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Rock n' TV Series


Collectif, le 25/01/2016

Sons Of Anarchy

 

Année de production : 2008
Showrunner : Kurt Sutter
Garantie 100% sans spoilers

Pitch


Les Sons of Anarchy sont un club de motards de la petite ville californienne de Charming Town. Jax Teller est un membre à part entière du club, puisqu'il est le fils de Jon Teller, le fondateur décédé dans des circonstances troubles des Sons. Il est également le beau-fils de Clay Morrow, co-fondateur du club et remarié à Gemma Teller, mère de Jax. Tourmenté par l'absence de son père, le fils prodigue tente tant bien que mal de trouver un sens à sa vie en prenant part aux actions d'un club qui multiplie les écarts et accentue son illégalité. Entre trafics divers et règlements de comptes en bonne et due forme, le vie des Sons est plutôt mouvementée, sans compter que leurs vies personnelles n'ont rien d'un conte de fées.

Critique


On peut sans conteste affirmer qu'il s'agit là d'une série culte, et de très loin l'une des meilleures séries de ces dix dernières années. Profitant d'une identité très marquée, de personnages forts et d'un scénario magistral abordant les thématiques instables du port d'armes, du racisme ou encore de la justice, la série de Kurt Sutter (The Shield) est une revisite moderne des tragédies Shakespeariennes, sorte d'Othello ultra-violent mêlé de troubles oedipiens déchirants. Bien loin de faire la part belle aux activités peu recommandables du club, Sons Of Anarchy est une série d'une rare intensité axée sur la complexité de personnages très charismatiques et de leurs relations chaotiques, où la famille et l'amitié sont des thèmes exacerbées et traités avec une brutalité dérangeante. Intime, viscérale et torturée, Sons Of Anarchy est une série qui marquera son temps, et dans laquelle on se replonge avec une ivresse jouissive. Elle bénéficie en plus, d'un final absolument grandiose qui outrepasse même celui de Breaking Bad, au demeurant très réussi.

BO


Qui dit motard, dit cuir, dit grosse cylindrée, dit rock. Raccourci facile et candide qui se révèle malgré tout assez facilement vérifiable au visionnage de la série. Si l'esprit rock est très marqué dans la série Sons Of Anarchy, il faut néanmoins souligner qu'aucune référence n'est faite à un quelconque groupe de rock ou de metal: pas de posters dans les bars, pas de tee-shirts à l'effigie d'un groupe connu et encore moins de citations d'un artiste ou un autre. Non, Sons Of Anarchy s'affranchit de tout ça à des fins d'une abstractisation sensible et donc d'un regain de crédibilité (On est loin d'Avengers et de Downey Jr qui se balade avec son tee-shirt Black Sabbath). Pourtant, la musique fait la part belle à un rock 100% américain, interprété par le groupe The Forest Rangers, spécialement formé pour la série.


Le groupe compose beaucoup sur l'ensemble des bandes originales de la série, et il interprète chaque titre avec tout un cortège de d'instruments typiques du rock sudiste (la slide guitare en tête de gondole). Les accords glissants de "This Life", le générique sablonneux et bitumé de la série composé par Sutter, apportent d'emblée aux Sons un penchant rock prononcé, mélancolique et viril: "Ridin' through this world, all alone..." sonne comme l'adage indélébile de cette bande de copains unie au delà de bien des clivages. Les reprises des Forest Rangers sont réorchestrés avec un brio certain pour mieux s'imprégner de l'ambiance brûlante de Charming Town et apportent une plus-value notoire à l'atmosphère des Sons, parfois urgente, parfois désenchantée, mais toujours pesante. La bande originale ne se prive pas d'emprunter au catalogue du classic rock ses morceaux les plus emblématiques, toujours à des fins d'adéquation totale avec l'épisode concerné et de cohérence finement amenée.


Si l'interprétation très américanisée des morceaux des Forest Rangers colle parfaitement au décor de la série, les titres choisis proviennent autant des mastodontes du rock anglais (Rolling Stones, The Who) que des plus grands songwriters américains (Bob Dylan, John Fogerty). On retrouve ainsi une version celtico-gospel du "Gimme Shelter" des Stones lors d'une fuite endiablé à la fin de la saison 2 ou un "Forever Young" (Dylan) poignant et d'une douceur infantile lors de l'épisode 12 de la saison 1. Toujours soucieux d'une réinterprétation de qualité, les Forest Rangers nous délectent d'un "As Tears Go By" d'une lumineuse mélancolie autant que d'un "Fortunate Son" acoustique et instrumental improbable, ou encore d'un "Higher Ground" americana furieux et au groove distordu planant. S'aidant de nombreux chanteurs (Franky Perez, Billy Valentine ou Curtis Singer notamment), Sons Of Anarchy bénéficie en plus du soutien de nombreux artistes au rayonnement international, qui s'associe aux Rangers pour des morceaux endiablés (Slash et Battleme dans le "Miles Away" dantesque de la fin de la saison 3) ou épurés (Allison Mosshart lors d'un "What A Wonderful World" éraillé sublime). De apparitions plus que plaisantes et ô combien réussies, qui confèrent à Sons of Anarchy un réel atout musical.


