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Les Contre-Victoires de la Musique 2021


Collectif, le 04/04/2022

C'est désormais acquis : avec son édition spéciale post-épidémie, le Hell Fest sera le plus grand festival français. Il est pourtant loin d'être généraliste, à l'inverse des multiples événements qui brandissent le mot "rock" dans leur nom sans proposer la moindre formation de ce genre, ou alors à la marge. Non, le Hell Fest se cantonne aux musiques saturées, du Hard-rock aux sous-genres les plus extrêmes. Il y a donc en France un public pour le rock au sens très large (Metal inclus), et le côté underground de cette musique n'est qu'une déformation due à une "construction (ou vision) médiatique" pour reprendre les termes du sociologue Patrick Champagne. 

 

Question en forme de corollaire : y'a-t-il une scène rock française qui réponde à l'existence de ce public ? A en croire les Victoires de la Musique, la France produit du rap (Orelsan), de la variété disco retro (Clara Luciani, Barbara Pravi) et de la chansonnette (Ben Mazué), mais guère de rock. On va être honnête, le palmarès est tout de même un peu plus glorieux que celui de l'an dernier qui brillait par sa médiocrité, mais enfin n'a-t-on pas des artistes d'exception au sein du rock français ? Gojira ne vient-il pas de faire paraître un nouvel album qui brille déjà à l'international ? Molybaron n'est pas ce quon peut appeler une "révélation", de même qu'Altesia et combien d'autres ? Le véritable problème est qu'on a ici affaire au service public : que les NRJ Music Awards négligent le rock et le Metal passe encore, c'est une usine à promotion pour les majors, mais France télévision ? Le pire est que cet angle-mort n'est sûrement pas lié à un mépris volontaire, mais encore une fois, aux conséquences d'une vision médiatique qu 'il participe à entretenir. Une (dé)génération spontannée qui joue contre la promotion de ce style musical dans sa version made in France

 

Alors avec un peu de provocation dans la démarche mais surtout de la passion dans la réalisation, nous vous proposons cette année encore des Contre-Victoires de la Musique consacrées à la scène rock française, divisées en plusieurs catégories allant du progressif au Stoner en passant par les déclinaisons métalliques. Nous y avons intégré nos coups de coeur issus de La Sélection, rubrique qui essaye de promouvoir les jeunes pousses ou les groupes de l'ombre qui font vivre le rock français. Bonnes découvertes, félicitations aux artistes présents dans ce dossier, et vive la France saturée !

 

Lauréats

L'album de l'année : le vote des lecteurs


Gojira - Fortitude : Propulsé à la troisième place de notre classement des meilleurs albums de l'année par les lecteurs (Albumrock Awards 2021), Gojira aura quoiqu'on en dise marqué de son empreinte l'année 2021. S'il faut bien reconnaître que la scène rock française - au sens large - peine encore à se distinguer à l'international face aux mastodontes anglo-saxons, une chose est sûre : personne sur cette planète n’ignore plus le nom de Gojira, en tout cas personne qui s’intéresse de près ou de loin au heavy metal. Près de vingt-cinq années de carrière ont permis aux landais de s’élever progressivement parmi les cadors du milieu, tout d’abord en conquérant l’hexagone, puis en s’exportant aux USA à compter du brutal The Way Of All Flesh, pour finir par exploser dans les charts en assouplissant leur formule extrême via un Magma qui les a fait réellement basculer dans la cour des grands. Les quatre hommes ont réussi à tranquillement imposer leur death metal psychédélico-progressif à la planète terre tandis que celle-ci dépérit de ses excès d’urbanisation mortifère. À l’heure de l’arrivée dans les bacs de ce septième album, la pertinence du discours furieusement écologiste du dinosaure atomique ne s’est jamais faite aussi acérée. Amateurs de gros son et de voix rocailleuses qui hurlent leur rage face à la destruction de la terre, ruez-vous sur le dernier Gojira.


