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The Cure


Collectif, le 09/01/2017

Live Report: les Cure à Paris le 15 November 2016

Devant un public parisien tout acquis à sa cause, le groupe culte ne s'est pas contenté d'une simple revue de catalogue. Non, les Cure ont donné une performance sur le fil, sensible et rageuse tout à la fois, à l'image du groupe qu'ils sont depuis la fin des seventies.




Mardi 15 Novembre, Palais Omnisport Paris Bercy (pardon, Accor Hotel Arena). Ici, un monsieur a des cheveux noirs corbeaux savamment ébouriffés et les yeux fardés de khôl. Là, un autre enfile une chemise blanche et une perruque noire, les lèvres peintes d’un rouge qui dégouline. Nous entrons progressivement dans l’ambiance : ce soir nous allons assistez à une grand messe comme seuls les groupes cultes peuvent en offrir. Des adultes cinquantenaires se mêlent aux trentenaires hipsters et aux jeunes adultes en total look gothique. Toutes les influences du groupe se retrouvent dans cette variété d’âge et de style. On vient à un concert des Cure pour se souvenir de sa jeunesse ou au contraire pour découvrir sur scène des titres vieux de plus de trente-cinq ans !


La première partie est assurée par les Twilight Sad. Les Ecossais ont bien du mal à motiver la vaste arène de Bercy. Pendant la pause, la salle se remplit : gradins et fosse sont bientôt combles et l’excitation monte progressivement. La rumeur de la foule enfle tandis qu’autour de moi, les spéculations sur la set list vont bon train.


Trève d’attente, voici le début du concert. Le batteur actuel, Jason Cooper, entre sur scène, puis le guitariste (Reeves Gabrels) et le claviériste (Roger O’Donnell), suivi de Simon Gallup à la basse et enfin Robert Smith, acclamé comme un héros pour une foule en délire. Ils ouvrent leur concert sur Open, extraite de Wish, de 1992. Débuter un concert par une chanson sur l’addiction à l’alcool : un tel pied de nez est typique des Cure. Le public reçoit la performance avec une chaleur teintée d’un peu de réserve. Les deux titres suivants sonnent tout aussi rock : All I Want, sur Kiss Me Kiss Me, et Push, tiré de The Head on the Door. Mais pour un groupe aussi populaire, il est étonnant de débuter un set par trois chansons qui ne font pas partie de leurs plus grands tubes (qu’ils ont pourtant à foison !). Il faut attendre le quatrième titre pour que Inbetween Days retentisse et que la foule pousse des hurlements de joie.


L’ensemble du concert est à l’avenant. Le groupe prend un malin plaisir à alterner entre succès planétaires et morceaux moins connus, mélangeant les périodes et les ambiances dans un véritable tourbillon. Une célèbre critique du Guardian les avait incendiés en les taxant de paresseux incapables de construire un show (disponibles ici en VO). Il est certain que présenté sous un tel jour, le concert ne fait pas vraiment envie. D’un autre côté, il est faux de ne voir en The Cure qu’un groupe gothique torturé. Après leur célèbre trilogie (voir le début du dossier), ils ont opéré un virage pop qui a permis de rencontrer le succès avec The Head on the Door et bien entendu Disintegration. Il est donc logique que leur concert reflète l’intégralité de leur carrière, dont le fil rouge est la voix de Smith, incroyablement bien conservée.


Seulement, on finit par s'inquiéter : Si le groupe joue des titres plus anodins, c'est qu'ils ne joueront pas classiques. Sinon on est là jusqu'au petit matin… Rassurez moi, ils ne vont quand même pas tous les faire ?


