, arbore toujours son improbable coiffure en pétards et son truculent maquillage morbido-sexué. Inoxydables, les Cure ? Quand on voit leur enthousiasme et la façon avec laquelle ils font revivre en live leurs tubes désormais légendaires comme au premier jours ou presque, on ne serait pas surpris de les voir encore sur scène dans vingt ans...


Nicolas

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Commentaires
lolo05, le 27/02/2017 à 17:56
Bonjour, J'étais à Lyon deux jours plus tard à la Halle Tony Garnier. Vous résumez parfaitement les concerts de The Cure ... Dantesques !!!! Avec une passion et une émotion qui vous prend les tripes. Ces types sont des très très très grands ... Robert est est génie .... et d'une humilité à prendre en exemple. Trois heures de concert aussi, les musiciens étaient juste heureux d'être là, de jouer et de partager. Je les ai vu aux Eurockéennes de Belfort en 2012 ... idem.. trois heures de communion totale avec la foule... Un groupe rare et précieux.
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