 

Catégorie Rock


Johnny Mafia - Sentimental : Un punk garage plein de sens, puisque ces fantastiques four viennent de l'Yonne pour secouer le reste de l'hexagone. Ils auto-proclament Sens comme la capitale du monde, une chose est encore plus certaine: leur dernier album est une démonstration brillante de leurs talents et potentiels (aux accords) barrés. Sentimental est aussi ironiquement sauvage que mélodique. Incontournable pour les fans du genre.


Mad Foxes - Ashamed : Deuxième album pour les Nantais de Mad Foxes qui exposent toute l'étendue de leur savoir faire à travers 11 pistes de haute volée. À la croisée des chemins entre post-punk britannique et stoner américain, le trio porte fièrement son statut d'étoile montante sur la scène alternative française. Véritable démonstration de diversification, Ashamed, tout aussi authentique qu'ambitieux, devrait ravir les aficionado de bon gros rock à guitares. 


Dirty Black Summer - Great Deception : Dirty Black Summer c'est la réunion de cinq musiciens issus de différents groupes et horizons musicaux (black metal, hardcore ou encore stoner) qui ont décidé de nous replonger dans les 90's à travers une musique Grunge directement inspirée de Alice in Chains, Danzig ou Pearl Jam. La formation azuréenne propose ainsi un premier EP empreint de nostalgie qui ne se prive pas de son lot d'expérimentations plus personnelles, à l'image d'une étonnante reprise de "Wonanizer" de Britney Spears. Une très belle surprise à écouter sans modération.


 

Catégorie Rock progressif


Asia Minor - Points of Libration : le groupe franco-turc fait en 2021 un retour inattendu après deux albums très inspirés au tournant des années 1980. La direction reste la même malgré les années, entendre un rock progressif subtil, cotonneux, inspiré par Camel avec sa guitare cristalline. Le chant est en anglais mais il faut réserver une mention spéciale à "Radyo Hatirasi", un très bon morceau interprêté en turc. 


JPL - Sapiens Chapitre 2/3 : Deus Ex Machina : JPL, pour Jean-Pierre Louveton, revient avec un second volet pour son ambitieuse trilogie écologique et apocalyptique. Ceux qui avaient aimé l'album précédent, plus largement l'oeuvre de Nemo, c'est-à-dire un rock progressif musclé, virtuose et haut-en-couleur seront ici comblés. L'album prog' français de l'année. 


Nine Skies - 5.20 : c'est un tournant esthétique que proposent les membres de Nine Skies pour ce troisième album studio ; les grosses guitares et le néo-progressif presque metallique sont mis de côté au profit d'une musique presqu'acoustique qui papillonne dans divers styles, offrant ainsi un album varié et accrocheur. En outre, quelques invités surprises, et pas des moindres, sont de la partie ...


 

Catégrie Indie rock


Fantomes - It's Ok : Nous voilà de retour à l'âge d'or du rock indépendant, au beau milieu des années 90. Entre la fraicheur de pop-song pétillantes et l'urgence de titres grungy, le duo parisien vient nous cueillir avec panache et authenticité pendant 30 petites minutes. Un album urgent donc, aux riffs efficaces, essentiellement marqué par une alchimie électrique entre ses deux géniteurs. It's Ok constitue le parfait résumé de l'attitude indie rock "à la cool" des nineties et une nouvelle preuve de la pertinence du duo guitare/batterie, sans fioritures.


Bandit Bandit - Tachycardie : Un délicieux mélange entre Serge Gainsbourg et The Kills, voilà un résumé bien paresseux du second EP de Bandit Bandit. Tachycardie voit le duo lyonnais évoluer dans les très hautes sphères de l'indie rock au son d'une musique sauvage et chamanique et proposer de subtils détours psychédélique. On est tout autant saisi par la voix à la fragilité charismatique de Maëva Nicolas que par l'épaisseur glaciale des riffs de guitare distillés par Hugo Herleman. Si Bandit Bandit a ici privilégié la qualité à la quantité, le groupe redonne surtout une voix qui compte au rock indé français. 