Eh bien si. Le groupe aligne ce soir-là, tenez vous bien, trois heures de concert avec deux rappels. A regarder la setlist de leur tournée, ça semble être le cas tous les soirs. Quelle générosité, quelle folie ! Les ritournelles incontournables (Lovesong, Just Like Heaven) côtoient un rock proche du grunge, très nineties (End) ou ambitieux comme du rock prog ( From The Edge of a deep green sea). La trilogie des débuts n'est pas oubliée en reprenant leurs trois titres phares. Après Primary étonnamment pop en début de set, la véritable claque de la soirée survient quand Smith rugit Doesn't matter if we all die tandis que One hundred years retentit comme un ouragan. Sur les écrans défilent des images de massacres telles qu'on les voit dans les livres d’histoire. Ce n’est pas du meilleur gout mais c’est efficace pour répandre le grand frisson de mort dont parle la chanson. Quant au premier album de la trilogie, il est le mieux servi avec un enchaînement magnifique : Play for today suivi de A Forest. Ce dernier titre est d’ailleurs mis en valeur par les jeux de laser verts ainsi que par l'interaction de Gallup qui nous tient suspendu à son outro minimaliste. Et tout Bercy de claquer dans ses mains en rythme, désireux de prolonger l'instant.


La fin du concert ressemble davantage à un best of. Les tubes s'enchainent et Robert Smith finit par lâcher sa guitare pour interpréter les chansons armé de son seul micro. On devine chez lui une timidité assez impressionnante, qu'on n'oserait à peine qualifier d’humilité. Le corps masqué par ses vêtements amples et noirs, ébouriffé et peinturluré, Smith est en retrait pendant la majeure partie du concert. De rares « mercis » et quelques prises de parole viennent parfois interrompre le tgv de titres qu'ils nous déversent dessus. Dans l'ensemble, le leader des Cure n'est pas un showman. En revanche, il est une icône. Sa voix est intacte, instantanément reconnaissable. La douleur et la souffrance charriées dans les chansons explosent littéralement sur scène. L'expressivité de sa voix prend aux tripes et il faut plusieurs chansons pour l'apprivoiser. Smith hypnotise, Smith fascine, Smith électrise la foule entière de sa seule présence. On a le vertige en réalisant qu’on a devant nous un bonhomme qui se met à nu devant 20000 personnes tous les soirs. Par intérêt financier, ricaneront les cyniques, mais la générosité du groupe est telle qu'un tel argument est bien vite balayé. On ne fait pas trois heures de concert tous les soirs uniquement pour payer ses impôts ! C'est Simon Gallup qui se charge de l'animation de la scène. Monté sur ressorts, le bassiste habillé comme s’il avait 20 bonnes années de moins arpente la scène pendant tout le concert, sa basse presque sur ses genoux.


Il faut reconnaître que l'acoustique de la salle, en tout cas dans la fosse, est plutôt satisfaisante. Même sans protection auditive, le son est clair et bien équilibré, quoique de plus en plus fort au cours du concert. J'ai été frappée par la richesse mélodique du répertoire des Cure et la qualité du son dans la salle n'y est pas pour rien. Il est rare d'aimer une chanson qu'on découvre en live et c'est pourtant ce qui s'est passé. Les six extraits de Wish m’ont transportée dans un autre monde et peu importe le temps qui passait. La richesse de leur musique se déployait dans la salle, accueillie par une foule en liesse.


Un concert just like heaven donc (non non cette blague n'a pas été déjà faite cent mille fois). Le signe distinctif d'un concert mémorable ? On continue de se plonger dans la discographie du groupe dès le lendemain, avide de nouvelles mélodies, un peu hagard, avec l'impression d’avoir vécu trois heures hors du temps.


Raphaëlle


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Commentaires
patroc, le 05/05/2017 à 17:40
Le groupe que j'ai vu le plus de fois en concert (6) et mon 1er concert aussi. Presque une vie! Un très grand groupe et un leader aussi simple qu'ultra charismatique. Un chef d'oeuvre (desintegration) et des albums tous différents (The head on the door, pornography pour mon triplé personnel..
patroc, le 05/05/2017 à 17:29
Desintegration. Comment dire? Un chef d'oeuvre, non?
lolo05, le 27/02/2017 à 17:56
Bonjour, J'étais à Lyon deux jours plus tard à la Halle Tony Garnier. Vous résumez parfaitement les concerts de The Cure ... Dantesques !!!! Avec une passion et une émotion qui vous prend les tripes. Ces types sont des très très très grands ... Robert est est génie .... et d'une humilité à prendre en exemple. Trois heures de concert aussi, les musiciens étaient juste heureux d'être là, de jouer et de partager. Je les ai vu aux Eurockéennes de Belfort en 2012 ... idem.. trois heures de communion totale avec la foule... Un groupe rare et précieux.


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