Au-delà de ces collaborations réussies, on compte aussi de belles interprétations individuelles comme le puissant "Sympathy For The Devil" par Jane's Addiction, "Girl From The North Country" de Lions ou encore un "Hey, Hey, My, My" piano-voix hypnotique de Battleme. Ajoutez à cela quelques références des plus marquantes comme le "Come Healing" de Leonard Cohen qui se substitue au bruit des balles sifflantes lors d'une tuerie collégiale insupportable, le "Make It Rain" lancinant de Ed Sheeran (une reprise de Foy Vance) qui orne le tête-à-tête dramatique d'un fils et sa mère, ou le "Mind Your Manners" supersonique de Pearl Jam lors d'une course poursuite colérique, et vous obtenez un cocktail détonnant de rock en tout genre qui illustrent à chaque fois parfaitement les aventures des Sons. En bonus, rajoutez-y le "Johny I Hardly Knew Ya" des Dropkick Murphys lors de leur virée dublinoise, et l'inquiétant "Bullet The Blue Sky" de U2 pour le teaser de la dernière saison: un vrai bonheur.


En plus de s'offrir les services des grands noms de la musique moderne pour la bande-son, Sutter a offert un rôle un Dave Navarro, le guitariste de Jane's Addiction, qui troque sa six-cordes pour l'Uzi d'un petit mafieux mexicain. L'empereur Manson se voit lui aussi offrir un rôle par Sutter, et pas le plus glorieux, puisqu'il incarne le leader incarcéré de la mouvance nazi de la région de Charming Town. Si le premier est vraiment secondaire dans le déroulement de l'histoire, Manson campe lui le rôle d'un personnage important dans la dernière saison des Sons et ses longues discussions avec Jax Teller décideront de bien des choses... Il faut à ce propos reconnaitre à Brian Warner un talent certain pour la comédie. Quant à Courtney Love, elle interprète une institutrice qui cherche à tout prix à protéger les enfants de Teller de leur grand-mère possessive. Un rôle pas vraiment de composition pour celle qui avouait s'être droguée alors qu'elle était enceinte. Malgré tout, Sons Of Anarchy ne manque pas de surfer subtilement sur son esprit rock 'n roll avec ses seconds rôles de choix. Mais si les artistes s'impliquent dans la série, les acteurs s'impliquent eux aussi dans la musique, à l'instar de Katey Sagal, la femme de Kurt Sutter qui joue le rôle de Gemma Teller, mère de Jax.


Cette dernière chante sur de nombreux morceaux en compagnie des Forest Rangers et apporte à la musique parfois rude de la série cette dose de féminité des plus agréables. Sa voix suave et douce transporte et apaise comme sur ce "Son Of A Preacher Man" dynamique ou un "For A Dancer" country et d'une tristesse communicative. Maggie Siff (Tara, la femme de Jax Teller) chante aussi un "Lullaby (For A Soldier)" a-capella nébuleux d'une fragilité désarmante. les femmes ont d'ailleurs un rôle majeur, voire supérieure à celui des hommes dans Sons Of Anarchy et Kurt Sutter coupe court à toute polémique inutile sur le machisme supposé des bikers en offrant à Katey Sagal et Maggie Siff des rôles essentiels. Il est indéniable que la musique occupe un place plus que prépondérante dans la série, au point d'impliquer les acteurs eux-mêmes, et se veut bien plus qu'un simple ajout simpliste et facile. Le travail accompli par Sutter est pharamineux et il y a bien longtemps qu'une bande-son n'avait pas occupé une telle place dans une série majeure.


On pourrait encore longtemps parler de la place du rock dans Sons Of Anarchy, vous dire que la réinterprétation de "Bohemian Rhapsody" en ouverture de la dernière saison confère quasiment au génie, que la clôture de la saison 4 par l'excellent White Buffalo et son "House Of The Rising Sun" d'outre-tombe est d'une puissance charnelle impeccable, que le "Lost Boy" de Greg Holden tire les larmes lors de l'enterrement d'un frère parti trop tôt dans la saison 5, que le "Crash This Train" de Joshua James est un grand moment de folk intimiste ou que le "Come Join The Murder" épique de White Buffalo qui conclut le road-trip des Sons est tout bonnement majestueux, mais vous l'aurez compris, la musique de Sons Of Anarchy est un grand moment, bien orchestrée, savamment choisie et finement utilisée. Elle se suffit à elle-même. Mais ajoutez-y les images, car la synergie est évidente et la symbiose totale.


Etienne


Pour vous une playlist spéciale Sons Of Anarchy:





Commentaires
rockfour, le 05/02/2016 à 09:24
et il manque la plus rock de toutes puisque c'est la musique sous toutes ses formes qui y tient la 1ère place (pop, soul, blues, funk, folk, country et cajun), je veux parler de TREME
Heathcliff, le 28/01/2016 à 08:12
Moi ce serait plutôt Happy Days , parce que Fonzie il est cool ???? !!
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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