Ponta Preta - Tits Up : "Tits Up est idéal pour une sieste comme pour un road trip au bord de l’océan au volant d’un van fracassé". Cette parfaite synthèse a été émise par le groupe lyonnais pour évoquer leur premier disque. Naviguant tranquillement entre rock psychédélique australien (Tame Impala, The Murlocs) et surf-rock californien (Allah-Las), les cinq musiciens font monter la température à coup de guitares blindées de reverb, de lignes de basse sautillantes et d'un chant aérien. L'album parfait pour accueillir le printemps comme il se doit.


 

Catégorie Rock instrumental


BRUIT ≤The Machine Is Burning and Now Everyone Knows It Could Happen Again : Au rayon des révélations de l’année, difficile de ne pas penser à BRUIT ≤. Après un EP séduisant en 2018 (Monolith), le quatuor de post-rock toulousain revient avec un premier long format hautement recommandable dont la qualité rappellera les meilleures réalisations de formations comme Godspeed You! Black Emperor ou encore Mogwai. Le groupe français va même jusqu’à tenter l’album-concept en imaginant différents cycles de l’humanité, entre apocalypses et renaissances. Très cinématographique, la musique de BRUIT ≤ favorise ainsi l’imagination en faisant naviguer l’auditeur entre ambiances épurées et grandes envolées post-rock à l’intensité crescendo. Oui, le monde est en train de bruler, mais ne passez surtout pas à côté de BRUIT ≤.


When Waves Collide - Chasm : Le rock instrumental est parfois difficile à appréhender pour les non-initiés. Rares sont en effet les groupes en mesure de rester captivant sur toute la durée d’un album et d’être en mesure de stimuler l’imagination de l’auditeur. When Waves Collide fait clairement partie de cette catégorie ! Ce jeune groupe parisien impressionne au détour d’un premier album présentant une production de haute volée et une incroyable maturité de composition. Avec une musique alternant entre le rock, le metal et des passages plus atmosphérique, les Français déploient un univers sonore passionnant durant lequel on ne s’ennuie pas une seconde. Vous n’aviez pas été attiré par la musique instrumentale jusqu’à présent ? CHASM pourra à coup sûr vous faire franchir le pas !


YMNK - Brighter : le rock bricolé qui déconstruit la baraque. Voilà un bref résumé essayant de décrire le projet d'Alexis Zbik. Ex membre de Shiko Shiko, il en a gardé l'hyperactivité curieuse, et bricole des synthés et autres boites à rythmes. On y comprend rien, lui oui, et c'est comme un savant fou de petites machines qui clignotent qu'il balance une bande-son bienveillante et lumineuse à base d'un (savant) mélange d'électro-math rock-pop. Véritable artisan du son, son album nous propulse vers des zones atmosphériques non encore découvertes. Du genre en haut du mont Fuji. Pas étonnant pour un fan du Japon. Ses pérégrinations musicales l'emmèneront en avril 2022 au printemps de Bourges où il y représentera les Hauts de France.


 

Catégorie Stoner


Grandma's Ashes - The Fate : Un vent nouveau souffle sur le Stoner hexagonal. Telle une brise puissante battant de nombreux paysages qui fertilisera une plaine désertique de tout nutriment charrié en route; Grandma's Ashes enrichit son Stoner aride de mille influences nourricières telles que le rock psychédélique 70's, le math-rock, le post-punk ou encore le grunge. Cadencés par une rythmique dont les changements de signature autorisent toutes les fantaisies ; les cinq titres de ce premier EP ne pourront pas laisser de marbre les allergiques au Stoner monocorde et lancinant.
Un road trip nerveux, généreux et maîtrisé de bout en bout.


