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Folk n' Rock


Collectif, le 26/06/2015

Rome : Nos Chants Perdus

Mai 2010


Il est un concept étonnant que celui de contemporanéité. Basiquement, il s'agit de tout ce qui nous est contemporain, donc de ce qui est produit à notre époque, dans les limites temporelles de l'époque. Sauf que la musique et l'art en général, s'amuse à empiler et détourner les concepts et leur offre des sens nouveaux. La folk contemporaine, par exemple, ne réunit pas tout les albums de folk de ces dernières années, mais uniquement ceux qui d'une façon ou d'une autre, s'extirpe du moule traditionnel par des innovations de toutes sortes, souvent par un aspect plus pop, par ailleurs. Ce qui, de fait, n'est pas le cas de toute la production folk actuelle, certains s'efforcent à batailler dans les bastions classiques, mais tout de même d'une très large majorité. Ce qui, de fait, a tendance à galvauder le sens de ce genre nouveau, car ce qui devait être l’exception est devenu la norme.


Mais pourquoi est-ce que je vous bassine avec tout ça, alors que je suis censé vous parler de Nos Chants Perdus, cinquième album des Luxembourgeois de Rome paru en 2010. Tout simplement parce que cet album, presque sans le vouloir, explore et renverse le concept de contemporanéité, marie un nombre incroyable d'anachronismes dans un patchwork définitivement moderne et, last but not the least, s'avère être d'une profondeur remarquable. Rome, surtout à partir de la fin des années 00, est devenu le trait d'union entre de nombreuses musiques pourtant antagonistes. La folk, donc, mais aussi les musiques industrielles, gothiques, et le métal. En empruntant ses inspirations à tous ces genres, ils ont su parler aux sensibilités de chacun et produire une folk à la fois poétique et guerrière, mélodieuse et puissante. Nos Chants Perdus est quasiment un album-concept, (comme au fond, tout leurs albums) chanté en anglais, ne vous fiez pas au titre, mais qui relate une certaine histoire de la Résistance et de la seconde guerre, en brossant un background d'une formidable densité. Entrecoupés de récits (en français, ceux-là), les titres relatent sans nostalgie mais avec une profonde émotion, des moments intenses de douleur, de peur ou, plus rarement, de joie.


Guitares acides, violons indolents, percussions poisseuses, mais surtout la voix de stentor de Jérôme Reuter, à mi-chemin entre le clown triste et le fabulateur qui grogne des paroles teintées d'Histoire, de quêtes personnelles et de destinées pourries. Le genre à vous faire perdre le goût à tout. L'album est d'une noirceur opaque, les yeux dans la boue et le cœur à l'ouvrage, il nous immerge complètement, nous enveloppe dans une période sombre en frappant directement au sentiment. Inutile de parler de certains titres en particulier, tant ils sont tous les chapitres égaux du même conte. Ils sont d'ailleurs façonnés selon les mêmes structures, celle d'un story-telling somme toute classique et d'une progression dramatique appuyée par l'insertion de nouveaux instruments. Allez, mention spéciale à la chanson de bal "La Rose et la Hache", crève-cœur à l'accordéon qui ouvre mine de rien une sacrée soupape et relâche la pression par son rythme plus enlevé, presque enivrant. Rien de fondamentalement contemporain donc, ni même pop, tant l'album se veut austère et intérieur. Et pourtant.


Oui, pourtant. Car à revisiter les recoins sombres de notre Histoire, à ériger en héros des pions quelconques et lâches, à faire la part-belle à la musique la plus simple qui soit, Rome a bâti un temple intemporel. Nos Chants Perdus est en dehors de tout, même de leur discographie, par son aspect volontairement folk et personnel, par son songwriting qui tranche avec les cathédrales indus des débuts et la rage contrôlée de la suite. Rétrograde dans ce qu'il raconte, commun dans sa façon de se délivrer, Nos Chants Perdus exalte l'humain qui est en nous, le place face à ses propres doutes et les pieds devant un vide abyssal. C'est en ça qu'il est contemporain. En sa faculté à se déshabiller totalement pour aller à l'essentiel, à être le vaisseau lent d'une émotion brute. Peu importent le décorum, l'esthétique, pourtant soignés, peu importent les structures résolument folk, seul le sentiment d'être au cœur de quelque chose de plus grand compte. 


Kévin


Commentaires
zawx1, le 07/04/2017 à 01:04
Il manque quand même Will Oldham.
james, le 01/07/2015 à 14:05
Merde...et Alela Diane, une gonzesse et une guitare!!!
Tom, le 26/06/2015 à 21:41
Tout le monde ne peut pas y être! mais Elliott Smith quand même !! ???
Sharvey, le 26/06/2015 à 10:55
Quel taf ! Bravo a l'equipe ! On va etre habitue a voir debarquer 20 nouvelles critiques comme ca dans une journee ? Sinon sur le contenu les Shins et les Coral seraient peut etre vexe de ne pas figurer dans les 22, mais c'est vrai qu'ils sont plutot du cote rock de la frontiere. Bon y a plus qu'a ecouter tout ce qui ne l'a pas encore ete !
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