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Rock n' TV Series


Collectif, le 25/01/2016

Aquarius

 

Année de production : Mai 2015
Showrunner : John McNamara

Le pitch


Alors que Californication vient de se terminer, et que le retour de X-files est acté mais pas encore présent sur nos écrans, David Duchovny fait une petite parenthèse en se glissant dans la peau d’un enquêteur de la police de Los Angeles en pleine période flower power. Sur sa route se dresse un adversaire qui cherche à se faire un nom grâce à ses chansons, entouré de jeunes filles qu’il sélectionne pour rejoindre sa famille : Charles Manson.


C’est ainsi qu’a été pitché Aquarius, la nouvelle série de NBC diffusée aux USA depuis l’été dernier et en France depuis un bon mois. L’inspecteur Sam Hodiak rend service à une de ses amies (et ex-petite amie) en prenant personnellement en main l’enquête sur la disparition de sa fille. Avec l’aide de son nouveau coéquipier Brian Shafe, il découvre que la jeune Emma qu’il recherche a rejoint une communauté hippie, essentiellement composée de jeunes femmes qui passent leur vie à prendre des acides pour écouter la musique et la bonne parole de leur chef de famille, Charles Manson. Entre temps, diverses affaires lui sont attribuées et tout un tas de problèmes va lui tomber dessus, lui qui doit déjà gérer son addiction à la boisson et une certaine agressivité dans sa façon de rendre la justice.

La critique


Le pari ambitieux d’Aquarius est de traiter un cas majeur dans l’histoire des grands criminels américains, tout en montrant les enjeux de cette époque aux USA en mettant en scène une société au racisme devenu caché, lattant, mais où le conflit entre les blancs et les noirs est encore présent. Sam Hodiak devra dans les 5-6 premiers épisodes résoudre quelques conflits avec les Black Panters suite à des meurtres visant la communauté black de Los Angeles. Un paradoxe apparaît dans la façon dont la nouvelle génération tend à tout faire pour réduire les discriminations envers la population de couleur, tout en restant très fermé à une minorité homosexuelle qui elle se manifeste de plus en plus. Un paradoxe que le personnage de Brian (le beau gosse de la série interprété par Grey Damon) exprime très bien, lui qui marié à une jeune femme black et père de famille est si dégoûté à l’idée de devoir se faire passer pour un homosexuel pour le bien d’une enquête. Le pari est finalement assez bien réussi dans un premier temps, mais ces enjeux finissent par disparaître quand Sam Hodiak se détourne de ses autres affaires pour se concentrer sur Charles Manson.


L’autre ambition de la série est de mettre en scène Charles Manson de façon juste, sans le déformer en le caricaturant, mais sans le rendre non plus trop attirant en insistant sur son côté guitariste roots un peu idéaliste. Ici, difficile de dire que la série a tout réussi. Cette première saison n’insiste pas trop sur l’enfance de Manson, mais aborde bien son passé de proxénète ainsi que ses séjours en prison. Le mode de vie de Manson et la famille, ainsi que la façon dont il pouvait fasciner ses disciples, sont aussi plutôt bien représentés. De même que certains détails clés de son existence comme le moment où un producteur en 1967 refuse de s’occuper de son disque. Mais la folie de Manson n’est pas vraiment bien mise en scène. On le voit parfois violent sans trop de raison, parfois déclamer de grandes tirades idéalistes sur son destin et le monde en regardant le ciel comme un illuminé, mais Charles Manson avait également une grande obsession pour la lutte entre les blancs et les noirs dans la société, et également pour les Beatles dont il se servait des textes pour ses discours de gourou. Et tout ce côté de sa folie, se prenant pour Jésus, nouveau maître d’un monde que la lutte blancs/noirs aura ravagé bientôt, n’est pas vraiment présent dans le personnage. A savoir que la série se déroule donc en 1967 mais que les premiers meurtres de la famille de Manson auront lieu en 1969. Le personnage a donc le temps d’évoluer en une ou deux saisons.

La BO


Aquarius ne traite pas particulièrement de la musique rock, mais y est lié de par son contexte historique. Premier épisode, premières secondes, Emma se réveille pour s’enfuir en douce de la maison et aller à une fête avec son petit ami. De son radio-réveil s’échappe I Can See For Miles de The Who, sorti justement l’année où se déroule l’action, 1967. La soundtrack tirée du film disponible sur les plateformes de streaming ne contient qu’un petit échantillon des nombreux, très nombreux titres de rock utilisés par la série pour sonoriser les moments représentatifs de la génération sexe, drogue et rock n’ roll des années 60-70. Le plus intéressant dans le choix des morceaux est sans doute la façon dont l’écart de génération, qui est un des enjeux de la série (incompréhension entre Sam et son fils, incompréhension entre Emma et sa mère, incompréhension entre Sam et Brian) est représenté par une opposition entre des titres représentatifs d’une époque plus ancienne (Time After Time de Sinatra, Don’t Let Me Be Misunderstood de Nina Simone) et des titres de rock vigoureux symboles d’une jeunesse en quête d’émancipation (Paint It Black des Stones ou The Seeker de The Who). Accompagnés bien sûr de quelques titres psychédéliques dans les moments de défonce collective au LSD.


David Duchovny s’est bien débrouillé pour placer une des chansons de son premier album à la ST de la série. The Things est l’une de ses meilleures compositions. On peut également entendre les actrices interprétant les filles de la famille Manson reprendre en cœur le classique The Shadow of Your Smile. Aquarius contient également une superbe et assez rare version de I’m a King Bee par The Chocolat Watchband, titre repris entre autres par les Rolling Stones.


Mais l’autre point d’ancrage entre la musique rock et Aquarius, c’est le fait qu’elle mette Charles Manson en scène dans son rôle de musicien. Un auteur compositeur que l’histoire rejette mais qui aurait très bien pu, s’il n’avait pas pratiqué d’activités criminelles, devenir le nouveau Bob Dylan. Son album sorti en 1970 est aujourd’hui dans le domaine public et se trouve sur le net ou sous forme de CD pirate. La soundtrack de la série contient donc une chanson de Charles Manson, I’ll Never Say Never To Always, dans un épisode du même nom dans lequel Manson a rendez-vous avec un ingénieur du son pour enregistrer son premier clip vidéo. Le texte est un peu fleur bleue mais la scène est jolie, et la chanson est totalement dans l’esprit de l’époque. Aquarius est donc l’occasion de se pencher sur une autre facette de Charles Manson.


La première saison d’Aquarius propose une bande-son assez rock qui plaira beaucoup aux amateurs des vieux Rolling Stones, des Beatles, d’un rock n’ roll décomplexé sans prétention qui était synonyme de fête et d’excès. Mais il est difficile d’anticiper l’évolution de cette relation intrigue/musique rock dans les saisons à venir. Elle dépendra de la façon dont la série traitera le parcours musical de Charles Manson, et de l’ambiance globale que prendra l’intrigue. La saison 1, surtout la première partie, est très axée sur une jeunesse qui fait la fête, une ambiance hippie dans la famille Manson. Si l’intrigue prend un virage plus dramatique comme le laisse penser la fin de la saison, la bande-son va sans doute elle aussi évoluer.


Erwan 


 


Commentaires
rockfour, le 05/02/2016 à 09:24
et il manque la plus rock de toutes puisque c'est la musique sous toutes ses formes qui y tient la 1ère place (pop, soul, blues, funk, folk, country et cajun), je veux parler de TREME
Heathcliff, le 28/01/2016 à 08:12
Moi ce serait plutôt Happy Days , parce que Fonzie il est cool ???? !!
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