Tremor Ama - Beneath : Oui Tremor Ama est un groupe Stoner, c'est indéniable. La décharge de fuzz distillée sur les cinq titres de Beneath, son premier album, ne laisse guère place au doute.
Toutefois, la formation, très consciente que la récitation scolaire des poncifs d'un genre aussi installé n'allait pas lui permettre de se démarquer, a fait des choix fort judicieux pour métisser son univers.
Le combo use sur ce disque d'éléments aussi bien empruntés au Post-Rock pour habiller ses intros feutrées, que de turbulences sludge pour dévergonder certains passages plus soutenus (on pense à Baroness); sans oublier ces moments d'apesanteurs magnifiés par un doom psyché à l'architecture hypnotisante.
Un dosage qui sur le papier peut s'avérer casse-gueule, mais dont la démonstration révèle une formation subtile et avisée dans ses choix artistiques. Un voyage onirique dans les profondeurs abyssales qui nous laisse entrevoir de bien belles choses pour la suite.


Djiin - Meandering Soul : Djiin aurait pu se contenter d'être un énième groupe de Heavy Psych revival 70's à chanteuse, noyé dans la masse des productions suédoises de ces 10 dernières années (bien que pour une formation bretonne, cette singularité territoriale aurait déjà pu susciter de l'intérêt). Oui, mais voilà, le quartet, encouragé par l'extraordinaire polyvalence vocale de Chloé PANHALEUX, sa chanteuse, va nuancer son rock psychédélique de profondeurs doom stoner, l'épicer d'influences orientales, tribales ou chamaniques et le muscler d'exutoires post-punk. Les six compositions de ce disque sont autant de puits sans fond d'où l'auditeur se retrouve piégé dès la première note, tant l'expérience s'avère d'une richesse et d'une intensité à couper le souffle. L'interprétation de sa chanteuse est tellement habitée et maîtrisée, aussi bien en tessiture qu'en technique pure, qu'elle rivalise sans problème avec les pointures mondiales du genre. Un atout considérable dont le quartet a su en tirer le meilleur. La France se dote avec Djiin d'une formation de tout premier plan, capable de fédérer un nombre conséquent d'adeptes de mouvances, allant du rock psychédélique au métal alternatif, en passant par le stoner doom. La Suède n'a qu'à bien se tenir.


 

Catégorie Metal


Altesia - Embryo : Le groupe bordelais mené par Clément Darrieu réussit haut la main l’exercice du deuxième album et confirme tous les espoirs que l’on avait placé en lui. Avec un style qui continue de s’affiner, et qui s’émancipe peu à peu de ses influences, il est fort probable que le groupe n’a pas encore dévoilé toute l’étendue de son potentiel. En attendant, le metal progressif français prend le large pour conquérir de nouveaux territoires… et Altesia en devient clairement la figure de proue.


Molybaron - The Muttiny : Avec sa force de frappe et ses textes révoltés dénonçant les abus de notre société (cupidité des hommes, dépendances en tout genre, impact sur le climat…), The Mutiny a tout du blockbuster metal dont le public français avait besoin. Une petite bombe qui ne demande plus qu’à débouler sur vos platines et à être soutenue lors des concerts à venir. Attention au KO dès le premier round !


LizZard - Eroded : Dans un style qui rappellera forcément des formations comme Tool ou encore Klone, les Français des LizZard continuent leur ascension au sein de la scène metal hexagonale à travers un quatrième album parfaitement maitrisé, véritable synthèse et accomplissement de ce que le groupe nous propose depuis ses débuts. Le combo adopte ici une approche plus atmosphérique, magnifiant ainsi des mélodies toujours aussi soignées, sans pour autant perdre en technicité et en intensité. 


 

Catégorie metal extrême


Fractal Universe - The Impassable Horizon : Dans l'univers du Death-Metal technique hexagonal, il y aura probablement un avant et un après Fractal Universe. La formation nantaise nous avait déjà habitué; depuis Rhizomes Of Insanity, second album réussissant le tour de force de concilier virtuosité technique (propre au genre) et accessibilité; à tenir la dragée haute aux pointures du genre telles qu'Obscura, First Fragment ou Rivers of Nihil. Avec The Impassable Horizon, le groupe réussit l'exploit de conserver les qualités indiscutables de son prédécesseur, tout en repoussant les murs du death technique, devenus trop exigus pour ses aspirations. Un troisième effort, lorgnant du côté progressif de la force, tout en incorporant un saxophone à son bestiaire instrumental, dont les interventions, autant occasionnelles que bienvenues, ajoutent un raffinement des plus singuliers. Une ascension qui n'est pas sans rappeler celle de leurs illustres aînés Gojira.


