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Rock n' TV Series


Collectif, le 25/01/2016

Skins UK

 

Année de production : 2007 - 2013

Nombre de saisons : 7

Créateurs : Jamie Brittain et Brian Elsley

 

Le pitch


La série Skins relate l'entrée dans la vie adulte d'un groupe adolescents. Toutes les deux saisons, les personnages principaux changent, sans lien particulier entre eux (sauf une exception). Durant six saisons, la série s'attache à décrire cet âge complexe, entre soirées, premiers émois et affrontements avec les parents.  


A noter qu'une version américaine a été réalisée, avant d'être déprogrammée avec pertes et fracas devant le scandale créé outre-atlantique par ces scènes de sexe et de débauche.

La critique


Lors de sa diffusion outre-manche, Skins a déclenché un véritable tollé. En effet, la série est présentée initialement comme un cocktail explosif de drogues, de sexe et de provocations en tous genres. Skins montre une jeunesse obsédée par une quête hédoniste qui la pousse vers les abus en tous genres. A priori donc, rien de bien novateur.


Pourtant, Skins est une série bien plus profonde que ce résumé lapidaire pourrait le laisser penser. En vérité, rares sont les séries capturant avec autant de finesse les particularités de l'adolescence.


Skins suit la vie d'un groupe où chaque adolescent est dans un rôle assigné par le groupe (le fêtard, le chef de meute, le nerd, le caïd). Les épisodes offrent un contre-point en se focalisant sur un seul personnage. Parfois la pression du groupe va à l'encontre de qui les personnages pensent être. Cet équilibre subtil caractérise l'adolescence où chaque individu a une conscience suraigue du regard des autres. 


Le propos de Skins se veut réaliste. Le scénariste a d'ailleurs coécrit la série avec son propre fils, qui s'est inspiré de son expérience personnelle. Si le trait est forcé sur les scènes de soirées, il faut reconnaître qu'elles restent malgré tout plus proches de la réalité que tout ce qu'on avait pu voir jusqu'ici dans une série. Les adolescents de Skins n'échappent jamais aux conséquences de leurs actes: les soirées débridées sont suivies par les gueules de bois, les prises de pilules sont suivies de descentes. Pourtant, le propos n'est pas moralisateur. Skins ne prescrit pas comment il faut se comporter, la série se contente de dépeindre les réactions des protagonistes devant des situations parfois difficiles.


Au-delà de la drogue, toute une palette de sujet est abordée, comme dans toute série adolescente (SPOILER ALERT). L'homosexualité est par ailleurs un thème central des saisons 3 et 4, à des millénaires des poncifs habituels. La relation lesbienne entre Emily et Naomi suit le même schéma narratif que celles hétérosexuelles: coup de foudre, passion, doutes, complicité, etc. D'autres sujets typiques des teen series sont aussi évoqués: Les grossesses non désirée (saisons 2 avec Jal, saisons 6 avec Mini), l'anorexie (extraordinaire Hanny Murray qui interprète la rêveuse Cassie dans les saisons 1 et 2), la haine de soi (la descente aux enfers de Effy dans la saison 5), le harcèlement (Franky au début de la saisons 5), l'affrontement avec les parents (Rich dans la saison 5, Sid dans la saison 1).


Mais des sujets plus intergénérationnels sont aussi abordés, comme la maladie (avec l'accident de Tony à la fin de la saisons 1 et sa lente reconstruction au cours de la saison 2) et le deuil (Sid perd son père dans la saison 2 et Rich doit affronter la mort de Grace dans la saison 5). Enfin, les premiers amours occupent une place de choix dans l’intrigue, car Skins s’attache à montrer à quel point les premiers émois déstabilisent les adolescents, sur fond d'hormones bouillonnantes. Les amours dans Skins sont souvent contrariées: les protagonistes se croisent, se heurtent et se manquent, comme Sid et Cassie dans les saisons 1 et 2. Les héros sont terrorisés par leurs propres émotions, comme Cook qui perd Effy car il n'arrive pas à admettre ses sentiments ou Mini qui blesse Alo en refusant d'admettre qu'elle l'aime dans la saison 6, sans oublier le chaos interstellaire que Effy engendre en étant paniquée par l'amour qu'elle porte à Freddie. Ici non plus, pas de jugement.


