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Rock n' TV Series


Collectif, le 25/01/2016

Californication

 

Années de production : Août 2007 - Juin 2014
Showrunner : Tom Kapinos

Le pitch


Il y a ceux qui ont adorés Mulder dans X-Files et sont incapables de voir David Duchovny faire l’idiot dans Californication, et ceux qui ont trop vu ce dernier faire tomber toute la population féminine de Los Angeles entre deux cuites dans le rôle de Hank Moody pour s’ennuyer à le voir chasser les extraterrestres avec Scully. Et il est trop tard pour choisir votre camp car si vous lisez ces lignes, c’est que vous savez que Hank Moody est le plus cool des écrivains ratés des Etats-Unis et que vous avez envie de vous pencher (ou repencher) sur la bande-son de Californication, la série comédie dramatique de Showtime.


Comédie dramatique est un terme générique pour désigner une série basée sur des situations comiques, mais qui tente de donner plus de profondeur aux personnages en les montrant dans leurs moments de doute et de peine. Pourtant très drôle, Californication fonctionne presque à l’inverse. Pitch de départ, Hank est un jeune écrivain talentueux assez remarqué à New York, qui rejoint Los Angeles avec sa copine/futur ex-femme/muse Karen, mais dilapide son talent et son temps dans l’alcool, la drogue et le sexe alors que l’inspiration le quitte petit à petit. Comme sa copine. Persuadé que c’est la ville qui le déteste, il ne peut plus faire marche arrière car veut reconquérir la demoiselle et surtout assumer son rôle de père auprès de sa fille Becca. Son parcours professionnel devient chaotique, malgré les conseils avisés de son agent et ami Charlie, tout comme sa vie privée et sentimentale. De cette situation qu’on peut qualifier plutôt de dramatique va naître un humour surtout basé sur le comique de situation, et le caractère du personnage de Hank. Le tout saupoudré comme toute bonne série Showtime d’une petite dose (petite…) de scènes érotiques. Après 7 saisons, la série s’est arrêtée en 2014.

La critique


Californication est une série qui fonctionne avec un humour pas vraiment fin mais de bonnes répliques dont quelques-unes devenues cultes, et surtout des relations entre les personnages à la construction parfaite. La relation entre Hank et Karen, qui est censée être le sujet principal de la série, n’existe en réalité pas vraiment. Hank est plus à la poursuite d’un idéal de relation qu’il concrétise à travers Karen mais qu’il tente également de concrétiser à travers d’autres femmes, dont la prostituée Trixie. Atteindre cet idéal amoureux n’est qu’un moyen pour lui de retrouver cette fameuse inspiration qui l’a quitté depuis son arrivée à L.A. et Hank est simplement incapable de conserver Karen car il ne peut s’en satisfaire. Il ne l’aime que parce qu’elle le quitte et toutes les réflexions qui tournent autour de la vie amoureuse de Hank sont intéressantes à suivre, tout comme le développement de sa relation avec sa fille qui cherche à rester proche de lui tout en se construisant contre l’image de son père, bien qu’elle n’y parvienne pas vraiment. Les scénaristes de la série ont un certain don pour construire des situations qui deviennent drôles petit à petit avec un enchaînement d’évènements, un peu comme certains épisodes de Friends bien qu’ici les intrigues fonctionnent sur un cycle beaucoup plus court. Et les actrices sont absolument canons (ceux qui ont suivi la série se rappellent de la secrétaire de Charlie).

La BO


On nage en plein cliché du sexe et de la drogue et la bande-son de la série vient compléter la maxime avec une bonne dose de Rock N’ Roll, entre grands classiques, reprises et morceaux interprétés par les acteurs eux-mêmes. Quelques grands titres dans leur version originale viennent ainsi accompagner Hank dans sa lente descente aux enfers, comme "Dazed And Confused" de Led Zeppelin, "Simple Man" de Lynyrd Skynyrd, "Rocket Man" d’Elton John, mais aussi Black Sabbath, Alice Cooper, et surtout "You Can’t Always Get What You Want" des Rolling Stones qui revient plusieurs fois dans la série et en devient un peu le symbole musical (ouvrant et clôturant notamment la première saison). Mais le plus intéressant se trouve plutôt dans la façon dont la série a intégré le rock à son univers pour qu’il en devienne une part importante.