Aephanemer - A Dream of Wilderness : Rarement death mélodique n'aura sonné aussi épique. Les Toulousains d'Aephanemer, emmenés par Marion Bascoul sa chanteuse, portent haut et fort l'étendard de la nouvelle scène hexagonale et enfoncent avec A Dream of Wilderness (3ème effort), encore un peu plus le clou laissé par son prédécesseur. Très portées sur une relecture électrique des plus belles envolés lyriques de la musique classique, les compositions du groupe partagent cette énergie symphonique, propre au répertoire Baroque. Une filiation qui lui offre une collection de mélodies mémorables, dont il est impossible de rester insensible. Le chant growlé guttural propre au groupe, se trouve par ailleurs de plus en plus contrebalancé par de magnifiques apartés en chant clair, apportant une plus grande richesse à un ensemble déjà fort bien loti. Une formation définitivement de classe internationale.


Maps and Foils - Less is Mort : Oui, Maps and Foils joue vite et cogne fort, pour épauler les hurlements rageurs de son leader. Globalement, la formation qui a sorti en novembre dernier son second album Less is Mort, est là pour envoyer des parpaings comme toute bonne formation post-hardcore qui se respecte. La valeur ajoutée de la formation tient avant tout dans son aptitude à apporter de sérieuses nuances au genre. Proposer des cœurs, et même du chant clair au beau milieu de ce vacarme, permet à la formation de non seulement ouvrir une porte d'accessibilité bienvenue, mais également de jouer sur les contrastes et les oppositions, offrant un terreau fertile au chanteur Tristan Renet, pour semer ses vers en français, aussi versatiles qu'intelligents. Cette polyvalence vocale sert également la forte amplitude du tempo des douze morceaux qui composent cet album. Une décharge d'adrénaline spontanée, mais infiniment plus profonde et finaude qu'il n'y paraît. Assurément l'une des nouvelles valeurs sûres du genre.


 

Le meilleur de la Sélection Albumrock


Motis - Déglingo : Motis est un groupe originaire de Franche-Comté se positionnant aujourd’hui comme un digne héritier des illustres formations du rock progressif français telles que Ange et Mona Lisa. Avec ce septième album intitulé Déglingo (2018), le groupe mené par Emmanuel Tissot, en profite pour surprendre son public avec une formule plus brute et électrique, le tout renforcé par des textes abordant des sujets d’actualité : pollution, crise des migrants, dépendance à la technologie… L’ensemble de l’album regorge de bonnes idées et de concepts originaux, le groupe se montrant particulièrement généreux sur la variété des instruments utilisés (orgue Hammond, bouzouki, mellotron, clavecin…). Il s’agit là d’un très bel album que nous recommandons à tout amateur de rock progressif français, de chanson, et tout simplement de rock !


Unstack - The United States of Akrasia : Vous aimez les riffs bien dodus ? Une basse qui claque ? Un jeu de batterie souple et véloce ? Laissez-nous vous vanter les mérites de la Sélection Albumrock du mois avec Unstak, formation ô combien méritante, originaire de Montpellier et ses environs. Le quatuor développe sur The United States of Akrasia (premier effort studio) un rock énervé au son massif et au groove incroyable. Puisant dans les meilleures références des 90's et en convoquant pêle-mêle, le groove de Rage Against the Machine, la force primale de Nirvana, l'énergie débridée d'At The Drive-In ou encore les montés en tension de Tool, Unstak prouve avec brio qu'il maîtrise les codes des meilleures références en matière de cassage de nuque et propose de prolonger l'expérience, en déroulant 8 titres maîtrisés de bout en bout. La formation propose toutefois une expérience plus personnelle qu'une banale régurgitation de références plus ou moins digérées, en apportant sa touche funky dans ses lignes de basse et une inspiration jazz au travers de subtils arrangements arpégés. On ne saurait que trop vous conseiller d'exercer vos muscles cervicaux sur cet album spontané et racé, entre deux séances de kiné.