Ce n'est pas grave de ne pas savoir gérer, d'avoir juste envie de gober des pilules en pensant que demain n'existe pas. L'expression anglaise "Coming of age" résume parfaitement ce moment délicat où l’enfant disparaît définitivement et où l’adulte se dessine.


Skins est devenue culte et son retour pour une ultime saison en 2013 a déchaîné les passions. Peu d'oeuvres cinématographiques à ce jour ont su décrire la rage de l'adolescence avec une telle justesse. Le casting a été un sans-faute: tous les acteurs sont magistraux. Ils livrent leur visage sans far (les boutons, les cernes, le bad hair day: tout y est), bruts dans leur interprétation toujours à fleur de peau, forcément bouleversants. Il y a d'ailleurs un véritable "école Skins" dont les protagonistes se retrouvent désormais dans des films à gros budget (Kaya Scodelario est dans le prochain Pirates des Caraibes) ou dans Game of Thrones (Joe Dempsie, Hannah Murray). Plus important encore, une génération entière s'est identifiée à leur mal-être et à leurs interrogations, la mienne. L'eshtétique de certains épisodes a mal vieilli (le portable archaïque que Tony dégaine à l'épisode 1 de la saisons 1...) mais l'atmosphère particulière de Skins fait toujours effet. 

La musique


La musique de Skins est un élément notable de la série car elle aide à construire son ambiance très particulière. Elle donne une large importance à la musique britannique, notamment au trip-hop puisqu'une partie de la série a lieu à Bristol. La bande-son est loin d'être uniquement du rock puisqu'elle convoque aussi beaucoup d'électro (chaque fois que les jeunes vont en soirée, ce qui arrive souvent). Quelques exemples sont toutefois notables. 


Le dernier épisode de la saison 1 se clôt par une reprise chorale de "Mad world" de Cat Stevens par tous les acteurs. Le choix du titre résume intelligemment le propos de la saison. Ca arrive comme un cheveu sous la soupe, mais c'est du pur génie. Attention, spoiler dans la vidéo.



J'ai souhaité m'arrêter tout particulièrement sur le deuxième épisode de la troisième saisons, consacré à Cook. Le morceau phare de cet épisode m'a à l’époque permis de découvrir un grand groupe dont le chanteur nous a quitté il y a peu: Mötorhead. Quel meilleur hymne en effet que "Ace of Spades" pour accompagner la journée d'anniversaire de cette petite frappe de Cook? Tout au long de la journée, Cook enchaine les bêtises, descend de la vodka et déclenche des bagarres. La voix de Lemmy n’est jamais loin, le grondement de leur hymne non plus. Il me semblait à l’époque qu’aucune chanson ne capturait mieux la fronde adolescente.



Enfin la saison 5 est l'occasion de l'entrée en scène de Rick. Même Skins n'échappe pas au poncif de l'adolescent métalleux, mais la BO de son épisode l'accompagne avec classe. L’épisode enchaîne ainsi : Thumb de Kyuss, Angel of Deatch de Slayer, Bodies de Drowning Pool, Rkd de Bruning Skies, Psychosocial de Slipknot, Visions of Gehenna de Black Pyramid, Juicebox des Strokes, Killing in the Name de Rade Against the machine, pas moins de huit titres de Napalm Death(Deceiver, Impressions, You Suffer, The Kill, Uncertainty Blues the Vision, Success, Parasites, Strong Arm) avant de conclure par Fear of the Dark de Iron Maiden. Une fan bien intentionnée a regroupé ce panthéon personnel dans la playlist Youtube ci-dessous, si jamais comme moi vous n'étiez pas familiers avec toute la liste.



Raphaëlle

Commentaires
rockfour, le 05/02/2016 à 09:24
et il manque la plus rock de toutes puisque c'est la musique sous toutes ses formes qui y tient la 1ère place (pop, soul, blues, funk, folk, country et cajun), je veux parler de TREME
Heathcliff, le 28/01/2016 à 08:12
Moi ce serait plutôt Happy Days , parce que Fonzie il est cool ???? !!
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Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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