Les fans de Slayer l’auront peut-être remarqué, tout comme ceux qui ont lu la page wikipédia de la série avant d’écrire ce papier, le choix du titre des œuvres de Hank (trois livres et un film tiré de l’un de ses livres) fait systématiquement référence à des œuvres de l’univers rock. Ainsi, les trois livres de Hank portent le nom d’un album de Slayer (South of Heaven, Seasons in the Abyss, God Hates Us All) et le film qui sera tiré de son dernier livre et qu’il va détester, Crazy Little Thing Called Love, est un titre de Elvis Presley qui sera par la suite repris des dizaines de fois. Visuellement, les grands groupes de rock et de metal sont beaucoup représentés notamment par le biais de la fille de Hank, Becca, qui aborde souvent un t-shirt des Pink Floyd mais qui fait souvent intervenir dans la série des groupes de black metal, principalement dans les premières saisons.


Si la série se sert de l’univers rock, l’univers rock s’est également invité au programme par le biais de certaines de ses personnalités. Si on met de côté une discrète apparition du bassiste de Fall Out Boy dans la seconde saison, ou celle de Zakk Wylde trois ans plus tard en vendeur de guitares, la sixième saison de Californication voit Tim Minchin jouer une rockstar complètement paumée et surtout Marilyn Manson interpréter son propre rôle dans un épisode drôle à en mourir, et laisser dans la S.T. une reprise du "Personal Jesus" de Depeche Mode. Il est également important de noter que le guitariste dont le décès a une importance dans la saison est interprété par Sebastian Bach, le chanteur de Skid Row. Le chanteur Australien Rick Springfield viendra également assurer son propre rôle dans la troisième saison de la série, qui s’est également créé son personnage rock complètement fictif, Lew Ashby, un producteur dont Hank doit écrire la biographie lors de la seconde saison.


Si la ST de la série contient de nombreux morceaux de rock relativement connus, elle contient aussi un certain nombre de reprises parfois surprenantes. On a déjà parlé de la reprise de Marilyn Manson mais la bande-son de la saison 6 contient quelques autres belles perles comme cette version de "Nothing Else Matters" par la jeune Lissie, ou encore une reprise acoustique de "Wasted Years" par Ryan Adams. Des versions qui feront peut-être hurler les puristes de Metallica et Iron Maiden mais qui participent à l’ancrage de grands classiques du metal dans l’univers plus soft de la série (rock, mais pas hard). Et pour amplifier le phénomène, certains acteurs de la série se sont eux-mêmes prêtés au jeu de la reprise. Notamment Becca, qui dans la série apprend la guitare et fini par intégrer un groupe fictif, les Queens of Dogtown, dans lequel on retrouve une certaine Zoë Kravitz (portrait craché de son père). Becca interprète ainsi une version punk/enfantine de "Don’t Let Us Get Sick" de Warren Zevon, "Surrender", mais surtout une très belle reprise de "Only Women Bleed" du grand Alice Cooper. Avec son groupe et Zoë Kravitz, elle reprendra plus tard dans la série "Would?" de Alice in Chains, "Last Caress", et la très jolie "I Remeber You" de Skid Row.


Plus qu’une série utilisant le rock pour être cool, Californication est une série réellement rock qui ne fait pas que prendre des morceaux pour accompagner son propos comme le fait une simple pub de parfum. Elle utilise des codes à plusieurs niveaux de lecture, qui peuvent parfois ne parler qu’aux fans les plus extrêmes de certains groupes. Son image rock a été également bénéfique pour ses acteurs, principalement David Duchovny qui a changé de statut après avoir pris la peau de Hank Moody. Ce qui lui a notamment permis de sortir un album en solo en 2015, Hell or Highwater, qui montre qu’on peut être un très bon acteur et interpréter un personnage rock n’roll sans pour autant avoir un talent particulier pour composer des chansons.


Erwan


 


Commentaires
rockfour, le 05/02/2016 à 09:24
et il manque la plus rock de toutes puisque c'est la musique sous toutes ses formes qui y tient la 1ère place (pop, soul, blues, funk, folk, country et cajun), je veux parler de TREME
Heathcliff, le 28/01/2016 à 08:12
Moi ce serait plutôt Happy Days , parce que Fonzie il est cool ???? !!
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Album de la semaine

Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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