Liquid Bear - Heavy Grounds : Liquid Bear est un quatuor reprenant à son compte le rock Doom vintage des derniers Opeth, augmenté de fulgurances Heavy Psych, saupoudré d'une pincée d'un Stoner rutilant et volontaire évoquant Queens of the Stone Age. La valeur ajoutée de la formation tient dans son chant habité et subtil, capable d'influencer les compositions au point d'en devenir remarquablement lisibles et fédératrices malgré une relative complexité, et ce, même pour les non- initiés. Le tableau est complété par d’innombrables fulgurances à la six corde, dont la virtuosité aurait pu virer à l'ego trip façon guitare héros, mais qui se trouvent admirablement intégrées aux compositions, au point de créer des moments de grâce comme on en fait peu.Un grand groupe en devenir dont il sera dommage de passer à côté. 


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L'OMNI de l'année (Objet Musical Non Identifié)


6:33 - Feary Tales For Strange Lullabies : The Dome : Pourquoi un groupe devrait-il forcément s’en tenir à un genre musical précis ? Au-delà de l’éternel débat sur les étiquettes, ne serait-il pas mieux de faire simplement ce dont on a envie, et tenter de retranscrire tout ce qui nous passe par la tête ? Beaucoup d’artistes ont pu expérimenter différents registres tout au long de leur carrière, mais plus rare sont ceux qui décident de tout aborder au sein du même album ! Vous aimez le rock ? Pourquoi n’aimeriez-vous pas l’électro aussi ? Est-il possible d’associer du R’n’B et rock progressif ? Ou encore de la musique classique et du black metal ? 6:33 (à prononcer 6 heures 33) répond à toutes ces questions à la fois avec un album complètement inclassable  qui s’amuse à mêler les styles pour revenir à ce que la musique a de plus ludique à proposer. En résulte un album déroutant, déconcertant aussi, mais ô combien addictif. Un album qui conviendra autant aux amateurs de musiques barrées (progressives ou non) qu’aux personnes en quête de nouveautés.

Commentaires
Daniel, le 05/04/2022 à 07:49
François, peut-on être "ignorant" d'un courant musical qui existe depuis 1954 (naissance dans les studios Sun) et qui n'a jamais arrêté de se ramifier depuis lors ? S'il en faut un, autant que ce soit le plus vieux ! Je veux bien jeter la première pierre ! Nous l'avons fait dans mon pays il y a une trentaine d'années ; notre insistance a payé puisqu'une radio nationale, exclusivement consacrée au rock, a été créée (Classic 21) par le batteur d'un groupe de prog. Elle diffuse en FM et DAB sur tout le territoire et figure parmi les plus populaires du paysage audiovisuel. Rock'n'roll is here to stay :-)
Michel, le 04/04/2022 à 23:42
Nine Skies 5.20 : la révélation artistique d'une révolution acoustique.
Francois, le 04/04/2022 à 20:45
Daniel, j'essayais de ne pas faire de procès d'intention à la presse, même si je pense que tu as hélas raison. Mais j'imagine qu'ils péchent avant tout par ignorance. Serons-nous ceux qui leur jetterons la première pierre ?
Daniel, le 04/04/2022 à 19:55
Je suis fan de la démarche du collectif (et de la sélection d'albums). Il y a simplement un point de détail avec lequel je ne suis pas tout à fait d'accord (à moins que ce ne soit du second degré, auquel cas vous pardonnerez mon intervention). Dans le "chapeau" de l'article, vous écrivez "cet angle-mort n'est sûrement pas lié à un mépris volontaire". Cela fait beaucoup d'années que je milite en faveur de cette musique (dans toutes ses nuances merveilleuses et sans discrimination) et je peux affirmer qu'il y a bien un "mépris" affiché par le "monde non-rock" et qu'il est malheureusement "volontaire". Mais ce n'est qu'une conviction de ma part. Merci de porter le flambeau. Keep on rockin' in a free world !