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The Cure


Collectif, le 09/01/2017

4:13 Dream (2008)


2005, Robert Smith, seul membre originel encore présent dans cette formation britannique qu'est The Cure, se dit qu'il est temps pour lui de remanier son groupe. L'objet de ce remaniement est de revenir à une forme de power trio, permettant une simplicité des compositions, faisant ainsi ressortir le coté pop. Ce sont Roger O'Donnell et Perry Bamonte qui font les frais de cette lubie de Mr Smith. Mais n'étant plus à une contradiction près le voilà qui rappelle Porl Thompson. Cet homme de l'ombre a souvent été la variable d'ajustement des Cure, il a joué dans Malice, a participé à beaucoup des albums du groupe, a fait le musicien scénique, et a fait partie intégrante du groupe. Il faut dire qu'il est facilement joignable, il est marié à la soeur de Robert Smith, et sa propre soeur s'est unie à Simon Gallup. C'est donc à 4 qu'ils entament une tournée pour présenter un album qui sortira d'une manière assez originale.


Nous sommes en 2008, et le 13 de chaque mois, sort un single de cet album à partir de Mai. L'accueil des singles par les fans et le public est plutôt bon, les critiques sont quand à elles mitigées. Les références spécialisées trouvant le résultat décevant, alors que d'autres plus généralistes trouveront le résultat surprenant dans le bon sens du terme. Mais quel crédit apporter à des critiques qui avaient jugé après avoir écouté Three Imaginary Boys que The Cure serait un groupe qui n'irait jamais plus loin que ce premier album...


4:13 Dream est l'album qu'on n'attendait plus d'un groupe qui, 30 ans après ses débuts continue de nous chatouiller les oreilles. La plume de Robert Smith n'explore pas de nouveau registre, elle continue à nous conduire vers les méandres de l'esprit humain, le bonheur, la tristesse, les larmes, les besoins, les envies... le tout dans un contexte d'urbanisme sociophage, sous les yeux bienveillants d'une lune et de ses étoiles, où se perdent les ames des pauvres ères. Soyons clair le cocktail à la sauce The Cure n'a pas évolué depuis 30 ans mais c'est une des raisons pour lesquelles ce groupe nous touche autant.


"Switch" fait partie de ces titres très rock, très urbains où la boite à rythme simule les battements cardiaques. Les dissonnances de guitare rappellent "Fascination Street", la voix haletante de Smith nous ramène vers cette sensation de perte de repères, de course en avant. "Switch" sans être d'un tempo élevé, donne cette impression d'une chanson où l'on se fatigue à courir sans savoir où aller. Dans le même genre mais d'une qualité moindre, "It's Over". Ce titre a une très longue introduction comme sait les faire R. Smith. mais les couplets et refrains qui suivent se noient dans un ensemble trop brouillon. "Real Snow White" et son refrain très pop, vient avec des couplets percussifs nous amener sur les traces d'une version alternative de Blanche Neige très éloignée du conte de Perrault.


Cet album s'illustre surtout dans la qualité des morceaux pop. "This, Here, Then And Now With You" nous invite à suivre une ligne de basse vers un refrain calibré pour le chant désespéré de l'échevelé. "Underneath the Stars" introduit l'album avec une intro parfaite, si parfaite qu'il est impossible de la zapper. Les guitares lascives viennent caresser les toms de batteries et les chimes. Il est difficile de ne pas penser au titre "Woman In Chains" de Tears For Fears, mais le résultat de ce titre stellaire nous fait oublier toute offense, et si influence il y a, c'est plutôt un hommage auquel on assiste. En parlant d'hommage, il est difficile de ne pas penser à New Order en écoutant l'intro de "Reasons Why", le reste du morceau rappelle à nos oreilles quel est le groupe qui joue. En vraie ballade de bord de mer, "Sirensong" nous laisse un verre à la main, admirer les rayons du soleil qui font briller la mer à l'horizon.


Les morceaux les plus dynamiques de la galette sont "The Only One", un espèce de "Friday In Love", rappelant que tous les morceaux de The Cure ne sont pas forcément déprimants. Le travail de composition est intéressant et amène une fraicheur à l'album. Sur "Freakshow", on retourne au milieu des années 80 sans passer par la case départ, autant dire qu'on ne prend pas les 20 000 et qu'on se retrouve avec une coupe de cheveux taillée par le talent d'Edward the Scissorhands. Ce titre aussi curieux soit-il est une véritable machine à remonter le temps, amusant. "Sleep When I'm Dead" n'est pas un grand morceau, mais il a le mérite d'être original.


Par contre, celui qui se démarque par sa simplicité créatrice, et amène l'originalité qu'il nous manquait est "Hungry Ghost", tout est calibré pour donner un titre exceptionnel, la voix de Smith, les guitares bourrées d'échos. Si vous ne devez en écouter qu'un c'est celui-là que je vous conseille.


Mais si vous arrêtez là votre exploration de cet album, soyez conscients que vous passerez à côté d'un album qui regroupe tout ce qui a fait que The Cure est un super groupe. Celui qui était prévu pour un double album, celui qui a mis un terme au contrat avec Geffen met l'eau à la bouche de ceux qui l'ont écouté et réécouté. La dernière galette parue à ce jour, sans être un best-of est un recueil des meilleures recettes des Cure.


A écouter sans modération.


Stéphane

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Commentaires
lolo05, le 27/02/2017 à 17:56
Bonjour, J'étais à Lyon deux jours plus tard à la Halle Tony Garnier. Vous résumez parfaitement les concerts de The Cure ... Dantesques !!!! Avec une passion et une émotion qui vous prend les tripes. Ces types sont des très très très grands ... Robert est est génie .... et d'une humilité à prendre en exemple. Trois heures de concert aussi, les musiciens étaient juste heureux d'être là, de jouer et de partager. Je les ai vu aux Eurockéennes de Belfort en 2012 ... idem.. trois heures de communion totale avec la foule... Un groupe rare et précieux.
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